HERNIE ÉTRANGLÉE, MORT. — BACTÉRIES DANS LE LIQUIDE DU SAC
Homme 30 ans, porteur d'une hernie congénitale réductible, qui s’étrangle subitement. Opéré 18 heures après le début des accidents. Mort une heure après.
Le contenu du sac, examiné pendant l'opération, présente des bactéries nombreuses, dont les cultures donnent une bactérie spéciale, la bactérie de l'infection herniaire ; ces mêmes bactéries furent retrouvées le lendemain (20 heures après l'opération) dans le sang, Ja cavité péritonéale du malade. L'examen de l’anse étranglée a montré les mêmes microbes accumulés dans les glandes, les vaisseaux sanguins et les lymphatiques.
OBSERVATION II (Clado.)
Hernie crurale étranglée. L’opérée est dans un état de collapsus très prononcé, mais l'intestin n’a pas mauvais aspect ; le liquide du sac est noirâtre et de mauvaise nature. Mort 6 heures après l'opération. { |
Autopsie. — L’anse étranglée est légèrement congestionnée. Dans son intérieur on voit, au niveau de l’étranglement, un
sillon circulaire, ulcéré par places ; ces ulcérations sont linéaires et entament à peine la muqueuse.
A l'examen bactériologique, on retrouve la bactérie de l’infection herniaire dans le liquide péritonéal, à la surface de l'intestin et au niveau de l’anneau crural.
Malvoz, en 1891, publia ensuite un important travail sur la bactériologie des péritonites d’origine intestinale, puis vinrent d’autres auteurs que nous aurons l’occasion de citer par la suite.
SORECT es
Le contenu intestinal est, avons-nous dit plus haut, très riche en bactéries de tout genre. Cependant, jusqu’à la publication de Malvoz, le Bac. coli fut rendu responsable, à lui seul, de tous les cas de péritonite par propagation. « C’est le Bac. coli, dit Malvoz, qui améne les péritonites d’origine intestinale ».
On pouvait se demander pourquoi on ne trouvait que du Bac. coli dans le pus du péritoine, à l'exclusion de tout autre microbe. Deux propriétés du Bac. coli, jusqu'alors inconnues, expliquent ce fait. Ce microbe peut, comme l’ontdémontréles expériences de Würtz, traverser facilement les parois du tube digestif après la mort, à la faveur de lésions intestinales préexistantes (Achard). De plus, il jouit de propriétés réductrices vis-à-vis de ses congénéres qu'ilarrive à faire disparaitre ou à masquer, tant dans les exsudats organiques que dans les milieux de culture. Pour ne citer qu'un exemple, rapportons le cas de Charrin, qui trouvait du Bac.coli pur dans l’'exsudat péritonéal, là où, vingt-quatre heures auparavant, le pneumocoque pullulait. Il en résulte qu'il faut faire l'examen du pus du vivant du malade, et qu’au contraire, si on attend les délais de l’autopsie, on court grand risque d'attribuer à tort au coli une infection dont il n’est pas l’auteur, puisqu'il n'est arrivé peut-être qu’en second lieu.
Essayons de tirer quelques enseignements de nos observations. Sur un total de 50 cas, nous trouvons l'examen bactériologique pratiqué 16 fois seulement, surtout dans les cas d’occlusion ou d’appendicite :