OBSERVATION IX
(Observation VI de Mac Donnel empruntée à la thèse de Souplet.)
Blennorrhagie, froids, faibles douleurs articulaires, dyspnée subite et grave, péricardite, endocardite, pleurésie. — Guérison avec persistance du bruit mitral.
D. B..., 22 ans, emplové de commerce, de bonne constitution, de petite taille, etbien musclé, a toujours été en bonne santé jusqu’au 8 mai 1890, lorsque, après une longue promenade en voiture, exposé au froid et à l'humidité, il devint tout à fait malade. Quand il descendit de voiture, il remarqua que ses genoux étaient raides et douloureux. Il prit un grog chaud et fut obligé d'aller se coucher immédiatement se trouvant très mal portant. Il dormit mal, à cause de ses sensations de froid et à cause des douleurs qu’il ressentait dans les genoux.
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Note
Les douleurs n'étaient pas très fortes et ne disparurent pas par le repos; en fait, il trouva quelque soulagement en remuant ses jambes. Le matin suivant, quoiqu'il se trouvât fatigué et mal à l'aise, il alla à son bureau, mais au milieu du jour il commenca à ressentir de l’oppression dans la poitrine, et fut obligé de se reposer cette après-midi, sans prendre le lit. Le joursuivant était un samedi. Le matin il retourna à son bureau, fit tout ce dont on le chargeait, alla déjeuner chez lui, et dans l’après-midi prit part à l'inspection du corps des volontaires auquel il appartenait. Il ressentit une légère raideur dans les genoux au départ, mais à ce moment il n’'éprouva pas de dyspnée ni de douleur cardiaque.Il y avait une grande marche à faire,et à la fin de l’après-midi iléprouva une grande raideur dans les genoux et commença alors, pour la première fois, à éprouver de la douleur dans le poignet et dans les chevilles. Le jour suivant était un dimanché : il resta au lit toute la journée, souffrant seulement de légères douleurs et de raideur dans les genoux, la douleur ayant entièrement abandonné les poignets et les chevilles.
Le jour suivant (le cinquième), en essayant de s’habiller, il se trouva l4 respiration très courte, et dans la journée la dyspnée augmenta rapidement. Il se trouva mieux assis que courbé et ne put respirer agréablement que debout. Il songea alors à prévenir un médecin, et le D' Herbert Reddy, appelé, le trouva dans un état grave de dyspnée, ayant quarante respirations par minute. Les pupilles étaient grandement dilatées et le malade était dans l'anxiété, Le pouls était rapide, mais la température n’était pas très élevée. Il n’y avait pas de signes physiques, et les symptômes articulaires avaient, à ce moment, complètement disparu. L'aspect général était celui d’un malade à la première période d’une pneumonie grave.L’après-midi du jour suivant (le sixième), quand je le vis en consultation avec le D' Reddy qui m'avait appelé, le malade était moins anxieux que le jour précédent. Il y avait encore de l’orthopnée. Les respirations étaient de 36, et la température de 37, 2. L'aspect d’un malade à la première période de la pneumonie était très remarquable, mais il n’y avait aucun signe physique dans les poumons. A la base du cœur un double frotte-
ment était distinctement perçu, s'étendant sur une surface d’environ un demi-pouce de diamètre, ayant son centre à l’union du troisième cartilage costal avec le sternum. s