TRAITEMENT
Les indications que fournit la pérityphlitz, au point de vue de la médication, sont à peu près les mèmes, malgré les formes variées qu'elle revêt. |
Au début, nous avons spécialement à lutter contre deux symptômes
qui ne font presque jamais défaut : la douleur et la tuméfaction ; souvent aussi, apparaissent d’emblée un frisson et le vomissement, toutes .les fois que le péritoine est atteint par la maladie. Ces divers Joe . mênes doivent fournir les premières indications.
La douleur, parfois intolérable, qui arrache des cris au patient, sera combattue par les préparations opiacées si nombreuses que nous livre la thirapeutique; mais, parmi ces préparations, 1l en est deux qui seront choisies de préférence à toutes les autres : les injections hypo-
. dermiques de chlorhydrate de morphine au 0/0 et l'extrait thébaïque enpotion.
L’absorplion sous- Re de morphine présente, en effet, des avantages sur l'absorption intestinale : d’abord, parce qu’elle se produit avec rapidité; en second lieu, parce que la morphine, en agissant sur la:muqueuse de l’estomac, pourrait provoquer ou augmenter les vomis-
. sements et serait naturellement rejetée avec eux. Nous en dirons autant
du laudanum, qui doit être proscrit au début. Les lavements laudanisés seraient peut-être préférables; mais ils trouveront plutôt leur indica-
tion dans le cours de la maladie; car ils pourraient produire l'effet
contraire, en augmentant la constipation et, par suite, la douleur. Les
| po rt cataplasmes laudanisés agissent comme topique et non comme calmant, et seront employés concurremment avec les injections hypodermiques, dans les cas où la douleur ne sera pas violente.
Les vomissements seront traités par la glace, les boissons froides et gazeuses et par une diète absolue.
j Les émissions sanguines, conseillées par tous les auteurs, seront. mises en usage dans le traitement de la pérityphlite, et de préférence les saignées locales, ventouses scarifiées ou sangsues loco dolenti.
La saignée générale ne pourrait en effet agir que sur l'élément fièvre, et dans bien des cas, cet élément peut être négligé, au moins au début ; et dans la forme rhumatismale, au contraire, dont les symptômes primordiaux sont remarquables. par leur intensité, la saignée générale serait également nuisible, par suite du caractère anémiant de la diathèse. Par contre, les émissions sanguines locales auront pour effei d'agir en même temps sur la douleur, sur la tuméfaction en diminuant la congestion locale, et sur la fièvre, en abaïissant la pression sanguine ; et c’est un fait constant que le traitement antiphlogistique ait abrégé de beaucoup le cours de la maladie, notamment dans les abcès iliaques. L'application de dix à quinze sangsues doit suffire, et selon les cas on arrêtera immédiatement après l'écoulement sanguin, ou bien on le favorisera par des topiques émollients.
Les purgatifs seront rejetés au début ; leur action est du reste insuffisante à vaincre la constipation ; en outre, en provoquant les contractions intestinales, ils augmentent la douleur ; les lavements purgatifs sont préférables, cependant il est souvent utile de ne pas fatiguer inutilement la séreuse péritonéale, en ne les employant qu’un ou deux jours après le début de la maladie.
Nous avons dit que l’usage des émissions sanguines employé au début agissait favorablement sur la durée totale de la maladie, car si malgré l'énergie avec laquelle on peut les employer, l’engorgement avorte rarement, il n’en est pas moins vrai que la suppuratiun est moins abondante que dans le cas contraire. Nous avons maintenant à combattre le symptôme tumeur ; c’est après la saignée que l’emploi des mé-
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SR, NU 'RE dicaments dits résolutifs trouvera son indication. Lesonctions d’onguent napolitain belladoné seront répétées chaque jour, sauf les cas de péritonite suraiguë où l’opium à haute doseet la glace doivent seuls être recommandés. C’est encore vers le troisième ou quatrième tour que les lavements purgatifs trouveront leur place et seront réellement utiles en faisant cesser la stase stercorale. qui parfois constitue toute la maladie, et en même temps la compression exercée par celle-ci sur la tumeur iliaque,
- Si, malgré ces moyens, un abcès vient à se former, la conduite à tenir sera différente, selon que le pustendra à se frayer une issue vers la peau ou dans un organe voisin. L’abcès devenu sous-cutané, et la fluctuation bien établie, nous croyons que la prudence exige l'ouverture artificielle par l'instrument tranchant et qu’on n’attende pas un décollement plus considérable du péritoine ou des fusées purulentes vers le membre inférieur. En même temps, on tâchera de faire garder au malade le plus longtemps possible la position assise, afin d'assurer au pus un écoulement plus facile. Malheureusement la situation du foyer sur un plan déclive par rapport à l’ouverture extérieure ne favorise pas cet écoulement. Aussi, dans celte circonstance, la suppuration est longue, parfois même une fistule cutanée s'établit (Puzos-Trélat). Si l’abcès est plus profond, il est admissible que le foyer soulève en masse le gros inteslin, qui viendra saillir sous la paroi abdominale et en imposer pour la collection purulente elle-même; on s’assurera avecsoin, par la percussion et par le phénomène de la fluctuation, qu’il n’en est point ainsi, et pour plus de sûreté on incisera couche par couche jusqu’au péritoine ; arrivé à la séreuse, on pourra, s'il n’en existe déjà, attendre que des adhérences s’établissent entre les deux feuillets, ou bien perforer l’abcès à l’aide d’un gros trocart, faire le lavage du loyer au moyen de liquides détersifs et antiseptiques et introduire un drain par la plaie. Maisce procédéexige des soins très-minutieux de propreté, et une position très-fatigante pour le malade, qui est obligé dé se tenir couché sur le ventre; en outre, il offre un réel danger, car il facilite l'entrée du pus dans le péritoine.
| me Le danger étant plus grand encore si le pus s'échappe à la fois par une ouverture de la paroi abdominale et par l'intestin, on appliquera tous ses soins à tenir la plaie dans la plus extrême propreté, en renouvelant le pansement plusieurs fois par jour. | Mais c’est à l'hygiène qu’il faut surtout s'adresser après la guérison, pour prévenir les récidives. Le péritoine, étant une séreuse naturellement très-sensible, verra sa sensibilité augmenter encore après une ‘inflammation ou même une simple congestion. L'usage de ceintures de flanelle pourra donc être recommandé, afin d’éviter le plus possible toute chance de crise nouvelle. Les bains tièdes, le massage, les laxatifs doux seront tour à tour employés avec avantage ; en revanche, les douches chaudes ou froides peuvent être dangereuses en congestionnant la fosse iliaque ; de même les purgatifs drastiques doivent être rejetés en raison de leur action violente sur lintestin. On fera usage, aux repas, d’eaux minérales alcalines et laxatives, . telles que « les eaux de Vichy, de Saint-Galmier, de Challes. » L’em- “ploi de ces eaux aura un double but, de ne pas fatiguer lintestin en
facilitant la digestion et de combattre les diathèses qui pourraient amener la production de calculs intestinaux.
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