OBSERVATION VI
Péricardite tuberculeuse. — Péricardotomie avec drainage Insuccès, par J.-L Faure
X..., 29 ans, sans antécédents pathologiques. Début le 15 juin 1902 par une toux sèche bientôt suivie d’un point de côté. Cette douleur, qui siège dans [a région cardiaque, est très vive, la respiration est gêénée, le thorax présente une voussure très nette surtout au niveau des quatrième, cinquième et sixième espaces intercostaux. Les battements du cœur semblent avoir disparu. La palpation, la percussion, l’auscultation, l'examen radioscopique et radiographique s'accordent à montrer que le péricarde est le siège d'un épanchement considérable. L'état général est mauvais. Le teint est pâle, le malade est amaigri, la température qui, le jour de l’entrée,24 juin, est de 38 degrés monte le lendemain à 39 degrés, le pouls est très irrégulier, mais assez fort malgré son arythmie. Devant l'angoisse du malade et les phénomènes de eompression du cœur, l’incision du péricarde est décidée.
25 juin. — Opération. Anesthésie par le chloroforme très bien supportée. Incision du péricarde, d’où jaillit immédiatement une très grande quantité de liquide citrin (800 gr. à 1 litre environ).
A chaque inspiration l’air s'engouffre dans le péricarde qui est immense etil en sort à chaque expiration avec du liquide et de l'écume Le doigt plongeant dans le péricarde
permet d'explorer le cœur qui se contracte violemment, et
péne
de déchirer quelques fausses membranes peu résistantes. Au moment même où le liquide péricarditique s’est écoulé au dehors, le pouls est devenu parfaitement régulier, Farythmie a disparu.
Un drain gros comme le petit doigt est mis dans la cavité
et la plaie est suturée et passée à la gaze stérilisée,
27 juin. — Etat général mauvais. Poulsà 120, arythmique. T. : 39°2. Oppression très vive.
26 juin. — Oppression, Arythmie cardiaque. T. : 3906.
28 juin. — T. : 4o degrés, pouls : 96, très arythmique, il y a un peu d’emphysème sous-cutané ; on enlève le drain et trois ou quatre points de suture.
30 juin. — Etat général meilleur. T. : 37 degrés ; pouls : 90. Un peu d’arythmie.
I n’y a plus d’oppression. Les jours suivants l'amélioration continue.
3 juillet. — Le malade repasse dans un service de médecine. La plaie est presque cicatrisée, sauf au milieu de la partie moyenne, où existe une petite fistule. L’auscultation du poumon, qui permet de reconnaître des craquements au sommet droit, montre qu'il n’y a pas de pneumothorax.
12 juillet. — Il reste seulement une petite fistule donnant passage à un peu de liquide séreux. La radioscopie montre une ombre cardiaque énorme, presque aussi étendue qu'avant l'opération. La température. oscille entre 37 et 376. Le pouls est à 792, arythmique ; état général médiocre ; le malade ne souffre pas, mais il est pâle, amaigri, un peu oppressé. |
19 juillet. — T. : 38 degrés, plaie cicatrisée ne donnant
issue à aucun liquide.
LSRREE
18 et 19 juillet. — L'oppression augmente, la température s'élève, la voussure péricardique s’accentue. Il est évident que l'épanchement se reproduit.
20 juillet. — On introduit un stylet dansla cicatrice et on donne issue à 7 ou 800 grammes d'un liquide parfaitement clair. Drain. Amélioration de tous les symptômes.
26 juillet. — La température remonte, l’état général s’altère, le liquide devient séro-purulent. Les jours suivants l'ombre s'agrandit. NS :
29 juillet. — L'orifice est presque aussi grand qu'une pièce de cinq francs. On aperçoit au fond le cœur recouvert de membranes grisätres. Le liquide est de plus en plus purulent. Il devient félide et assez abondant.
Le malade est pâle, amaïgri, un peu dyspnéique, mais se trouve dans un état de bien-être complet. Puis il se cachectise peu à peuet finit par mourir le 1* septembre sans
phénomènes particuliers.