CONCLUSIONS
1° La péricardite tuberculeuse avec épanchement est une affection dont le diagnostic est difficile et dont le pronostic est grave ; sa latence clinique empêche souvent l'institution d'un traitement précoce.
2° La constatation d’un pouls dit paradoxal chez un malade dont l’aire de matité précordiale est augmentée, dont les bruits du cœur sont assourdis doit faire penser à la probabilité d'une péricardite avec épanchement.
3° La paracentèse évacuatrice non suivie d’injection de gaz doit être abandonnée dans le traitement de la péricardite tuberculeuse avec épanchement : elle ne réussit qu’exceptionnellement à tarir le liquide qui se reproduit de façon incessante ;
4° Le traitement chirurgical de la péricardite séro-fibrineuse consiste dans la péricardotomie ;
a) La péricardotomie avec drainage est abandonnéé : le drainage entraîne la transformation purulente du liquide péricarditique séro-fibrineux.
b) La péricardotomie sans drainage extérieur, mais qui laisse le péricarde ouvert pour permettre
G, Corneau 10
au liquide tuberculeux qui se reforme, de diffuser dans les espaces prépéricardiques, à donné de meilleurs résultats : sur 7 cas ainsi traités on note 5 guérisons. Il subsiste le plus souvent une symphyse sterno-péricardique ;
5° Le traitement médical de choix de la péricardite tuberculeuse séro-fibrineuse est à l'heure actuelle le pneumopéricarde artificiel.
C'est une méthode ne nécessitant aucun appareillage spécial : une aiguille à ponction lombaire, la pompe d’un appareil de Potain ou même une grosse seringue suffisent.
En pratique on injecte dans le péricarde un volume d'air sensiblement égal à la moitié du liquide évacué. :
Le pneumopéricarde permet d’assécher le péricarde sans entrainer de symphyse sterno-péricardique. Sur 7 cas publiés, il y eut 6 gué-isons de la lésion péricardique ;
6° Hydro-pneumopéricarde artificiel. Il se caractérise par l'existence d'une matité cardio-hépatique à limite supérieure horizontale surmontée d’une zone ae sonorilé.
Ces zones varient suivant les déplacements du malade, le liquide se portant à la partie la plus déclive el l'aire à la partie supérieure. L’auscultation permet d'entendre sur le sujet assis, dans la zone aérique,un tintement métallique mésosystolique analogue au tintement de l’'hydro-pneumothorax. Il existe un bruil de succussion hippocratique.