INTRODUCTION
La perforation intestinale dans la fièvre typhoïde a été étudiée déjà par un grand nombre d’auteurs. Depuis longtemps on en connaît bien l’anatomie pathologique et les symptômes; on a décrit minutieusement les signes qui permettent de reconnaître dès son début cette redoutable complication de la dothiénentérie, et de la distinguer d’autres accidents péritonéaux ou intestinaux offrant avec elle une grande ressemblance symptomatologique. On sait qu’elle appartient presque toujours à une période avancée de la maladie, et qu’elle peut survenir aussi bien dans les formes légères, le £yphus ambulatorius même, que dans les formes graves et de longue durée. Enfin, on s’est occupé à différentes reprises de la possibilité de sa guérison.
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Mais de toutes les monographies qui se rapportent à ce sujet, aucune ne traite spécialement de sa manière d’être et de sa fréquence dans cette forme particulière de la fièvre typhoïde appelée fièvre à rechutes. C’est à peine si, soit à propos des rechutes, soit à propos de la perforation, on trouve dans les auteurs quelques phrases concernant ce point particulier. Ainsi, pour n’en citer que deux exemples, Hutinel, dans sa thèse d’agrégation, se
contente de dire :
« Les complications sont les mêmes que dans la première phase fébrile. Notons cependant qu’elles sont plus rares dans les rechutes. Nous n’insistons pas sur ces diverses complications, qui n’ont rien de spécial aux
rechutes. »
Et Meunier, dans sa thèse de doctorat (Paris, 1883),
s'exprime en ces termes :
« Quand le malade meurt, c’est par une complication. L’une des causes de mort les plus fréquentes est la péritonite par perforation, qui survient quelques jours
après le début. »
Dans le courant de l’année 1891, M. le professeur R. Tripier a pu en observer deux cas à son laboratoire. Ce sont ces deux cas qui ont servi de point de départ et de base à notre travail inaugural. Nous avons rassemblé la
plupart des observations analogues à celles-ci, nous les
avons analysées, et ce sont les résultats de cette analyse que nous avons consignés dans les pages qui vont suivre. Comme on le verra, la plupart des observations sont très incomplètes, tantôt à un point de vue, tantôt à un autre, mais spécialement en ce qui concerne les tracés thermo métriques; aussi n’avons-nous pu en tirer un très grand parti, et, à plusieurs reprises, serons-nous obligé de regretter l'insuffisance de nos documents.
Nous n’avons pas eu lintention d'écrire l’histoire détaillée de la perforation intestinale dans la fièvre typhoïde, nous nous sommes simplement occupé de ce que la perforation peut offrir de spécial quand elle apparaît dans une rechute, et des enseignements que les lésions trouvées à l’autopsie peuvent nous donner concernant la nature de la rechute dans la fièvre typhoïde.
Pour ce qui regarde ce dernier point de vue, nous avons fait de larges emprunts à la thèse de doctorat de Devic (Lyon, 1886-1887) faite sous l'inspiration de M. Tripier.
Avant d'entrer dans notre sujet, nous tenons à donner à M. le professeur R. Tripier un public hommage de notre gratitude pour la bienveillance qu’il nous a toujours témoignée pendant le cours de nos études médicales. Nous le remercions également de l'honneur qu’il nous a
fait en acceptant la présidence de notre thèse.
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L'ordre que nous avons suivi dans l’exposition est le
suivant :