‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 82 sur 94 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DES INTESTINS GRELES ET DE LA PERCUSSION MEDIATE DANS LES maladies de CES ORGANES.

Art. i". Des intestins grêles dans l’état normal et

anormal.

Etat normal. De toutes les parties du tube alimentaire, celle qui constitue le duodénum est la plus profondément placée; ce n’est guère que dans la première des trois courbures que présente cet intestin qu’il e^t quelquefois superficiel, et qu il peut être en contact avec la paroi abdominale.

Le jéjunum et l’Iléon remplissent une grande étendue de la portion de cavité péritonéale qui s’étend au dessous du rebord des côtes, En général c’est le jéjunum qui , situé en haut et à gauche , correspond à la région intestinale et a la partie inférieure de la région colique moyenne; tandis que l’iléon est spécialement placé dans les réglons vésicale et iliaque. On observe, du reste, de nombreuses variations relativement au siège qu’occupent les Intestins grêles. Le lien membraneux et vasculaire qui les fixe est susceptible de s allonger, et permet à l’iléon de s’élever , dans quelques cas-, vers l’épigastre, et au jéjunum de descendre vers la cavité pelvienne; très-souvent même il arrive que les intestins grêles se trouvent en partie pliices sous les côtes du côté gauche. La situation de ces viscères, l’étendue de la portion de cavité abdomi-’

3 12 DES INTESTJINS GRÊLES

nale qu’ils occuppent, sont subordonnées encore à

leur degré de dilatation par des fluides élastiques.

Les rapports du duodénum sont nombreux. Compr is, dans lapins grande partie de sa longueur, entre les deux lames du péritoine qui vont former le mésocolon transverse, cet intestin est fréquemment en contact en haut et par sa première portion avec le foie et la vésicule biliaire. Le duodénum, par son côté inférieur, répond aux autres parties de l’intestin grêle ; en devant et en haut l’estomac et l’arc du colon lui correspondent; en arrière les parties antérieure et latérale droite de la colonne vertébrale, le rein droit, la veine cave inférieure, l’aorte et le pilier droit du diaphragme, ont des rapports avec lui. Dans sa courbure il embrasse la partie droite du pancréas. Il résulte de ces rapports' que le duodénum est trop profondément placé pour être, dans la plus grande partie de son étendue, accessible en avant à la percussion médiate. Ce n’est guère que sa première courbure sur laquelle il serait possible de tenter quelques expériences. Peut-être qu’en arrière , entre le bord interne du rein droit et de la colonne vertébrale, on pourrait obtenir de l’usage du plessimètre quelc[ues résultats relatifs à l’état de la portion moyenne du duodénum.

Le jéjunum et l’Iléon forment une masse volumineuse , qui , recouverte en avant par les parois abdominales, est, sur un large espace, séparée de celles-ci par le grand épiploon. L’épaisseur de ce feuillet séreux varie en raison de la quantité de .graisse qu’il contient. I/cs Intestins grêles , fixés par

DANS l’état normal ET ANORMAL. 3l3

le mësentère, recouvrent en arrière l’aorte^, la veine cave inferieure , la colonne vertébrale , le rein gauche et la paroi postérieure de l’abdomen. Le mésocolon transverse et l’arc du colon , l’estomac, le foie et la rate , sont en rapport avec la partie supérieure de la masse intestinale. Celle-ci., lors de 1 état de vacuité de l’estomac et même dans certains cas où ce viscère est rempli d’alimens^ louche immédiatement a la lame peritoneale cj^ui revêt à gauche la face concave du diaphragme. Chez l’homme, la vessie et le rectum; chez la femme, ces memes organes et de plus 1 utérus , correspondent a la partie inférieure des intestins grêles. A droite de ceux-ci se trouvent le cæcum, le colon ascendant et le mésocolon; à gauchê l’S iliaque, le côlon descendant et le repli membraneux qui fixe postérieurement ces viscères. 11 est des cas cependant où les circonvolutions du jéjunum et de l’iléon passent, a droite, entre le colon ascendant et les 1 parois, à gauche, entre le colon descendant et l’enveloppe abdominale, et se trouvent ainsi situées iplus en dehors que le gros intestin.

La situation des intestins grêles et leurs rapports .'sont du reste subordonnés h leur état de vacuité ou 'de plénitude , et au degré de leur dilatation par des tfluides élastiques. Ces rapports ne sont pas moins .modifiés par les variations qui peuvent survenir 'dans l’état physique du foie, de. la rate, de l’esto- Mac, de l’utérus, de la vessie et des gros intestins.

La dimension du jéjunum et de l’iléon est un peu J.noins grande que celle du duodénum», bien que f'X'lui-ci soit ordinairement moins spacieux que les

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colons. Ou trouve peu de diflerence dans le volume des deux dernières parties de l’intestin grêle.

Des substances variées peuvent être contenues dans les intestins grêles. Le chyme qui y aborde a une consistance pâteuse, et il présente d autant plus de solidité qu’il arrive plus avant dans ces viscères. Des liquides peuvent .aussi se rencontrer dans ces organes. Indépendamment de la petite quantité de bile et de fluide pancréatique qu’y versent les conduits cholédoque et de Wirsungus , il y pénètre par le pylore une certaine quantité de boissons. La plus grande partie de celles-ci ne dépasse guère le duodénum et les premières portions du jéjunum ; bientôt , se mêlant au chyme , elles perdent leur fluidité.

Le chyme n’est pas assez liquide pour gagner facilement, et dans les diverses attitudes, les parties déclives des circonvolutions intestinales. Dans les cas oîi cela peut avoir beu ce n est que lentement que cet écoulement s’opère.

Au moyen d’injections faites dans le rectum, on ne peut faire parvenir de liquide dans 1 iléon : la valvule de Bauliln s’y oppose.

Des gaz distendent enfin habituellement les intestins grêles, mais ils y sont moins abondamment contenus que dans les gros intestins. Dans deux masses égales en volume, dont l’une appartiendrait au colon et l’autre au jéjunum , et qui seraient 1 une et l’autre vides de fèces et de chyme, il y aurait en général beaucoup plus de fluides élastiques et beaucoup moins de tissu solide dans la jiremièrc que dans la seconde.

DANS l’état normal KT ANORMAL. 3l5

Etat anormal. Les conslde'rations établies clans le chapitre précédent sur l’état anormal du gros Intestin sont pour la plupart applicables aux variations cjui peuvent survenir dans la disposition physic|ue des Intestins grêles. Ajoutons seulement que, dans les fièvres dites essentielles, et dans la dothinentérite, si bien observée par M. le docteur Bretonneau , il peut survenir des changemens de texture remarquables dans le jéjunum et surtout dans l’iléon. Il est quelques-unes de ces lésions organiques que la percussion médiate peut apprécier : la dilatation anormale des intestins grêles par une accumulation de gaz, l’engorgement, l’hypertrophie, les abcès des glandes mésentéricjues, la tympanite péritonéale résultant de la perforation des parois du tube digestifpar des ulcérations, etc., peuvent être les effets de ces graves maladies; et le plessimètre peut faire reconnaître ces résultats d’une manière plus ou moins exacte.

Article ii. Expériences et recherches sur les intestins greles dans Vetat normal et anormal.

Sur un très-grand nombre de cadavres, et avant l’ouverture de l’abdomen, il était plus ou moins facile de clistinguer par des nuances variées de son tympanique les intestins grêles du cæcum et des colons. Mes recherches n’ont pas été dirigées vers le duodénum ; c est un tort que je me reproche et (■[ue je chercherai a réparer. Mais le jéjunum et l’iléon , percutés médiatement, présentaient ce bruit sourd dont j’ai parlé plusieurs fois, et qui, moins iretentissant que celui du cæcum et de l’estomac,

3l6 EXPÉRIEISCES ET RECILERCIIES

était beaucoup plus clair que le son mat fourni

par la percussion du foie et de la rate.

J’ai observé quelques variations dans les sons obtenus par la percussion médiate des intestins grêles ; ainsi la résonnance était très-claire quand il y avait beaucoup de gaz dans ces viscères, et obscure au contraire lorsque ces organes étaient contractés, et surtout lorsqu’ils contenaient des matières chymeuses abondantes. Quand celles-ci étaient très-molles, quand des liquides se trouvaient dans l’intestin, et lorsque celui-ci renfermait aussi des gaz , le bruit humorique avait quelquefois lieu; mais dans le jéjunum et l’iléon je n’ai observé que très-rarement la résonnance dont il s’agit. Dans certains cas , le bruit fourni par la percussion des intestins grêles n’était pas beaucoup plus clair dans le coucher sur le dos , que celui auquel donne lieu l’exploration plessimétrique de l’ascite ; mais alors on ne rencontrait point de matité dans les régions colique droite et gauche, ni dans l’espace qui correspond au cæcum. Sur ces régions, au contraire , se faisait entendre une résonnance tympaiiique très -remarquable. Enfin les nuances d’un son plus clair, qui se faisaient remarquer au dessus de l'espace où se prononçait la matité des intestins grêles , n’étaient point séparées de cette matité par une ligne de niveau.

Lorsque le corps du malade reposait sur l’un ou l’autre côté, la résonnance tympanique des régions correspondantes aux gros intestins ne variait pas. Le cæcum, les colons ascendant et descendant , présentaient encore leur sonoreité normale. Ces faits

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