‹ De La Péricardite Séro-Fibrineuse TuberculeuseChapitre 15 sur 44 · TECHNIQUE DU PNEUMO-PÉRICARDE THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DU PNEUMO-PÉRICARDE THÉRAPEUTIQUE

L'opération se fait en trois temps :

1° Ponction exploratrice du péricarde ; 2° Evacuation de l’épanchement ;

3° [njection de gazintra-péricardique.

PREMIER TEMPS, — Ponction exploratrice du péricarde

Divers procédés de paracentèse ont étéemployés ; d'après notre maître M. le D: Lian il n’y a pas lieu de recommander les techniques de Diculafoy, de Rotch, de Delorme et Mignon. Ces trois méthodes présentent le même risque de biesser le cœur et sauf pour le procédé de Delormeet Mignon, il est difficile d'éviter une blessure de la plévre. La ponction épigastrique par le procédé de M. le professeur Marfan semble plus recommandable. Nous l’avons pratiquée dix fois chez notre malade sans le moindre inconvénient. MM. Marfan et Blechmann ont utilisé cette voie dix-sept fois chez le même malade. Nous rappelons ici cette technique.

Le malade est à demi-assis dans son lit. La main gauche est appliquée sur la basedu thorax, et l’extré-

mité onguéale de l'index est fixée sur le sommet de l'appendice xyphoïde, qui est le point de repère. On emploie pour la ponction exploratrice une aiguille à ponction lombaire. L’'aiguille pénètre sur la ligne médiane immédiatement au-dessous de la pointe de l’'appendice xyphoïde. Elle est dirigée defaçon à raser en quelque sorte la face postérieure de l’appendice xyphoïde sur une longueur de 2 centimètres, de façon à cheminer dans le tissus cellulaire sous-péritonéal sans intéresser le péritoine: pour cela on appuiesur le chaton de l'aiguille, Ainsi l'aiguille passe entre les insertions sternales des deux hémi-diaphragmes, à travers un hiatus qui fait communiquer le tissus cellulaire sous-péritonéal et le tissus cellulaire médiastinal.

Puis après ces 2 centimètres de trajet en rasant la face postérieure xyphoïdienne, on dirige l'aiguille, toujours vers le haut et sur la ligne médiane, mais un peu obliquement vers la profondeur, de façon à s'éloigner de la face postérieure xyphoïdenne; pour cela on cesse d’appuyersur le chaton de l'aiguille, on soulève un peu. Ainsi l'aiguille pénètre dans la cavité péricardique, distendue par le liquide qui se collecte en général dans les parties déclives du sac péricardique, au-dessous et en arrière du cœur. Une seringue a élé adaptée à l’aiguille soit dès le début de la petite opération, soit au moment où l’on change de direction l'aiguille qui ne rasera plus la face postérieure xyphoïdienne,

On avance done « le vide à la main » selon l’expres-

sion classique et le liquide péricardique arrive dans la seringde avant que l’aiguille n’ait pu atteindre le cœur.

DEUXIÈME TEMPS. — Ævacuation de l'épanchement

L’aiguille de la ponction évacuatrice restant en place on procède à l'évacuation de l’épanchement ; pour cela il suffit d'employer le procédé du siphon. On retirera ainsi toute la quantité de liquide qui sortira spontanément ; il est évidemment préférable que celte évacuation soit aussi complète que possible.

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