TROISIÈME TEMPS
Injection intra péricardique de gaz.
Quel gaz convient-il d'employer ? Dans certains cas on a injecté de l'oxygène pur. Mais ce gaz se résorbe très rapidement; les ponctions, par suite, doivent se succéder plus vite,au dépens, semble-t-il de l’action gazeuse thérapeutique.
L’azote el l’air ont l'avantage d’une résorption plus lente. Il est souvent difficile d’avoir de l'azote à sa disposition; aussi l'emploi de l’air présente le grand avantage de sa simplicité.
On se rappelle d'ailleurs l'influence bienfaisante attribuée à l’air dans les laparotomies pour péritonites tuberculeuses ascitiques, Il est permis de se
demander si la même action favorable de l'air ne s'exerce pas également sur les lésions tuberculeuses du péricarde.
Deux procédés peuvent être employés pour l’injection de gaz intra-péricardique. L'un d’eux est plus scientifique, plus précis que l’autre, maisil nécessite un outillage spécial et un entrainement particulier au maniment de ces appareils. C’est ainsi que l’on peut utiliser l'appareil de Küss permettant de se rendre compte de la pression à laquelle oninjecte l’air ; dans ce même but on a employé l’appareil de Forlanini, l’oxygénateur de Bayeux. Par ces méthodes il aurait été possible de se rendre compile de l'existence d’adhérences intra-péricardiques.
Pour notre part nous avons employé une deuxième méthode, plus simple, moins précise peut-être, mais à la portée de tous les médecins. Voici comment nous avons procédé. Nous adaptons au tuyau de la ponction évacuatrice la pompe de l'appareil de Potain en changeant seulement la position de la pompe, afin de meltre en rapport avec le tuyau de l'appareil de Potain, non pas l’ajutage d’aspiration d'air, mais celui du refoulement de l’air Ainsi on insuflle à chaque coup de pompe 30 centimètres cubes d'air et l'air se purifie en passant à travers les tuyaux mouillés par le liquide péricardique. On commence à compter à partir du moment où le coup de pompe, entraînant un bruit de barbotage, indique que l'air entre dans le péricarde.
Pour cette injection de gaz on peut également em-
ployer l’hypodermo-oxygénateur ou tout simplement une grosse seringue.
La majorité des auteurs considère que la quantité de gaz à injecter doit être la moitié du volume du liquide retiré. Cependant MM. Troisier et Jacquelin ont remplacé le liquide retiré par une même quantité d'azote sans constater de troubles chez leur malade.
Il nous semble que si l’injection d’air correspondant à la moitié du liquide retiré est une limite raisonnable, le médecin ne doit pas Ja considérer comme une règle invariable. Pour notre part nous avons agi prudemment et progressivement chez notre malade, nous basant sur l’état de fatigue du malade, après des évacuations souvent longues, pour interrompre notre pneumo-péricarde : c’est ainsi que certaines fois les injections d’air atteignirent à peine la moitié du volume liquide retiré, tandis que dans d’autres cas la quantité d’air injectée fut sensiblement égal au volume du liquide extrait. Nous pensons que dans ces injections d'air il importe d’être opportuniste car il apparaît que l’air a sur les lésions tuberculeuses du péricarde, non pas une action purement mécanique brisant les adhérences en formation mais aussi une cerlaine action qualitative.
On pourrait du reste chercher à intensifier cette action thérapeutique en injectant de l’air chargé de vapeurs antisepliques (gomenol) par analogie avec le traitement appliqué par M. le professeur Sergent aux pleurésies purulentes tuberculeuses.
Certains pensent qu'ilest utile de réchauffer préa-