SÜR LES INTESTINS GRÊLES
étaient complètement opposes à ce qui avait été observé dans les cas d’ascite (Pages 170 et 171).
Ce n’est pas que, dans quelques circonstances, lorsque l’intestin contenait des matières chymeuses, et lorsque le sujet était incliné sur le côté gauche, il n’y eût des changemens de son qu’il était important de noter. Alors des points de la région intestinale où la résonnance avait été claire dans le coucher sur le dos, devenaient peu à peu le siège d’un certain degré de matité. Mais ce changement n’avait lieu que très-lentement, après une minute par exemple; tandis que, dans les épanchemens libres de sérosité dans le péritoine , la matité de la partie déclive paraissait très-promptement. D’ailleurs, dans ces cas , le bruit était toujours moins sourd que celui auquel donne lieu la percussion du fluide de l’ascite; le niveau supérieur ne se rencontrait pas; le colon descendant donnait tout à fait en bas le son clair qui lui est propre ; enfin il suffisait de faire placer le sujet sur le côté droit et de percuter ensuite pour éviter toute erreair.
Des recherches du même genre faites sur l’homme vivant ont conduit à des résultats analogues à ceux qui avaient été obtenus sur les cadavres. J’ai eu l’occasion de remarquer pendant la vie que quatre ou cinq heures après l’ingestion de^ alimens, la percussion médiate des intestins grêles donne beaucoup moins de son que dans le cas où le sujet est à jeun.
Sur plusieurs sujets qui pendant la vie ou après la mortportaientdes épanchemensséreux et libres dans lepéritoine,je désirais avoir un moyen de découvrir si les intestins grêles ou les gros intestins plongeant
F.^PKIUENCES KT RECIIERCUES
dans le liquide étaient rapj>roches ou éloignés de ' la paroi abdominale. Pour parvenir à cette eonnaissance , j’appliquai très-légèrement le plessimètre sur l’abdomen et je le percutai ensuite : lorsque, sur le point que j’explorais, les intestins touchaient à l’enveloppe abdominale , une résonnance tympanicjue se faisait entendre; lorseju’une couche de liquide était placée entre l’organe exploré et les parois, le bruit était semblable à cqlui que donne la sérosité de l’ascite. Arriva'it-il que cette couche fût mince , il suffisait de déprimer la surface abdominale avec le plessimètre , pour écarter la sérosité , mettre en rapport l’instrument avec le viscère et donner lieu à la production d’un son tympanique. La masse du fluide interposé était-elle considérable, je n’obtenais la résonnance intestinale qu’en portant le K, plessimètre très -profondément. Le liquide enfin remplissait-il seul la partie de la cavité que j’examinais , le son était mat, à quelque distance que l’on déprimât les parois du ventre.
Pour qu’il ne restât pas de doute sur ce sujet , je mis partiellement à découvert , sur plusieurs cadavres d’hydropiques, la paroi antérieure de l’abtlomen. Une anse d’intestin pleine de gaz fut alternativement rapprochée et éloignée d’une j)artie lies parois sous-jacente au liquide. Ce meme })oint était en même temps percuté. Des résultats confirmatifs des expériences précédentes furent alors obtenus : le son était tympanique quand l’intestin touchait à l’enveloppe abdominale ; il devenait ascitique quand le viscère était écarté des parois par une certaine i[uantlté de liquide.
SUR LES INTESTINS GHÈLRSi
Corollaires .
i°La percussion médiate peut faire reconnaître îe siege des intestiils grêles. Elle en obtient un son dont la nuance tient le milieu entre la matité du foie et la résonnance des sfros intestins.
2” Le caractère du son fourni par la percussion des intestins grêles , comparé à la nature du bruit qui résulte de l’exploration plesslmétrique de l’estomac et des gros intestins fait reconnaître le jéjunum et l’iléon. '
3“ La déglutition des boissons et les injections de liquide dans le rectum modifient la résonnance de l’estomac et celle des gros intestins , iandls qu’elles ne changent pas la nature du son dans la partie moyenne du tube digestif. Il résulte de là qu’elles peuvent faire juger, par vole d’exclusion , du siège des intestins grêles.
4° La résonnance du jéjunum et de l’iléon sera .plus mates ils contiennent des matières chymeuses, plus claire s’ils sont distendus par beaucoup de gaz. Elle participera du caractère humorique, si ces intestins contiennent à la fois du liquide et des fluides élastiques.
5<^Leplus souvent le son des intestins grêles reste le même, et l’espace où on l’obtient ne varie pas
en raison des changemens d’attitude ou de position du sujet.
6" Quand le jéjunum et l’iléon contiennent un chyme assez liquide pour qu’il pui.sse couler et s accumuler dans les circonvolutions intestinales les plus (fcclives, ce n’e.« que très-lentement que cet
écoulement s’opère. L’espace Inférieurement placé qui donne lieu au son mat n’est pas séparé par une ligne de niveau de l’espace supérieur où la résonnance tympanlque se conserve. La transition entre les points où la matité a Heu et ceux où le timbre plus clair s’obtient n’est pas brusque mais graduée. Inférieurement enfin aux espaces où le son plus mat est obtenu, on trouve les gros Intestins, remarquables par la résonnance tympanique qu’ils présentent.
<y°Ces considérations distinguent exactement ce cas d’un épanchement abdominal. Pour ne pas s exposer à commettre d’erreur , il biut ftilre alternativement coucher le sujet sur le côté droit et sur le côté gauche , et percuter ensuite.
8“ Lorsque, dans l’asçite, les intestins grêles, les gros intestins ou l’estomac sont écartés, par du liquide, de l’enveloppe abdominale, l’application légère du plesslmètre, que l’on percute sur le point des parois correspondant à ces organes , fournit un bruit mat. Si les viscères creux sont immédiatement en contact avec la face postérieure de la paroi que l’on explore antérieurement, une résonnance claire se fait entendre. Si dans les points où la sérosité est Interposée au péritoine pariétal et aux intestins, on déprime les muscles abdominaux avec le plesslmètre , on met l’instrument en contact avec les viscères, qui donnent Heu alors aux sons tympanlques qui les caractérisent.
gO On peut juger, par la profondeur à laquelle il faut porter le plessimètre , de la distance (]ui sépare l’intestin et la paroi abdominale.
conor.LAiRES. 3^ J
1 o“Il résulte des considérations établies n" 8 et o , que, dans l’ascite, lorsqu’on voudra pratiquer la paracentèse, il faudra 'préalablement percuter la région sur laquelle le trois-quarts devra pénétrer; cpi’il sera utile de le faire avec beaucoup de soin, et tantôt en appliquant le plessimètre avec egerete, tantôt en déprimant profondément les parois abdominales.
Diagnostic des lésions physiques des intestins
grêles.
La plupart des considérations cjui ont trait au diagnostic des lésions physicjues dont les gros intestins sont susceptibles, peuvent être en partie app iquées aux moyens de reconnaître l’état matériel des intestins grêles : mais lorsqu’il s’agit de l’exploration de ces derniers viscères l’obscurité est encore plus grande.
La douleur; la diarrhée, les autres signes fonctionels généraux ou locaux manquent très-souvent dans 1 entérite.
Les signes physiques, qui avaient une si «ramie importance lorsqu’il s’agissait d’apprécier l’état du rectum, ne peuvent plus être employés quand il CS question d explorer le jéjunum et l’iléon. On ne peut avoir recours pour ces intestins ni au toucher imme lat, m au cathétérisme, ni au spéculum. La percussion médiate ne conduit pas ici non plus à des lesultats aussi positifs que lorsqu’il s’agit des premières parties du tuhe digestif. On ne peut, en effet ,
10 mre dans le jéjunum et l’iléon de liquides