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depuis plusieurs mois et qu’il est sujet presque quotidiennement à des érises d’oppression et de cyanose qui les effraient.
Le début de l'affection a été progressif et il m'a été impossible de faire préciser la date exacte des premiers symptômes qui remontent cependant à plus de six mois.
Le père et la mère du petit malade sont bien portants, il aun frère plus: âgé qui n’a jamais été souffrant et deux sœurs plus jeunes qui présentent des adénopathies cérvicales et
axillaires.
Le malade est petit, très amaigri, fortement dyspnéique. L'examen du thorax me montre immédiatement une voussure de toute la région précordiale, l'absence de choc apexien. La matité cardiaque est très augmentée ; elle s'étend en haut à deux travers de doigt au-dessous de la clavicule, en bas elle déborde sur l’espace de Traube, à droite, elle dépasse le bord du sternum de trois travers de doist et à gauche elle se prolonge jusqu'au niveau de l'aisselle. Les bruits du cœur sont sourds et lointains, leur rythme est rapide : 140, mais régulier ; la pression artérielle mesurée avec le tensiophone de Vaquez-Laubry est de 11-9,5. Il n'existe pas de souflle orificiel. Le foie déborde les fausses côtes de trois travers de doigt, la rate est augmentée de volume. Il existe de l'œdème des membres inférieurs, du serotum et de la partie sous-ombilicale de l'abdomen. L'examen des poumons montre une obscuriléde la respiration au niveau de la base gauche, et des râles d'œdème à droite.
Les urines sont rares et légèrement albumineuses. La dyspnée est vive, les lèvres et les extrémités sont cyanosées, L'état général est mauvais : amaigrissement,
fièvre tous les soirs
SAN 0 ver
Le malade entre immédiatement dans mon service hospitalier. Un examen radioscopique confirme le diagnostic clinique : il s’agit d’un épanchement péricardique volumineux : l'ombre cardiaque occupe la presque totalité de l’hémithorax gauche et déborde largement à droite ; on ne voit aucun battement au niveau de ses bords.
Je fais, à 18 heures, la paracentèse du péricarde par la voie épigastrique de Marfan, après anesthésie de la peau et de la région rétrosternale à la syncaïne. J'utilise comme trocart une aiguille à ponction lombaire sur laquelle j'ai monté le manomètre métallique de Claude. La ponction se fait sans incident. La pression du liquide est de 20 centimètres d’eau avant toute évacuation. Le liquide s'écoule très lentement et je cesse l'évacuation quand la pression est de 10 centimètres d'eau. J’injecte dans la cavité péricardique, 20 centimètres cubes d'hémostyl.
Le liquide retiré est nettement hémorragique, son volume est de 150 centimètres cubes. Par décantation il se sépare en deux couches dont la supérieure est claire de couleur jaune ambré foncé et l'inférieure rouge formée exclusivement par des globules sanguins.
L'enfant est soulagé immédiatement : son oppression cesse presque complètement dix minutes après la ponction. Il prend deux gouttes de digitaline, Température : 3905 ; pouls:
15 juin. — La nuit a été excellente : pas d'oppression, émission de 2.000 centimètres cubes d'urines claires de 6 heures du soir à 7 heures du matin (l'enfant n’a pris pendant ce laps de temps que 300 centimètres cubes de liquide). Température : 38°2 ; pouls: 100 ; pression artérielle 10-7,
Nouvelle ponction. — La pression du liquide péricardique
est de 10 centimètres d’eau, elle n’a pas augmenté depuis la veille. Je retire très lentement 150 centimètres cubes d’un liquide qui présente les mêmes caractères que la veille, La pression à la fin de l'évacuation est de 3 centimètres d’eau. Je laisse dans la cavité péricardique une petite quantité de liquide et j’y injecte encore 20 centimètres cubes d’hémostyl.
L'enfant est mis au régime déchloruré avec restriction des liquides : 950 centimètres cubes par vingt-quatre heures. Il prend en outre 4 grammes de chlorure de calcium.
L'amélioration se poursuit très régulièrement.
La température s'abaisse progressivement, et, le 26 juin, elle est devenue normale.
L'épanchementse résorbe peu à peu ainsi que j’aipu m’en rendre compte par l'examen clinique et radioscopique (ce dernier pratiqué tous les deux jours).
Le 20 juin, j'entends des frottements dans presque toute l'étendue de la face antérieure du cœur.
Le 22, je perçois le choc de la pointe du cœur.
Le 27, la matité cardiaque est presque normale ; l'examen radioscopique montre une ombre cardiaque supérieure à la normale, mais elle est animée de battements au niveau de ses bords. |
Le chlorure de calcium dont l’administration n’a provoqué aucun incident est diminué progressivement à partir du 27. L'enfant n’en prend plus le 30. Le régime déchloruré est maintenu pendant un mois.
Je prescris un traitement héliothérapique intense : exposition de la région précordiale pendant des temps de plus en plus longs. L'enfant supporte au bout d'un mois deux expositions d’une heure chaque jour. Ces séances n’ont jamais
provoqué d’élévation thermique notable.
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Je revois l'enfant tous les mois jusqu’en avril. À ce moment il n'existe aucun frottement péricardique ni soufile orificiel. La pointe du cœur ést mobile : elle se déplace de 3 cent. 5 quand on fait passer l'enfant du décubitus latéral gauche au décubitus latéral droit. Le rythme du cœur est normal, la pression artérielle est 12-7. L'état général de l'enfant est excellent : augmentation de poids de 8 kilogrammes depuis sa sortie de mon service. Depuis un moisil travaille avec son père qui est couvreuret il n’accuse pas de dyspnée à l'effort.
Deux cobayes ont reçu chacun sous la peau du flanc 15 centimètres cubes du liquide péricardique. L'un d'eux, sacrifié deux mois après l’inoculation, présentait des lésions classiques de tuberculose.
Il s’agit en résumé d'une péricardite tuberculeuse à épanchement volumineux et hémorragique datant de plusieurs mois et dont la guérison se maintient complètement au
bout de dix mois.