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a mis à plusieurs reprises ses jours en danger par des accidents de péritonite répétés ; que son anus contre nature s'est oblitéré et que finalement, dans le courant du mois d'août de la même année on l’évacua à l'hôpital général. Nous l'avons retrouvé à cet hôpital pendant notre internat,en 1880, c’est-à-dire deux ans après. Ce malade se levait très-rarement et suivait un régime spécial, : dont tous les herbacés étaient rigoureusement exclus. Il se plaignait de temps en temps de coliques légères et de tiraillements ; mais, à proprement parler, il n’a pas eu de récidive de pérityphlite. 11 pouvait être même considéré comme guéri. Nous avons appris qu'il était définitivement sorti de l’hospice dans le courant de l’année 1881.
Observation VI
(Communiquée par M. Gallard, à la société médicale des hôpitaux, séance du 9 mars 1883. — Gazette des hôpitaux, du 13 mars.)
M. Gallard est appelé, le 5 janvier, par M. le docteur Froissy, ea consultation auprès d’un malade, qui, disait ce dernier, présentait des accidents de péritonite. En effet, la face était grippée, les yeux excavés, la respiration anhélante, la température de la peau élevée, le pouls petit, serré et fréquent, le ventre très-lendu et douloureux àla pression; en même temps que du tympanisme, il y avait de l’empâtement avec submatité dans la fosse iliaque droite, où la douleur était plus vive que partout ailleurs. Il ÿ avait eu de la constipation et des vomissements.
M. Gallard diagnostiqua une inflammation du cœcum avec propagation de la phlegmasie aux tissus avoisinants et menace de péritonite généralisée. Transport immédiat à l'Hôtel-Dieu : application de vingt sangsues.
Il s'agissait d’un homme de 44 ans, d’origine italienne, exerçant la profession de fumiste ; sujet vigoureux, doué d’un certain embonpoint et habituellement bien portant.
À 10 ans, il a contracté en Afrique une fièvre intermittente dont il n'a jamais eu de nouvelle atteinte depuis qu'il a quitté ce pays. A 18 ans, il eut des accidents analogues à ceux qu’il présente aujourd’hui, accidents qui durèrent environ quinze jours, nécessitèrent une application de sangsues et disparurent complétement. Il eut une variole en 4870.
Dès le commencement de décembre 1882, il eut quelques troubles digestifs, de l’inappétence, de la constipation. Le.{* janvier, sans le moindre excès ni la moindre fatigue, il fut pris dans la nuit d’une douleur extrêmement vive dans la fosse iliaque droite, douleur qui a persisté depuis. L'état alla en s'aggravant jusqu'au jour où il entra à l’Hôtel-Dieu, dans le service de M. Gallard, et où fut appliquée la médication dont nous avons parlé plus haut. Le lendemain, le 7 janvier, la constipation persiste, mais les vomissements ont cessé. La température est normale. Purgatifs salins, cataplasmes, bouillon. Le 8, au matin, température 3993, douleur plus vive dans la fosse iliaque, nouvelle application de vingt sangsues ; le soir la tempéralure est tombée à 376. Le 9, température 388, pouls 84. Langue saburrale, ventre moins sensible ; dans la fosse iliaque, tuméfaction circonscrite qui semble siéger autour du cœcum. 75 centigrammes de calomel, qui provoquent trois selles liquides ; cataplasmes. Le 10, température 37°2, ventre plus souple, moins douloureux, selles liquides.
L'amélioration se maintient les jours suivants ; la constipation cesse, l’empâtement disparaît. Le 15, l'appétit revient; alimentation par la viande. La guérison paraît définitive. Le 23, de nouvelles douleurs apparaissent dans la fosse iliaque ; constipation, 30 grammes d'huile de ricin. Le 23, inappétence, langue saburrale ; quelques douleurs et de la tension du ventre ; vésicaloire, Les jours suivants, amélioration. Le 31, le malade paraît de nouveau en voie de guérison. Tous les matins, eau de Sedlitz, régime sévère. Le malade quitte l'hôpital, le 15 février, en très bonne santé.
M. Gallard signale particulièrement dans ce fait l'intensité des accidents qui se sont produits d’une façon insidieuse chez un individu exceptionnellement vigoureux, que rien ne semblait y prédisposer, si ce n’est une première atteinte remontant à 26 ans, d'une maiadie toute semblable, guérie par le même traitement. L'efficacité de ce traitement énergique ne saurait être contestée. C’est seulement après ces deux applications successives de vingt sangsues chacune et l'administration de plusieurs pugatifs, qu’on a pu considérer la guérison comme acquise. Encore a-t-il fallu lutter pendant plusieurs semaines, à l’aide de nombreux purgatifs, d'un vésicatoire et surtout d’un régime très sévère, qui a demandé une grande surveillance. <
Observation VII
: (Personnelle),
Le nommé B... (Pascal), âgé de 56 ans, entre à l'Hôtel-Dieu de Toulouse, salle Notre-Dame, n° 60, le 22 avril 1883.
C'est’un ancien militaire qui s’est livré à des excès alcooliques, et qui exerce actuellement la profession de fontainier de la ville. Les parents sont morts : jeunes, mais il ne semble pas qu'il y ait eu jamais dans sa famille d’affections diathésiques,
Il est déjà venu à l'hôpital, il y a trois ans, pour des symptômes de pérityphlite qui furent traités par des sangsues et des cataplasmes. L’affection eut une marche subaiguë avec exacerbations, et le malade resta deux mois à l'hôpital.
Il y a deux ans, il eut une attaque d’hémorrhagie cérébrale à la suite de laquelle il demeura longtemps paralysé du côté gauche ; il est guéri depuis et ne présente plus que quelques fourmillements et une certaine fai' lesse dans les membres de ce côté.
La maladie actuelle a débuté, il y a quinze jours environ, par de l’inappé- tence, sécheresse de la bouche, légère diarrhée, quelques vomissements et une douleur persistante el spontanée ayant son siége dans la fosse iliaque droite avec exaspération à la pression.
A la palpation, on constate en cet endroit une tumeur qui semble plutôt être l’assemblage de plusieurs petits noyaux plus ou moins arrondis, et dont l'ensemble présente une surface inégale, assez aplatie, mais donnant la sensation de nodosités: |
Quelques ganglions existent aux deux aines ; rien dans les membres inférieurs, les organes génitaux externes ou le périnée, qui puisse donner l'éveil. Le malade est amaigri, faible, présente une teinte terreuse de la face; ces jours derniers, il a eu de la fièvre qui ne semble pas avoir été très-vive : elle est aujourd'hui tombée. Diagnostic probable. Néoplasme dans la fosse iliaque droite. Tubercules ou cancer.
Traitement. — Décoction blanche avec sous-nitrate de bismuth pour sa diarrhée. Vésicatoire loco dolentr. Diète lactée.
La marche de l’affection a été ‘rapide. À mesure que la tumeur diminuait . de volume, ilétait sans doute permis de constater les inégalités de sa surface ;
cependant rien dans les symptômes généraux ne pouvait autoriser à faire croire d'une façon absolue à la présence de néoplasmes dans la fosse iliaque. Les poumons ont été auscultés avec le plus grand soin, et rien qu’une certaine obscurité de son, signe d'une congestion pulmonaire légère, n’a pu être constaté. |
Huit jours ne s'étaient pas écoulés , et le malade étant toujours en observation. nous avons pu nous apercevoir que notre premier diagnostic était exact. Sa rechute à été rapide, et la marche subaiguë de l'affection, l’inappétence et la diarrhée persistante, les noyaux de la fosse iliaque, qui roulaient manifestement sous nos doigts, son facies cachectique, tous ces symptômes sont venus confirmer le diagnostic et nous faire supposer qu'une diathèse évoluait sourdement. Nous avons reçu la confirmation de cette idée. Peu de jours : ‘après, des craquements apparaissent aux sommets des deux poumors. En outre, sa diarrhée, que ni le régime lacté, ni l'opium, ni le bismuth n'ont pu vaincre, nous porte à croire qu'il existe un néoplasme dans l'intestin.
. En ce moment, fin juin, l’état du malade est des plus mauvais.
Dans le courant de juillet, nous avons dû nous absenter de l’Hôtel-Dieu, et voici ce que nous avons recueilli, de la bouche même de notre chef de service M. le professeur Bonne maison : 1
La fluctuation étant devenue évidente dans la fosse iliaque droite, on a pratiqué une ponction dans cette région; à la suite de cette ponction on a
recueilli environ un demi-verre de pus. Le lendemain, on a constaté l'épanchement de matières fécales au dehors : il était évident que le cœcum avait subi une perforation.
Le malade continua à s’affaiblir à vue d’œù, et mourut le 20 du même mois.
À lautopsie, on a constaté la présence d’adhérences sur les côtés du cœcum ; en outre, il existait deux petitesulcérations sur les parois de cet organe; une collection purulente considérable stagnait dans la fosse iliaque. Enfin la lésion primordiale consistait en noyaux indurés, squirrheux, ayant leur siége dans l'épaisseur de l'intestin grêle 4 sa terminaison. La valvule iléo-cæcale était également indurée et fermait d’une façon presque absolue le passage aux matières intestinales.
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Observation VIII pe | : AR
(Personnelle)
Auguste E..., 17 ans, marchand de chevaux, fut pris, le 27 mai 1882, deux heures environ après son repas du soir, d’une douleur très-vive dans la fosse iliaque droite, douleur qui s’irradiait dans l’hypochondre droit et la région sus-pubienne ; dans la nuit, le malade fut agité et eut quelques
vomissements.
Le 28 et le 29, les mêmes douleurs persistèrent et rendaient impossible l'émission de l’urine; on fut obligé de vider la vessie avec une sonde.
Le 30, le malade entre à l’Hôtel-Dieu de Toulouse, dans le service de la ‘à clinique. à
Dix sangsues sont appliquées sur l’abdomen ; l’écoulement sanguin est RAR maintenu jusqu’au.soir où l’on pratique une friction avec l'onguent napolitain belladoné sur le ventre qui est ensuite recouvert de cataplasmes laudanisés. L’état général du sujet était, le matin, assez mauvais ; il souffrait
‘beaucoup; cependant, la douleur étant limitée à la fosse iliaque et à l’hypochondre, rien ne pouvait faire soupçonner ou craindre une péritonite générale. Le cathétérisme ne donna qu’une petite quantité d'urine très-foncée. A la / suite de l’application de sangsues, on observa une rémission très-nette dans le symptôme douleur ; la rélention d’urine disparut. «Le lendemain, le malade eut du hoquet ; quelques vomissements bilieux, qui cessèrent sous l’influence de l’ingestion de fragments de glace et de ‘boissons glacées.
La suite de la médication a consisté en régime lacté, opium, frictions + mercurielles belladonées et cataplasmes.
La fosse iliaque droite et le flanc présentent un peu d’ empâtement et de la douleur à la pression ; il n’y a pas de météorisme; la fièvre est tombée ; l’état général est, en somme, satisfaisant.
Sous l'influence de la même médication continuelle jusqu’à ce jour (7 juin), le malade, se croyant guéri, demande à sortir; dans la crainte d'accidents, on lui conseille d’attendre. Il sort quelques jours après ne conservant qu’un
peu d’empâtement dans la fosse iliaque droite.