OBSERVATION I
(Observation inédite que M. le professeur Sergent a eu la grande obligeance de nous communiquer.)
Péricardite aiguë avec épanchement. Résorption du liquide sans ponction. Origine tuberculeuse probable
G... âgé de 37 ans, employé au gaz, entre à l'hôpital de la Charité le 27 septembre 1993.
EN, Le
Antécédents personnels. — Quatre ans de captivité : tra- ; : +
vail dans les mines allemandes ; il crache, mais peu, depuis un an. Légère asthénie. Femme bien portante, un enfant bien portant de quatre ans, un enfant mort en bas âge.
Pas de syphilis avouée,
Malade depuis trois semaines, très fatigué.
Toux fréquentes et crachats verdâtres. Pas de point de côté. Perte d’appétit; pituites matinales. Miction facile. Pas
de troubles de la défécation.
Ethylisme vineux.
Une petite plaie ulcéreuse de la face externe de l’avant-
bras droit.
Examen du malade: aucun signe pulmonaire ne permet d'expliquer la dyspnée dont souffre le malade; la palpation, la percussion et l’auscultation la plus attentive des deux poumons ne révèlent rien d’anormal. On pense alors à la possi-
bilité d’une lésion cardiaque; le choc apexien n’est pas perçu
-à la palpation.
La percussion du thorax montre une augmentation très
notable de laire mate précordiale ; la ligne de matité
: - déborde de deux travers de doigt le bord droit du ster
num.
À l’auscultation on constate l'existence de frottements péricardiques intenses au niveau du sternum. M. le professeur Sergent pense alors à l'existence probable d'une péricardite avec épanchement.
La radioscupie confirme ce diagnostic.
Elle montre une ombre cardio-aortique considérablement
augmentée de volume, débordant à droite le sternum qui est
AA
devenu presque un axe de symétrie (voir orthodiagramme). - 3o septembre. — Les frottements ne sont plus perçus à l’'auscultation. Urines : ni sucre ni albumine. E
5 octobre. — Large matité cardiaque ; les bruits du cœur ne sont pas perçus à la pointe ; ils existent assourdis à la base. Bruits de battement dans la région xyphoïdienne.
13 décembre. — Après quelques jours où à la suite du traitement salicylé, la température s'était un peu abaissée, on constate une nouvelle élévation thermique. La matité cardiaque est toujours très augmentée. Ventre gélatineux. Matité pré-ombilicale en position génu-pectorale.
Examen radioscopique. — L'ombre cardio-péricardique paraît avoir plutôt diminué. L'espace rétro-cardiaque reste obscure.
17 décembre. — La fièvre persiste. Les bruits cardiaques s'entendent mieux, La limite inférieure du foie déborde les côtes de deux travers de doigts. Quelques ràâles humides dans la région sous-claviculaire droite.
En arrière pas de modifications des vibrations ou de la sonorité mais la respiration est soufilante au sommet droit avec pectoriloquie aphone et égophonie. | Matité aux deux bases avec abolition de la respiration mais conservation des vibrations.
21 décembre 1923. — Examen radioscopique. — Diminulion de l'aire d'opacité cardiaque.
Voile à la base droite, le sinus restant cependant libre ainsi qu'on peut s’en assurer en changeant le malade de position, Réaction de Besredka positive.
26 décembre 1923. — Le malade quitte le service pour
raison personnelle. Son état est stalionnaire,
Orthodiagramnie à l'entrée à l'hôpital
Radiographie 27 mars 1924
Examen le 11 janvier 1924 à la consultation de M. le professeur Sergent. Æ -
On perçoit davantage les battements et les bruits cardiaques sans frottements ni souffles. Aucun signe aux bases thoraciques. Le sujet se plaint d'une gène douloureuse dans l'hypocondre droit. Le foie paraît un peu gros. Abdomen météorisé ; il est probable que la réaction péritonéale constatée les derniers jours du séjour à l'hôpital n’est pas encore éteinte.
Le malade rentre à nouveau à l'hôpital le 17 mars 1924 ; le 9 mars ila eu une hémoptysie de moyenne abondance au cours d’une quinte de toux. Cette hémyptosie ne s'est pas reproduite mais au cours des journées suivantes le malade s’est plaint de dyspnée surtout nocturne le contraignant à s'asseoir dans son lit. Il se plaint en outre de céphalée passagère et de vomissements aqueux, légèrement acides survenant le matin au réveil. Quelques cauchemars (signes d’éthylime avoués par le malade).
L'appétit a disparu, les forces ont diminué progressivement.
Examen du malade. — On constate la présence de signes pulmonaires assez nets ; en arrière, à droite : la respiration est soufflante au sommet, à la base la percussion décèle de la -matité. Les vibrations vocales sont exagérées ; il y a de nombreux râles sous-crépitants et quelques frottements. En avant et à droite la respiration est très soufflante et rugueuse,
A gauche on constate à la base un léger voile respiratoire et quelques râles fins. On procède alors à l'examen du cœur ; la pointe est assez difficilement palpable ; Ia matité précordiale estencore un peu augmentée : à l'auscultation les bruits
sont encore un peu lointains ct assourdis ; le rythme car-