DE LA VÉSICULE DU FIEL
Art. II. Résultats de la percussion médiate rc-^ latifs à V exploration de la vésicule du fiel.
Je vais établir le petit nombre de faits que je possède à ce sujet. Us ne prouveront pas que l’on puisse toujours, à l’aide de la percussion médiate, avoir des donne'es exactes sur l’état de la vésicule biliaire,* cependant ils portent à faire croire que le plessi mètre pourra, dans quelques circonstances, présenter ici un certain degré d’utilité.
1 Expérience. Désirant d’abord constater si la vésicule remplie de liquide et touchant à des intestins pleins de gaz donnait lieu, par la percussion médiate, au bruit humorique, je tentai l’expérience suivante. Une portion d’intestin grêle médiocrement pleine de gaz fut extraite de l’abdomen d’un cadavre. Le son que le plessimètre percuté en obtint était tout-à-fait tympanique et sans aucun mélange de résonnance humorique* D’un autre côté, la vésicule du cadavre, distendue par quelques onces de bile et percutée séparément , produisit un son assez mat, mais pur. Mettant alors en contact l’intestin et le réservoir biliaire, et pratiquant la percussion médiate sur les points où ces organes se touchaient, la résonnance prit d’une manière très-manifeste le caractère humorique.
J’ai réitéré depuis cette expérience avec succès.
2“ Expérience. Sur le cadavre d’un jeune homme dont l’abdomen était peu sonore, les régions hépatique et sous-hépatique fournissaient un son mat assez marqué pour qu’il fût très-facile de limiter
le Ibie. inférieurement. Celui-ci faisait une saillie d’un pouce au dessous du rebord des côtes. Onpei'cuta les parois abdominales avec beaucoup d’attention. A douze lignes à-peu-près de la région colique moyenne, et dans la région sous-hépatique, immédiatement au dessous du rebord inférieur du foie, on obtint un résultat remarquable ; là, dans la largeur d’un pouce et demi , on trouva un son plus clair que celui du foie, et moins tympanique que celui des intestins et de l’estomac. Autour de ce petit espace, ces derniers viscères étaient facilement reconnus par dessous caractéristiques. Le bruit qml avait lieu sur le point dont il s’agit , présentait trèsévidemnient la résonnance humorique. On enfonça une aiguille sur le centre de l’espace oîi ce bruit se faisait entendre : à l’ouverture , la bile était épanchée dans l’abdomen , et la vésicule , qui en contenait encore beaucoup et qui dépassait le foie,, était perforée d’outre en outre à sa partie moyenne (Jules de Dervleu, Manec^.
5“ Expérience. Sur le cadavre d’une vieille femme, dont la putréfaction était avancée, on obtint des résultats absolument analogues aux précédens. Le son humorique était surtout manifeste, et avait lieu dans une plus large surface , lorsque le cadavre était couché sur le côté droit et en même temps un peu incliné en avant, que dans toute autre position du sujet. Une incision pratiquée sur la partie moyenne de l’espace où s’entendait le bruit dont il s’agit, tomba sur le fond de la vésicule, cpii renfermait une assez grande quantité de bile , et qril , ouverte sous l’eau > ne conte-
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liait pas de gaz ; le colon transverse et l’estomac, remplis de fluides élastiques, entouraient la vésicule (MM. Jules deDervieu, Damorler).
M. Van Puyfelick m’a communiqué un fait absolument semblable aux précédens. La vésicule était beaucoup plus dilatée que dans 1-es cas qui viennent d’être cités ; elle contenait plus de trois onces de bile.
4® Expérience. Sur plusieurs individus vivans, nous avons trouvé le bruit liumorique sur le même point, se manifestant dans la même étendue, et présentant des caractères absolument analogues à ‘ ceux qui ont été observés sur les cackvres précédens.
Dans aucun dés cas qui viennent d’être signalés, lia palpation n’indiquait la présence de la vésicule biliaire.
Ges faits paraitraient concluans ; mais les expériences cadavériques ne sont pas assez nombreuses pour lever tous les doutes. La théorie porte d’ailleurs à penser que la petite extrémité de l’estomac ou que le duodénum lui-même, à moitié remplis de ;gaz et de liquides, se trouvant sur le point où l’on I rencontre d’ordinaire la vésicule, donneraient également lieu au bruit liumorique. Ce bruit ne différeirait pas de celui que fournit le réservoir de la bile , lorsque l’estomac et les intestins pleins de «az sont situé.s autour de lui. Un fait de ce genre a été recueilli par moi l’année dernière :
5“ Expérience. Le cadavre d’une femme dont le foie , assez volumineux, débordait les fausses côtes, présentait, sur la région qu’occupe ordinairement la vésicule, un espace de deux pouce^“ carrés où le bruit humorique se faisait entendre. iVu dessus, le
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foie était reconnaissable au son mat qui lui est propre. Au dessous se trouvait un bruit tympaiiique pur : une aiguille introduite sur ce point, fit reconnaître , à l’ouverture, que l’extrémité pylorique de l’estomac, et non la vésicule, correspondait à cet espace : le réservoir biliaire était vide. On n’avait pas changé la position du cadavre pendant V expérience.
La présence d’un son mat qui déborderait le foie et s’étendrait plus ou moins bas, pourrait donner quelques indices sur la présence de la vésicule biliaire. Mais ce bruit ne pourrait faire reconnaître s’il s’agit de ce réservoir membraneux ou d’une production anormale développée sur le rebord inférieur du foie. Le fait suivant en fournira la preuve :
6“ Expérience. Sur un cadavre qui portait une tympanite péritonéale, on pouvait , en déprimant les gaz avec le plessimètre , circonscrire exactement lé rebord inférieur du foie. Précisément au dessous de ce viscère , on trouvait , dans la largeur d un pouce et demi , un espace qui donnait un son mat sans mélange de bruit liumorique. Des carrelets introduits sur ce point démontrèrent, lors de l’autopsie, que la matité correspondait à une appendice péritonéale remplie de graisse et du volume d’une noix (Jules de Dervieu).