‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 8 sur 94 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DES DIFFÉRENS SONS OBTENUS AU MOYEN DU PLESSIMETRË ET DES VARIATIONS Qu’iLS PRÉSENTENT.

Les sons produits par la percussion médiate offrent des variétés infinies, et qui se rapportent ï° à l’espèce d’organe exploré ; a'" aux états divers dans lesquels se trouve cet organe ; 3° à l’individu même C[ue l’on examine.

Mais les résultats pratiques de la percussion médiate se tirent moins du caractère fondamental des sons, que de la comparaison établie, chez le même individu, entre les bruits fournis par les organes divers. Chez tel sujet, le cæcum donne bien un son plus clair que chez tel autre; mais chez tous les deux, dans l’état normal , on n’en distinguera pas moins le cæcum de l’intestin grêle : car le premier donne un son beaucoup plus tympanlque que le second. Les mêmes considérations s’appliquent aux autres viscères.

En général, le son produit par le plessimètre i varie du plus au moins. Le plus est donné par les | organes les plus creux, contenant le plus de gaz, les plus vastes, placés le plus superficiellement. Le moins correspond aux parties les moins creuses , les plus denses, les plus épaisses, les plus profondément situées. L'estomac, le cæcum, la paroi buccale, ; distendus par des gaz , forment le premier terme , | tandis que la cuisse, le gras du bras, constituent le dernier. En deçà et au-delà de ces deux limites, il j

DES DIFFÉRENS SONS. 3l

ùst, dans l’état anormal, certains cas qui peuvent se rencontrer ; la tympanite péritonéale olFre une résonnance plus claire que celle de l’estomac distendu par des gaz, et la matité d’une vaste tumeur encéphaloïde ou squirrheuse est plus marquée que celle de la cuisse ou du bras.

Certains sons auxquels donne lieu la percussion médiate ont quelquefois un caractère tout spécial et propre à les distinguer des bruits précédens. Ils peuvent être rangés dans trois catégories. Les uns sont produits par la percussion du plessimètre appliqué sur des organes très-durs et sônores par eux-mêmes, tels que les os : le timbre en est sec; et on peut en avoir une idée en percutant médiatement. la face interne du tibia , ou bien la surface du fémur; mais dans ce dernier cas il faut que l’instrument comprime assez les muscles pour être presque en contact avec l’os de la cuisse.

D’autres sons', plus importans , consistent dans un frémissement, une oscillation très-remarquable et * qui a quelque rapport avec le tintement métallique de Laennec. On peut le désigner sous le nom de bruit hinnorique. Plus ai,gu, plus harmonique que les autres sons, il faut un peu plus d’habitude pour le distinguer. Il a lieu dans les circonstances suivantes : 1° lorscfu’un organe creux est à moitié rempli par du gaz et par de la sérosité, comme cela arrive fréquemment pour l’estomac; 2° loi’squ’un viscère formant une cavité à parois minces nage dans un milieu liquide, c’est ce qui se remarque quelquefois dans l’ascite lorsque le tube intestinal a des rapports avec le fluide épanché; 3" lorsque.

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tle deux organes creux en contact Immédiat, rmi contient un liquide et l’autre un gazj ainsi la vessie pleine d’urine. peut toucher les intestins renfermant des lluldes élastiques; Ÿ lorsque l’air sort avec peine à travers une ouverture étroite d’une cavité plus large où il était contenu ; cela paraît avoir lieu dans certains cas de cavernes tuberculeuses. Le plus ordinairement on rencontre le bruit humorique au niveau des points où les liquides et lesgazsonten rapport : c’est ainsi que la couche supérieure du fluide renfermé dans l’estomac, touchant au gaz contenu dans ce viscère , la surface de la sérosité dans l’ascite en rapport avec les intestins , les endroits où les intestins et la vessie distendue par l’urine sont en contact, donnent lieu au bruit humorique.

Enfin il est un autre son bien plus singulier et que je n’ai observé que très - rarement. Il est impossible de rendre par des mots la sensation qu’il donne. Elle semble se rapporter à la fols au doigt qui percute et à l’oreille qui l’écoute : le doigt éprouve une sorte de résistance élastique qui le repousse, et cela plusieurs fols de suite ; l’oreille perçoit un son qui ressemble au bruit humorique quoiqu’il en diffère sous quelque rapport. Tout porte à croire que, dans le cas que j’ai observé, il s’agissait de tumeurs hydatiques.

Bien que , sous le rapport de leur degré et de leur nature, il soit difficile de tracer une limite jiréclse entre les sons, il me paraît utile d’établir une sorte d’échelle entre ces bruits divers; et pour cela il faut bien donner des noms à chacun d’eux, ou les désigner par des lettres. Il me semble qu’adopter l’une et l’autre

DES DIFFÉHEWS vSONS. 35

Vnëthode peut être utile , et c’est la marclie que j’àl suivie. Pour rendre plus facile rêtude de la percussion^ médiate, j’ai cherché à les désigner par des noms qui se rapportassent à des organes sains„

Ces noms sont réunis dans le tableau suivant :

Son F.

Son fémoral.

de la cuisse.

jécoral.

du foie.

cardial.

du cœur.

'fi

pulmonal.

Ph

des poumons.

intestinal.

JS 0) .

des intestins grêles.

stomacal.

de l’estomac.

ostéal.

des os.

humorique.

fl

QJ

des organes remplis

d’éau et d’air.

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