DISPOSITION DU POUMON , ETC
avait habituellement la respiration gênée. Une telle augmentation clans le volume des poumons étaitelle due à l’emphysème pulmonaire, et celui-ci étalt-li la cause de la difficulté de r.esplrer ?
3° Larges cavités ou excavations dans le poumon. Une bronche dilatée sur un point circonscrit peut former une cavité assez vaste pour loger une noix : autour de cette excavation le tissu pulmonaire est crépitant.
Au centre des masses de poumon hépatisées au troisième degré peut se manifester un vaste abcès; et s’il arrive C]ue celui-ci se vide par l’expectoration, une large cavité y succède : elle est entourée d’un tissu dur et imperméable à l’air.
Un tubercule pulmonaire plus ou moins volumineux finit par se ramollir, il se vide; une caverne en est la suite, et celle-ci peut être entourée pres- (ju immédiatement par un tissu peu dense et ciepi— tant. Ce cas est rare, et le plus souvent des masses tuberculeuses très-denses circonscrivent cette cavité, plevre devenue plus résistante 1 entoure sur d’autres points.
IjC poumon peut etre partiellement fiappe de mort : l’eschare gangréneuse c|ui en est la suite peut se séparer et laisser, après sou ramollissement et sa ^ sortie par les bronches, une cavité entourée d un tissu devenu plus dense par l’inllammatlon (jul y a eu lieu.
Dans tous ces cas d’excavations, elles peuvent contenir seulement des liquides ou exclusivement des gaz; ou bien encore renfermer à la fois des gaz et des liquides. Ün les volt enfin communiquer ou xion avec les cavités des bronches.
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Art. ji. Expériences relatives aux poumons dans U état normal et anormal.
Le poumon est entouré par la plèvre sur tous les points où il est accessible à la percussion ; et cette membrane séreuse ne peut être explorée , dans l’état normal, que sur les points où le tissu pulmo^iaire se rencontre. Il en résulte que tout ce qui a été dit relativement à l’exploration de la plèvre saine, se rapporte également au poumon : ajoutons cependant ici quelques expériences qui tiennent plus particulièrement à cet organe.
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Si l’on applique le plessimèti’e sur différens points delà surface du poumon sain, distendu par de l’air et mis à découvert sur un cadavre , on obtient partout un son égal, et ce fait est en rapport avec ce que l’anatomie apprend sur la structure de cet organe. Les parois seules, dont l’épaisseur n’est pas partout la même, font varier, dans l’état sain, les nuances du son pulmonaire que donnent les points divers du thorax correspondans aux poumons. Il résulte de là qu’il faut avoir bien présente à l’esprit la disposition de la poitrine sur telle ou telle région, et qu’il est nécessaire d’acquérir de l’habitude pour distinguer les sons qui tiennent à l’état morbide de ceux qui dépendent des circonstances normales d’organisation. Ainsi les régions pulmonaires I latérales donnent un bruit très -clair, tandis que les régions sus-pulmonaires postérieures en fournissent un beaucoup plus obscur: et cela tient uniquei ment aux parties qui séparent la surface du corps de I 1 organe respiratoire, il est bien facile de recon-^
DES POUMONS
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naître à l’aide du plesslraètre que la dlfTeVence de son n’existe dans ce cas que relativement à l’éloignement, et quelle est nulle sous le rappoH du timbre de la résonnance.
Les faits qu’a fournis jusqu’à présent la percussion médiate relativement aux maladies du poumon ne sont ni aussi nombreux ni aussi concluans que ceux qui se rapportent aux maladies de la plèvre. Cela devait être, puisque les lésions pulmonaires ont lieu dans des tissus plus profonds , quelles sont plus diiliciles à simuler, et qu’enfin elles sont plus nombreuses que les alfections pleurétiques. L’auscultation médiate, lorsqu’il s’agit de lésions pulmonaires, va plus loin qqc la percussion, parcequ’clle fait apprécier pendant la vie les rapports de l’air avec l’organe et les fluides qui s y trouvent j tandis que la percussion soit directe soit médiate fait seulement juger de 1 état physique des poumons considérés en masse. La percussion gagne cependant en certitude et en précision ce qu’elle perd du côté de l’étendue. L’auscultation ïa\i croire, par le ixale crépitant, à l’existence d’une péripneumonie ^ la percussion démontre , par la nature du son produit , qu’une masse engorgée existe sur le point ou 1 on soupçonnait rinllammation pulmonaire.
Passons rapidement en revue les principaux faits qui m’ont été jusqu’à présent fournis par la percussion médiate relativement aux lésions des oiganes respiratoires.
l Augmentation de densité des poumons- * Expériences cadavériques.
2^ Expérience ( infiltration cadaverif[ue , oedeme
DANS l’État normal et anormal. io5
(du poumon). M. Jules deDervleu et moi , nous pcricutâmes le cadavre d’une fc^mme peu avancée en âge , eet dont les mamelles volumineuses et les tégumens (épais n’empêchèrent pas d’obtenir les résultats fsuivans :
Le cadavre étant couché sur le dos, nous trouvâimes un son pulmonal dans les régions sus-pulmoinaires antérieures, pulmonaires antérieures et latéirales du côté gauche; mais à la partie lout-à-fait (déclive de celle-ci, au-dessous d’une ligne de ni-< ’veau, nous obtînmes un son qui se rapprochait de (Celui que donne le cœur.
Le cadavre étant assis , les résultats ne varièrent ]pas; les mêmes différences de son eurent lieu sui- ’vant la même direction.
Le poümon gauche, mis à découvert, offrit dans I toute sa région postérieure un (^dème et un engorj gement cadavérique très-marqués ; antérieurement icet organe était très-sain. Ces résultats avaient été annoncés avant l’ouverture du cadavre.
5® Expérience. Le poumon droit de la même femme, percuté, présenta les mêmes résultats, mais la matité de la partie déclive était bien moins grande. A l’autopsie , il y avait aussi en arrière une infdtration cadavérique, mais moins prononcée que I du côté gauche.
Dans les leçons expérimentales cjue j’ai faites cette [ année devant un assez grand nombre de médecins I et d’élèves, des résultats analogues aux précédons I ont été très-fréquemment obtenus et vérifiés. On I pouvait presque toujours apprécier par la percussion i médiate la hauteur de l’engouement cadavérique.
DÛS POU MOINS
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4“ Expérience (pérlpiieLimonle ). Sur plusieurs cadavres inconnus, nous avons trouvé des espaces plus ou moins étendus , tantôt en arriéré et en Jdos, plus rarement en haut et en avant , où se faisait entendre un son voisin du cardial, et (|^ui était en conscrit par le liruit pulmonal. Le plus souvent ce n’était pas suivant une ligne droite supérieure que les différences de son pouvaient être saisies, et elles ne Variaient pas en l’aison des attitudes du sujet.
À l’ouverture, des portions du poumon liepatisees correspondaient aux espaces où l’on avait trouvé le son cardial , et le poumon sain là où l’on avait rencontré la résonnance pulmonale.
5^ Expérience (tumeur enkystée). M. le docteur Villermé et mol nous percutâmes le cadavre d’une femme jeune, grasse à mamelles volumineuses. Nous trouvâmes un son très-voisin du jécoral dans la' plus grande partie du poumon droit. L’espace où ce bruit était entendu ne variait pas en raison des changemens de position du sujet. On distinguait au-dessous, et entre l’espace ou ce son était obtenu et celui où le foie se trouvait, un son pulmonal assez clair. U n y avait point de niveau jsvipérleur, et aux parties déclives se trouvait encoie
la résonnance du poumon sain. ^
Tout nous fit admettre qu’il n’y avait pas d e- ]Jancliement libre dans la cavité des plevres, et qu 1 s’agissait cl’une vaste tumeur ou d’une Induiatlon, bien que le son parût plus mat que dans la péilpneumonle.
L’incision des espaces Intercostaux lit sortir une pinte d’un liquide onctueux, rougeâtre, et immédia-
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Itement après, mie énorme liydatide. Autour de la (Cavité que présentait le poumon , on trouvait difféirens degrés de péripneumonie.
6“ Expérience ( tubercules crus ). Sur le cadavre (d’une vieille femme, la putréfaction était trèsiavancée, les côtes saillantes, les espaces intercos—
I taux renfoncés. Les régions sus-claviculaire et pulimonaire antérieure droite , percutées avec le iplessimètre, donnèrent un son cardial très-distinct du bruit moins mat qui était obtenu partout ailleurs. Plus bas , on trouvait les nuances de son qui correspondent ordinairement ,aux points oii commence le foie et où finit le poumon droit.
M. Jules de Dervieu et moi nous portâmes le diagnostic suivant : tubercules ou péripneumonie du sommet du poumon droit et de la majeure partie des deux lobes supérieurs de ce poumon , cjui plus bas est moins malade et plus crépitant. Le foie commence sur le lieu où cela s’observe ordinairement.
A l’ouverture, une énorme quantité de tubercules se trouvait dans le poumon droit. Le sommet induré en était complètement infiltré. Une cavité tuberculeuse, complètement remplie d’un liquide rouge brunâtre, épais, existait dans le lobe supérieur. Le lobe moyen était rempli de tubercules à divers degrés de développement , et séparés par un tissu pulmonaire peu crépitant. La base du poumon était perméable à l’air, et le foie commençait sur le point Indiqué.
’-j" Expérience. Le cadavre d’un homme de trente ans, maigre , présentait sur tous les points du thorax un son plus obscur que le pulmoiial et plus
DES .POUMONS
clair que le cardial. A l’ouvert ui’e , MM .Margot, Pinchon et moi nous trouvâmes de nombreux tubercules dans toute l’étendue des poumons.
8“ Expérience. Sur une femme dont la poitrine était très -maigre, M. Jules de Dervleu et moi nous trouvâmes dans les régions sus-pulmonaires antérieures un son analogue au cardial : ce bruit s’étendait assez loin dans les régions pulmonaires antérieures. A droite, la résonnance était encore plus mate ; et vers la quatrième côte , dans un espace circonscrit, de la largeur d’une pièce de cinq francs, tout nous fit croire ù l’existence de tubercules au sommet des poumons, et nous conduisit a penser qu’à droite et sur le lieu où le son était le plus obscur, ces productions étalent plus nombreuses et d’une densité plus grande.
A l’ouverture, nous trouvâmes des tubercules très-nombreux sur ces dliferens points , et notamment dans le sommet du poumon droit; des nuances variées de péripneumonie entouraient et séparaient ces lésions organiques.
Des expériences seml3lables ont ete réitérées sur un très-grand nombre d’autres sujets , et toujours avec le même succès relativement a la certitude du diagnostic.
Expériences sur Vhonime 'vivant.
Un très-grand nombre de malades que j al vus dans les hôpitaux , notamment aux cliniques de MM. Fouquier, Bally, Cayol et Serres, et qui étaient atteints de péripneumonie à des degrés variables , m’ont le plus souvent présenté des différences de son très-notables entre les parties saines
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ifet les réglons malades. Lorsque la percussion cllirecte trouvait ces différences de son la percussion imédiate les rencontrait aussi, et les rendait plus tévldenles. Dans quelques cas où les résultats de la {première étaient peu apparens , ceux de la seconde tétaient manifestes; on pouvait toujours mieux cirtconscrire avec le plessimètre c[u’avec la méthode (d’Avenbrugger l’étendue des parties affectées. (Quand la percussion médiate, jointe aux symptômes tfonctionels , annonçait une péripneumonie , les >signes stéthoscopiques démontraient la réalité du cdiagnostic. Parmi les nombreux exemples c[ue je {possède, qu’il me soit permis de citer le suivant.
9'^ Expérience. M. Briançon me fît examiner , à lia clinique de M. Récamier , un malade auprès du- (quel il avait placé d’avance et à mon insu les cracchats d’un autre individu. Il m’engagea à me servir æxcluslvement de la percussion médiate pour portter un diagnostic. Je lui répondis qu’un seul signe me pouvait suffire pour se prononcer avec assurance: jje fis cependant ce qu’il exigeait de moi. Le thorax (donnait une résonnance pulmonale, mais en arrière œt à droite le son était plus mat dans une étendue (analogue à la largeur de la paume de la main : ce m’était pas la matité des tubercules en grand nom- Ibre; ce n’était pas non plus à la partie déclive que lie son mat avait’ lieu, comme cela s’observe dans un épanchement pleurétique. L’espace où le bruit obscur s’entendait, ne changeait pas en raison des 'Variations de position du malade. Les parties déclives, d;ms l’attitude assise, donnaient un son clair. Je supposai, en voyant un homme robuste,