‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 80 sur 94 · DES GROS IN’JKSTINS · texte numérisé non relu

DES GROS IN’JKSTINS

peuvent même donner cfue des probabdllés dont on peut augmenter l’Importance par des expérimentations ultérieures.

5° Les injections dans le rectum dissiperont les doutes que l’on conserve sur le siège de l’arc du colon. Elles feront même reconnaître la place qu’occupe ce viscère lorsqu’il ne sera pas plus dilaté (|ue les Intestins grêles. Af Tes avoir bien constaté le timbre du bruit fourni par la région coliquemoyenne, et s’être bien assuré cju’elle ne présente ni matité, ni bruit humorlque, on fait injecter une grande quantité d’eau dans le rectum : s’il arrive alors qu’un son obscur ou une résonnance bu-r morique se manifeste dans la région coliquemoyenne, on peut, en quelque sorte, affirmer que le colon transverse correspond à cette région .

6® Pour que les injections dans le rectum produisent Peffet que l’on cherche à en obtenir, il faut que plus d’un litre d’eau y soit introduit. Le sujet sej’a d’ailleurs placé dans des positions variées et successives, de telle sorte que le liquide puisse, en vertu de sa pesanteur, couler vers l’anse d’intestin qu’on explore. L’écoulement du fluide injecté vers les anses intestinales déclives a également lieu pendant la vie. Pour parvenir à faire convenablement les Injections dans le gros intestin du cadavre, il faut préalablement lier sur la canule de la seringue l’extrémité Inférieure du rectum.

7" Le cæcum peut être très-exactement limité à l’aide de la percussion du plessimètre. Cet intestin fournit une résonnance tympanique extrêmement claire; celle-ci continue à être observée dans le

3o6 PERCUSS[0Î< médiate

même Heu , c’est-à-cllre dans la région cœcali* ^ quelle que soit la position du sujet, et indépendamment des mouvemens qu’on fait exécuter au malade.

8° A l’aide d’injections dans le reclum, et lorsque la quantité d’eau introduite est très-considérable, on parvient quelquefois à faire arriver une partie du liquide dans le cæcum. Ceci ne peut guère avoir lieu qu’en ayant recours à des attitudes successives et variées qui facilitent l’écoulement du liquide, que la pesanteur tend à entraîner vers les parties déclives. Le bruit humorique peut alors se manifester dans le cæcum, tandis cp’auparavant on ne l’y observait pas.

On pourra c]uelc[uefois ? a 1 aide du plessimètre , reconnaître l’accumulation dans le cæcum de sang ou de matières fécales lic£uides. Un son mat observé dans la région cæcale , d’ailleurs facilement dépressible, fera'établir ce diagnostic conjointement avec la palpation, qm apprendra qu’aucune tumeur n’est située sur ce point. Pour que le jugement que l’on porte ait toute la certitude désirable, il faudra que l’espace où la matité est reconnue corresponde aux dimensions et à la forme du cæcum, et que le son tympanicpe propre à ce dernier intestin ne se rencontre pas sur d’autres points de

l’abdomen.

lo" Lorsque la portion iliaque du colon est distendue par des ga/, elle fournit une résonnance presque aussi tympanique que celle à laquelle donne lieu le plesslmètre appliqué sur le cæcum; cette résonnance est très-distincte du son moins clair produit par la percussion des intestins greles.

11“ Lorsque l’S iliaque du colon contient une

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petite qiDintité de fluides élastiques, ou ue peut établir de diflerence entre les sons qu’elle fournit, et ceux qui sont produits par les intestins grêles que l’on explore.

ra" Soit que la portion iliaque du côlon renferme beaucoup de gaz, soit qu’elle contienne une petite quantité de fluides élastiques , les injections dans le rectum , lors même qu’elles sont peu abondantes, font bien juger du siège quelle occupe. Ce siège est assez constamment la région iliaque. Avant l’injection, on trouvait sur ce point un son tympanique plus ou moins clair; et lorsc|u’elle est pratiquée , cet espace percuté donne lieu soit à une résonnance liumorique, soit à un bruit dont la matité est remarquable.

i3° Il est plus difficile de reconnaître, par la percussion médiate, la situation des colons ascendant et descendant que d’apprécier le siège du cæcum et de rS iliaque. Toutefois les nuances de son que les premiers fournissent avant les injections, comparées aux bruits qui sont obtenus lorsque le fluide a pénétré dans leur cavité, peuvent faire encore distinguer le siège des colons ascendant et descendant. Cette distinction sera plus facile pour le dernier dê ces viscères que pour le premier d’entr’eux, parce qu’il est plus aisé de faire pénétrer du fluide daps l’im que dans l’autre.

14^* Quand le colon transverse et l’S iliaque sont remplis de matières solides, ils donnent lieu, par la percussion, à un son mat qui devient clair dès que les contractions opt porté plus loin les substances que contenait le viscère.

3o8 PERCUSSION MÉDIATE DES GROS INTESTINS.

i5» Dans le cas oii un obstacle au cours des matières existerait sur un des points du gros intestin , peut-être la percussion médiate pourrait-elle avoir (luelquefois de l’avantage. Ne serait-il pas possible, en effet , que des injections de liquide portées en telle fiuantlté qu’elles produisissent une matité marquée vers le point rétréci, éclairassent sur le siège de la lésion soupçonnée? Ne pourrait-on pas tirer quelque parti de cette idée dans les cas de volvulus, et dans ceux où des viscères herniés qui ont été réduits deviennent le siège de l’engouement ou de l’étranglement? Je n’attache , du reste, à cette supposition qu’une faible importance , et je sais bien qu’il serait très-facile d’argumenter contre elle.

,6" Dans le cas où une vive douleur aurait son siège dans l’abdomen et où l’on désirerait savoir si elle dépend ou non des gros intestins, la percussion .médiate, éclairée par les injections, pourra resou- (Irc lu. clifïicviltc.

Diagnostic des Usions des gros intestins.

. Les signes fonctionels directs des lésions des

gros Inteliins sont loin d’éclairer suffisamment le

diagnostic de ces maladies.

La douleur se manifestant sur les régions tjue ces

viscères occupent le plus souvent, porte bien a fane croire qu’ils sont affectés; mais la organes n’est pas fixe, et par ,

certain que ce soient eux qui souffrent. La douleui du reste , dans f inflammation du gros intestin , est

bien loin d’ètre constante.

DIAGNOSTIC DES LESIONS DES GROS INTESTINS. SoQ

La diarrhée existe fréquemment dans la colite- Jointe à la douleur, elle constitue un très-bon moyen de diagnostic. Les diverses apparences qu’of- * frent les liquides évacués par les selles feront souvent bien juger de l’état de la membrane muqueuse qui les a sécrétés. Mais la diarrhée n’existe pas toujours, et quelquefois elle a lieu dans des cas ou le gros Intestin est sain et où la derniere portion de l’iléon est seule malade. Dans quelques cas de colite, il n’y a même aucune. évacuation , et l’on observe au contraire de la constipation.

Quant aux signes fonctionels indirects, tels que la fièvre, l’accélération du pouls, le fades particulier) la rougeur de la langue, etc., ils n’appartiennent pas plus aux maladies aiguës du gros intestin qu’à celles des autres points du tube alimentaire.

Les signes physiques des maladies de la plus grande partie du gros intestin sont peu nombreux. Pour le cæcum et les colons, ils se réduisent aux inductions que fournit la palpation. Quant au rectum, l’art possède plusieurs procédés pour juger de son état : tels sont le toucher, le cathétérisme et l’inspection à l’aide du spéculum. Ces derniers moyens de diagnostic sont tellement précis qu’ils rendent à peu près inutile, pour le rectum, l’emploi de toute autre voie physique d’exploration. Malheureusement ces expérimentations ne peuvent être applicables au colon et au cæcum.

La palpation de l’abdomen fait, dans quelques cas , reconnaître dans le gros intestin la présence de matières fécales endurcies. Quelquefois encore elle découvre des tumeurs situées dans le voisinage-

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