‹ De la péricardite blennorrhagiqueChapitre 5 sur 30 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les manifestations cardiaques de la blennorrhagie ont été l’objet d'une foule de monographies; peu à peu, en présence du nombre croissant des observations, on est arrivé à décrire séparément l’endocardite blennorrhagique : plusieurs thèses ont été publiées sous ce titre : le moment est peut-être venu d’essayer de décrire la péricardite blennorrhagique. Dans le but d'éviter des redites inutiles nous bornerons ce court historique à ce qui a trait spécialement à la péricardite blennorrhagique.

La première observation est de 1854 : elle a été publiée par Brandes dans les archives générales de médecine: elle lui fut communiquée par Lehmann : nous croyons utile de la rapporter non seulement parce qu'elle est la première en date, mais surtout parce que tous les auteurs y ont attaché une grande importance : elle présente un cas très net de péricardite au cours d’un rhumatisme blennorrhagique.

En 1858 Hervieux publie dans la Gazette médicale de Paris une observation intitulée : « Blennorrhagie, douleurs articulaires. Péricardite. »

Ricord écrivait dans le Traité de la maladie vénérienne de Hunter (1859)à propos des arthropathies blennorrhagiques :

« J'ai pu constater dans des cas de rhumatismes blennorrhagiques aussi complets que possible, des symptômes. d’endocardite et des épanchements dans le péricarde. J'en ai montré des exemples remarquables à ma clinique. »

Sigmund dans le Wiener Medicin- Woschens, (1858) signale sans détails la possibilité de complications cardiaques au cours de la blennorrhagie; il a observé plusieurs cas de péricardite dans sa clientèle, en particulier chez la femme: mais dans ses articles aucun cas ne se trouve explicitement rapporté.

Tixier (1866)a publié une observation personnelle.

Güntz (1867) dans le Schmidtz Tahrbücher publie une «Contribution à l’étude du rhumatisme blennorrhagique. » Il y rapporte une observation de péricardite chez un jeune soldat de vingt et un ans qui fut étudié à l'hôpital de Dresde en 1863 : chez ce malade les manifestations articulaires eurent une extrême importance et il mourut avec des phénomènes méningitiques. Bien que nous la reproduisions plus loin, nous reconnaissons volontiers avec Talamon qu'il s’agit peut-être là d’un cas de rhumatisme articulaire franc avec complications cérébrales.

En 1872 Lacassagne fait paraître dans les Archives

générales de médecine un mémoire sur les complications cardiaques au cours de la blennorrhagie.

En 1875 paraît la thèse de Vidart contenant une observation personnelle de péricardite blennorrhagique.

En 1878 Talamon publie dans la Revue de médecine une excellente revue critique qui marque une des grandes étapes de la question.

En 1886 De Lapersonne dans sa thèse de concours sur les arthrites infectieuses non tuberculeuses donne une observation qui lui a été communiquée par Leloir.

En 1888, thèse de Baisle intitulée : « Contribution à l'étude du rhumatisme blennorrhagique. » Son observation n°8 que nous publions a trait à un cas de péricardite.

En 1889 Gluzinski in Przeglad Lekarski... communique à la société des médecins de Cracovie un très important mémoire sur les complications cardio-vasculaires au cours de la blennorrhagie. Outre les renseignements qu’il donne d’après plusieurs malades qu'il à observés et la description symptomatique qu'ila pu tirer : de ces faits, on trouve dans son mémoire une observation détaillée.

Enfin, comme travaux d'ensemble, nous pouvons citer le mémoire de Mac Donnell dans The Américan Journal of The medical Science (1891) sur les complication cardiaques dans le rhumatisme blennorrhagique.

En nous bornant à ces indications générales nous n'avons signalé que les travaux les plus importants: plusieurs auteurs qui n’ont publié que quelques observations séparées, se trouvent cités dans le cours de cette

Pa

thèse. Pour le reste, il nous a paru inutile de mentionner un grand nombre de travaux qui n’apportaient aucun fait original.

Nous avons pu rassembler treize observations qui toutes ont rapport à des cas nets de péricardite: c’est d’aprèselles que nous essaierons la description symptomatique de cette affection.

Sans doute elles ne sont pas également probantes. Dans quelques-unes (observations de Güntz et de Vidart) nous n’oserions affirmer le rôle d’un facteur unique, la blennorrhagie ; il semble bien en effet qu'il s’agit dans ces deux observations de rhumatisme franc développé au cours de la blennorrhagie ; du reste l’évolution particulière de l'affection qui s’est terminée par la mort, le grand nombre des articulations atteintes, la fièvre avec sueur, tout cela se rapproche du rhumalisme ordinaire. Quelques autres signalent les coïncidences de phénomènes morbides du côté de l’endocarde. Malgré tout,en ne tenant compte que des faits où la péricardite existe seule ou à peu près seule, et qui portent le moins à la discussion, nous avons pu réunir six observations : Brandes, Hervieux, Lacassagne, Baisle, Souplet, Morax. C’est en ne les perdant pas de vue que nous exposerons les symptômes de la marche de l’affection. Nous terminerons cette revue clinique par quelques considérations sur la pathogénie que nous croyons pouvoir invoquer dans la circonstance.

Page 1