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dans la vigueur de l’âge, et qui ne paraissait pas entaché de tubercules, qu’il s’agissait dune péripneumonie ou d’un œdème du poumon ; j’indiquai avec le doigt l’espace oii je croyais que la maladie existait. 11 était impossible d’avoir, par la percussion directe, des résultats aussi précis : la différence de son était même par ce moyen peu sensible à droite
et à gauche.
M. Briançon eut alors la bonté de me dire que
M. le professeur Récamier, et que lui-même, avaient obtenu par l’auscultation des résultats analogues à ceux que j’annonçais; que sur tous les points indiqués se trouvait le râle crépitant, qui se rapprochait cependant du sous-crépitant. Les crachats et les autres signes fonctionels étaient d’accord pour confirmer le diagnostic d’une péripneumonie.
Des résultats du même genre peuvent être obtenus dans les cas d’apoplexie pulmonaire.
10® Expérience. Un jeune homme précédemment atteint de plusieurs hémoptysies, en éprouva une assez forte au mois de juillet dernier. Une demi-livre de sang qu’il expectora était rouge; l le-
morrhagie cessa. L’auscultation neme fit alors découvrir aucune lésion physique; il n’y avait certaine^ ment aucun râle appréciable au sommet du poumon gauche, où la respiration s’entendait. La percussion médiate, pratiquée sur les régions sus-|udmonaire et pulmonaire postérieure gauches , y découvrit un son très-mat dmis la largeur de quelques pouces : co bruit n’existait pas en avant. 'Je changeai pluslein. fois ma position et celle du malade; je fis melîie l e paille gauche dans diverses attitudes; je peii utai
DANS LETAT NOlîMAL RT ANORMAL.
aUernatlvcraent avec foixe etavec legëreté; j’appuyai le plessimètre, tantôt plus, tantôt moins; le son fut toujours le même, tandis que le côté opposé donnait la résonnance normale. Le résultat était si • évident, que les parens du malade s’en aperçurent ^et en furent effrayés. Le lendemain il y eut une Ihémoptysie légère, et le sajig était d’un rouge imoins vif, ce que remarqua M: le docteur Havet. ILe son devint plus clair au sommet du, poumon.
Le jour suivant, hémorrliagie de quelques onces, imais d’un liquide noirâtre; le son pulmonal repairaît dans toute son intégrité. Le malade entre imimédiatement en convalescence. *
L’auscultation n’a pas fourni dans ce cas de-ré~ ssultat digne d’être noté'; jamais la pectorüoquie, lia respiration ou le râle caverneux n’ont fait trouwer l’existence d’une caverne sur le po nt où la mattité avait été obser.vée.
Il me semble à peu près certain que le sang exipectoré avait été déposé dans les cellules pubùoinaires, et que c’était lui qui avait donné lieu au sson obscur qü offrait en arriéré le sommet du pou* imon, matite qui disparut apres l’iiémorrliagie.
Deux fois, depuis ce temps, j’ai observé le même ffait avec des circonstances presque analogues. La |(Coulenr du sang expectoré prenait une teinte plus ifoncce a mesure qu il séjournait davantage dans le ]poumon. Cet aspect noirâtre provenait sans doute '!.le ce que le liquide remplissait les cellules aérien-
’tnes où il était déposé, et n’y permettait pas la libre 'introduction de l’air. La matité du son était aussi
tiès-grande a la suite de 1 hémoptysie, et diminuait
en raison de la (juantité de crachats non-s expeclo* rés Dans ces deux cas encore, l’auscultation médiate ne donnait pas de résultats dignes d’être notes. Il est donc, pour moi, démontre que , dans 1 apoplexie pulmonaire , la percussion médiate peut limiter le point malade : s’il est rrai que la conversion de la masse engorgée en tubercules doive etre admise , il sera possible de reconnaître sur le vivant ce cas fâcheux par la présence et la persévérance du
son mat sur le point affecté.
Tubercules crus. A la clinique de MM. Fouquier, Cavol, Récaraier, Bally et Serres , plus de. vingt malades présentaient les signes plessimetriques des tubercules crus, soit seulement au dessus , soit au dessous des clavicules. Ils offraient en effet un son mat des plus marqués sur les points précédemment énumérés. Nous avons trouvé chez plusieurs d’entre eux des signes stéthoscopiques qui ont ver.fié le diagnostic dont il est question. Toutelois , chez quelques-uns de ces malades , le stéthoscope
-ne fit rien découvrir. .
11« Expérience. Une femme qui n’être atteinte que d’un léger rhume , offrait apparence d’une brillante santé. Un son mat accompagné de douleur au-dessus et au-dessous de la, clavicule gauche nous ht poitei fâcheux. Les signes stéthoscopiques la percussion directe impossible a cause e p seir des tégumens. Cette femme dépérit rendit peu de-crachats ; le son mat augmenta d etendu elle mourut un mois après , avec les sucui , ^
dévoiement et tous les autres symptômes de I
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DANS l’état NOKMAL ET ANORMAL. Il3
phthisie ; malheureusement je n’ai pu obtenir l’ouverture du cadavre. ^
Corollaires.
1° Sur les points où le poumon est plus dense que dans l’état normal, un son mat est ordinairement obtenu à l’aide de la percussion médiate.
2° La diffe'rence de son est alors plus tranchée, et les parties malades sont mieux circonscrites que dans les cas où l’on se sert delà percussion directe.
3“ Dans l’infiltration cadavérique, la matité se rapproche beaucoup de celle que donne la région du cœur. Elle se rencontre dans la partie du poumon qui pendant les heures c[ui précèdent ou suivent la mort du sujet s’est trouvée déclive par rapport aux autres.
4° Généralement c’est sur une ligne à peu près de niveau que se font entendre les différences. entre le son du poumon sain et celui du poumon engoué. Dans l’engouement , le lieu où la résonnance change de caractère ne varie pas suivant les attitudes du sujet, ce qui distingue ce cas des épanchemens pleurétiques.
5° Le plus souvent^ dans la péripneumonie, ce n’est pas seulement vers les parties déclives que l’on obtient un son médiocrement mat; on entend encore celui-ci sur d’autres points du thorax. Dans le cas où l’infiaramation occuperait exclusivement la partie inférieure du poumon , il arriverait bien rarement que la couche supérieure fût de niveau ,.tandisque cela a le plus souvent lieu
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dans l’engouement cadavérique. Presque toujours alors quelques parties enflammées du poumon s’élèvent au-dessus des. autres, ef forment amsi des inégalités que le plessimètre peut découvrir.
6» Cette différence et un peu plus de raatite dans la péripneumonie que dans l’engouement cadavérique ou l’oedème du poumon , sont d assez bons moyens pour distinguer ces états divers.
no Bes considérations du même genre sont applicables à l’apoplexie pulmonaire.
8" Un son mat obtenu dans les régions suscla viculaires et pulmonaires antérieures (le reste des parois du thorax donnant une résonnance pulmonale) fournit un caractère très-constant des tubercules. Sur plus de vingt cadavres où il existait, nous avons rencontré des masses tuberculeuses considérables. Dans ces cas aussi la matite était très-prononcée , et le son se rapprochait peut-etre plus du timbre 'jécoral que du caractère cardial. Il ne faut pas cependant oublier que l’hepatisation du lobe supérieur du poumon est plus frequente
qu’on ne le dit communément. , .
q» Une nuance de son un peu moins claire d un côté que de l’autre, observée habituellement au dessus et au dessous de l’unis des clavicules , peut faire soupçonner des tubercules miliaires nom-
10° Un son moins clair dans tout un cote que dans l’autre, ou bien encore des différences de son très-bien marquées sur des points divers cl un même côté , s’il n’existe pas en même ‘«“F slancs fonctionels pérlpneuraonicfues, peuven an
DANS l’état normal ET ANORMAL. Il5
croire üi des tubercules généralement répandus dans le poumon , et séparés par un tissu plus ou fnoins sain.
Il” Je crois qu’il serait impossible de distinguer par la percussion médiate une tumeur enkystée d’une grosse masse tuberculeuse.
12° La réunion de plusieurs de ces états, comme celle de tubercules et d’engouement cadavérique , pourra, par le concours des moyens de diagnostic précédons , être dans certains cas reconnue sur le vivant et sur le cadavre.
Diagnostic de V augmentation de densité des
poumons.
Les signes fonctionels directs : la toux, la dyspnée, la douleur, le coucher sur tel ou tel côté, l’immobilité d’une ou de plusieurs côtes , peuvent démontrer la souffrance des poumons et rien de plus : la nature et la cause de celle-ci n’en restent pas moins inconnues. L’expectoration est plus ca-r ractéristique : MM. Andral pour la péripneumonie et le catarrhe , Louis pou,r la phthisie , ont donné à ce sujet des renseignemens précieux. Il faut avouer cependant que , dans une même affection, l’aspect des crachats est très-variable, et qu’il est souvent identique dans des maladies fort différentes : les phthisiques expectorent des liquides très-variés ; et d’un autre côté les crachats d’un malade atteint d’hémoptysie pulmonaire ou bronchique diffèrent à peine des fluides qui cou'lent des fosses nasales sur l’orifice cuttura'l du larynx et sont en-
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suite rejetés aii-dehors; le liquide expectoré dans le catarrhe sec de Laennec ressemble infiniment à celui que produit l’exhalation laryngienne. Le catarrhe chronique enfin a, sous le rapport de 1 expectoration, tant de caractères qui le rapprochent de la phthisie, que, sur ce signe considéré isolement , il est impossible de rien décider. Les crachats rouillés de la péripneumonie ne peuvent-ils pas quelquefois avoir lieu dans le simple catarrhe? Et Laennec n’a-t-il pasfaitvoirquela teinte de jus de pruneaux de l’expectoration n’indiquait pas toujours avec certitude le dernier degré de l’inflammation dont le poumon peut etre atteint ?
Les signes fonctionels indirects , ainsi que la marche de la maladie, ajoutés aux précédens moyens de diagnostic, augmentent leur valeur : l’état du pouls, duvCœur, de l’exhalation de la peau, la présence ou l’absence du dévoiement ou des sueurs nocturnes, les paroxysmes fébriles , l’ancienneté de la maladie, le degré de dépérissement qui faccompagne, etc. , sont autant de circonstances qui éclairent le sujet, mais qui cependant ne peuvent pas lui donner le cachet de la certitude.
Les signes physico-fonctionels réunis aux précédens augmentent de beaucoup leur importance. L exploration de la poitrine par le stéthoscope fait entendre la respiration bronchique dans les cas ou de gros rameaux aériens traversent les masses indurées. Si cette masse est très-volumineuse etqu elle ne soit pas traversée par des conduits bronchiques , la respiration pourra ne pas se faire entendre. La voix donnera lieu , dans la première circonstance, à la bron-