DES SEE
Le cœur était rapide, mais régulier, et il n’y avait pas d’accroissement de la zone de matité superficielle.
Avec de tels signes physiques et fonctionnels, le diagnostic de péricardite aiguë fut fait. À ce moment il me parla de ses douleurs articulaires, et me dit qu'il avait un écoulement blennorrhagique depuis cinq semaines.
Le jour suivant {le septième) le frottement péricardique ne put être perçu. Du huitième au dixième jour de la maladie soignée par le D' Reddy, la dyspnée s’apaisa graduellement, et le frottement ne put pas être perçu.
18 mai (onzième jour). — Il fut admis à Montreal General Hospilal. Malade un peu pâle; pupilles dilatées ; pas de dyspnée manifeste au lit; 20 respirations; pas de gonflement des articulations ; décubitus dorsal; l'état d’anxiété que j'avais vu à mon premier examen n'existe plus. Pas de douleur cardiaque ni de palpitations. Le malade ne se plaint de souffrir que quand il fait une longue inspiration. La pointe du cœur est à sa place normale. Le mouvement du cœur est lent et calme. La zone de matité cardiaque superficielle n'est pas augmentée, et il n’y a pas de diminution d'intensité des bruits du cœur. Le bruit systolique s’entend faiblement à la pointe, il ne s’entend pas ailleurs dans la poitrine. Quand le malade est couché sur le dos, ce bruit ne s'entend pas, mais il devient perceptible quand il s’asseoit et se penche en avant. À la base du cœur les deux bruits cardiaques sont nets: pouls 66, régulier.
Écoulement uréthral depuis six semaines. Il avait presque disparu au moment où il à été en voiture; mais il revint après l’exposition au froid, à cause, pense-t-il, de la grande quantité de grog chaud qu’on lui a donné à ce moment. C'est sa deuxième atteinte de chaudepisse; la première était survenue quelques mois auparavant et fut accompagnée de gonflement testiculaire, mais sans douleur articulaire. L’urine est de quantité et de densité normales, sans albumine. Température, 37°,2.
Il n’a eu aucune maladie antérieure le montrant prédisposé au rhumatisme, pas de scarlatine, pas d’angine, pas de chorée.
Antécédents héréditaires. — Avec l’aide du frère du malade, qui est un médecin, j'ai pu examiner entièrement l’histoire de la famille. Du côté du père, pas de trace de rhumatisme ni de goutte. Du côté de la mère, sur cinq oncles et tantes du malade, une
Re.
tante a une maladie de cœur, et les deux fils d’une autre tante ont eu, l’un une affection chronique du cœur, et l’autre des attaques de rhumatisme aigu.
2 juin (vingt-cinquième jour). — Il est depuis une quinzaine à l'hôpital et va bien. La température a été normale ou presque. Le pouls calme. Il a une très légère dyspnée. Le bruit systolique est plus distinct, et maintenant on l’entend facilement dans toutes les positions du malade. Pendant ce jour la température était de 37°,8. — Il se plaignait de l'épigastre.
4 juin (vingt-septième jour).— Le soir, la tempéreture a été de 37°,8 pour ces trois derniers jours. Douleurs à la nuque et aux épaules. Gaz abdominaux.
7 juin (trentième jour). — Température 37°,8 et 38°,3 la nuit précédente. Douleur en faisant une grande inspiration. Orthopnée. Aucun autre signe physique nouveau.
8 juin (trente et unième jour). — Température du soir, 39. A la percussion, matité à la base du poumon droit; bruits respiratoires faibles et diminution de la résonance de la voix. A la base gauche légère perte de la résonnance. Le mouvement du cœur est maintenant rapide, les bruits sont un peu assourdis. Respiration, 24.
9 juin (trente-deuxième jour). — Aujourd'hui on entend distinctement à la région précordiale, çà et là, un bruit ayant son maximum d'intensité à la jonction du quatrième cartilage costal avec le sternum à gauche, et qui s'entend dans un rayon de un 1/2 pouce. L'augmentation de la matité cardiaque n’est pas perceptible. Il y a évidemment du liquide dans les deux plèvres, car des deux côtés de la poitrine, il y a de la matité jusqu'à l'angle de l’omoplate. Absence du bruit respiratoire. Du côté gauche, sur la zone de matité, il y a de l’'égophonie lointaine.
410 juin (trente-troisième jour). — Température, 40 degrés la nuit précédente. Grande agitation et malaise. Les signes physiques n’ont pas changé, si ce n’est que la matité cardiaque s’est accrue du côté droit, dépassant de 1/2 pouce le bord droit du sternum.
Il se plaint beaucoup d’éructations, et la douleur cardiaque et la dyspnée nuisent à son sommeil.
12 juin (trente-cinquième jour). — La température est tombée. La matité cardiaque n’a pas changé. Les bruits sont assourdis.
13 juin (trente-sixième jour). — Les bruits moins assourdis. Un bruit systolique s'entend encore juste au-dessous du mamelon.