‹ De la peste observée en Égypte. Recherches et considérations sur cette maladieChapitre 3 sur 82 · PENDANT CES DERNIERES ANNEES · texte numérisé non relu

PENDANT CES DERNIERES ANNEES

Comme je fais souvent mention, dans le cours de cet ou\ rage, des différons médecins d’Egypte qui ont été en position d’observer la peste, il m’a paru convenable de faire connaître au lecteur les hommes dont je rapporte les opinions, soit que je combatte ces opinions ou que je les adopte. J’ai cru également devoir indiquer les circonstances dans lesquelles chacun d’eux s’est trouvé placé pour observer la maladie, et ce qu’ils ont fait personnellement pour la cause de la science et de l’humanité.

Par ce moyen, je trouve l’occasion de rendre homrcngc au talent, au zèle et au dévouement de mes honorables confrères, et clc remercier mes collaborateurs de l’obligeance qu’ils ont ru se à me procurer tous les renseignemens que je leur ai demandés.

XIV AVANT -PROPOS

ABOTT, médecin anglais de la marine du vice-roi, chargé peu dant quelque temps des fonctions de chirurgien en chef de l’escadre, 11 a eu de fréquentes occasions d‘ observer la peste, tant à bord des navires qu’à l’hôpital de la marine à Alexandrie. M. Abott est non contagioniste , et il nous a communiqué plusieurs faits à l’appui de ses opinions.

AUBERT , médecin français , entré au service du pacha avec îe grade de médecin-major, et attaché d’abord en cette qualité à l’hôpital de l’Esbékié, puis à l’hôpital de Kars-el-Rin, au Caire.

11 se trouvait dans cette ville quand éclata l’épidémie de 1835, et c’est là qu’il eut occasion de voir les premiers cas de peste. Nommé bientôt après médecin en chef de l’hôpital de Ras-el-tin, à Alexandrie, M. Aubert y étudia la maladie conjointement avec le docteur Rigaud. Mais il conserva peu de temps son emploi ; et de malheureuses circonstances l’obligèrent à quitter îe service auquel il était attaché. Il resta quelque temps encore à Alexandrie, où la population franque se l’était attaché comme médecin.

Plus tard, M. Aubert est allé visiter la Haute-Égypte, l’Arabie, l’Abyssinie , Smyrne , Constantinople. Depuis son retour en France, il vient de publier le résultat de ses observations et de ses travaux. Dans son livre, intitulé : De la peste ou typhus d’ O rient, M. Aubert a consigné des faits nombreux en faveur de la non-contagion. Ainsi qu’il l'indique lui-mème, il considère la peste comme une variété du typhus prenant naissance, comme cette dernière affection, sous l’influence de conditions d’insalubrité. Sous le rapport de sa nature, notre confrère regarde la maladie comme une lésion des ganglions nerveux. Il a voulu introduire dans la thérapeutique de la peste une nouvelle substance, le haschisch , dont nous aurons occasion de parler dans cet ouvrage.

ROAER , de Marseille. Il exerçait avec succès la médecine dans sa ville natale , lorsqu’il partit en 1833 pour se rendre en Égypte. 11 fut attaché au Caire, à l’hôpital de l’Esbekié , en qualité de médecin-major. Mais il remplit peu de temps ses fonctions, et quand éclata l’épidémie de 1835, M. Royer ne faisait

AYAXT— PROPOS.

déjà plus partie des médecins militaires. Privé qu’il était de la facilité d’étudier la maladie dans un hôpital , ne pouvant faire d’autopsies, ni recueillir d’observations détaillées dans sa clientelle civile, on comprend que ce médecin n’a pu être à même d’étudier convenablement la peste. Aussi ne s’est-il guère occupé de la question de contagionabilité. Il croyait à la contagion de la maladie, et a publié scs opinions dans le Sémaphore de Marseille.

M. Boyer est mort il y a quelques mois au Caire, où il continuait à exercer la médecine.

BELLA, médecin génois, attaché au lazaret d’Alexandrie.

Par la nature de ses fonctions, ce médecin a peu été à même d'étudier la maladie. M. Bella n’a pu faire d’autopsies, puisqu’il n’était pas attaché à un hôpital. D’ailleurs, sa croyance à la contagion de la peste l’eût peut-être empêché de se livrer à des investigations de ce genre. Nous avons eu occasion de citer M. Bella à propos de deux faits d’incubation.

BULARD, pharmacien, et non pas médecin, comme on le croit généralement. Homme d’un méchant esprit, réunissant à une rare impudence une lâcheté telle, qu’il n’a jamais obtenu que le mépris de ceux qui, comme moi , ont été en butte à ses basses calomnies. Je ne salirai point ma plume par des détails sur le caractère et la moralité de cet individu. Les personnes qui le connaissent savent l’apprécier à sa valeur ; pour celles qui ignorent ce que vaut M. Bulard, je les renvoie à un libelle qu’il a publié en 1833, sous le litre de Révélation sur la mort du duc de Reichstadt (chez Delaunay, libraire, au Palais-Royal). Dans ce pamphlet infâme, l’auteur n’a pas craint de faire peser d’horribles accusations sur

les plus grands monarques, sur les principaux hommes d’Etat de l Europe, dont plus tard il n’a pas rougi d’aller mendier les faveurs.

Voilà l’homme. Je passe maintenant au médecin.

C’est en 1833 que M. Bulard arriva en Égypte. 11 n’y venait point, comme il l’a prétendu, par un motif de philanthropie ni par amour de la science. Il venait y chercher des moyens d’existence qu’il ne trouvait point à Paris. Employé d’abord en qualité de

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pharmacien-major, il fut fait bientôt après pharmacien-inspecteur dans le service de la marine, et il remplissait cette fonction quand îa pénurie des sujets fit jeter les yeux sur lui pour lui confier un service médical. Lorsque la peste éclata au Caire,, les raisons qui avaient fait accepter M. Billard comme médecin lui valurent de conserver son emploi. Ce furent également les mêmes motifs qui nous décidèrent à lui proposer de faire partie de la commission médicale, que nous avions formée, les docteurs Gaëtani-Bey, Lachèse et moi. M. Buîard entra donc comme quatrième membre dans la commission ; mais la part qu il prit à ses travaux fut bien minime. Incapable de faire des autopsies , puisqu'il ne connaît pas l'anatomie , inhabile à faire des observations cliniques, puisqu'il n’est pas médecin, M. Billard a donc dû borner son rôle à recueillir les faits fournis par les autres membres de ia commission et à rédiger leurs observations particulières. Mais si sa participation n'a pas été pour nous d’une grande utilité, elle a été pour lui d'un immense avantage. Assistant à nos séances, présent à tous nos entretiens , M. Billard a su mettre à profit nos discussions ; c’est ainsi qu’il a commencé son éducation médicale , et que, plus tard, il a pu confectionner un livre sur la peste, ouvrage dans lequel sa brillante imaginative a suppléé au défaut de ses connaissances.

Peu de temps après la cessation de l’épidémie, M. Bulard, qui une fois déjà s’était vu privé de son emploi, fut de nouveau renvoyé du service. Il quitta l’Egypte avec une assez triste réputation. Il avait perdu la confiance et l’estime publiques. Alors M. Bulard se rendît à Smyrne, où, pendant quelque temps, il exerça son génie dans la polémiqué et la satire. Il vit quelques pestiférés, et reçut en recompense de son dévouement une médaille d’or qui lui fut ofîeitc pai la nation anglaise. Mais il quitta Smyrne en laissant îa meme opinion de lui qu’en Égypte.

^ En 1838, M. Bulard arriva à Constantinople avec le projet d organiser un service sanitaire. Il avait presque obtenu un demisucces, quand il partit à î’improviste, probablement à cause des mêmes raisons qui l’avaient forcé de quitter Smyrne et Alexan-

AVANT-PROPOS

d rie précédemment. C’est à son retour en France que M. Billard est venu publier le fruil de ses travaux et de ses voyages-, et Tannée dernière, on vit paraître dans le monde un livre dédié à TAcadémie royale des Sciences , et intitulé : De la peste orientale , par Billard de Mèru,

Cet ouvrage est le résultat des faits que l'auteur a observés, ou n’a point observés , en Égypte , à Smyrne et à Constantinople. Nous avons dit que les observations qu’il avait faites en Égypte ne lui appartenaient point , mais qu’elles étaient la propriété commune de la commission. Quant aux cas de peste que M. Bulard a pu voir à Smyrne et à Constantinople, ils ont été peu nombreux : d’ailleurs Fauteur ne les rapporte pas. Toutefois , les faits qu’il cite lui ont semblé sullisans pour admettre la contagion de la peste ; et, quoiqu’il eût émis d’abord une opinion contraire, quoiqu'il se fut soumis à des épreuves qui étaient de nature à justifier ses croyances premières, M. Bulard a préféré adopter d'autres idées. Il a pensé, sans doute, qu en proclamant la contagionabilité de la peste, sa conduite serait jugée bien plus méritoire , son dévouement bien plus sublime.

COCK, médecin bavarois, employé pendant plusieurs années en qualité de médecin en chef de la marine du vice-roi. C’est Un homme d’une instruction solide et d’un jugement droit.

Pendant 1 épidémie, la nature de ses fonctions l’a mis à même d’observer fréquemment la maladie dans les hôpitaux ou à bord. M. Cock n’a rien publié sur la peste. Mais il nous a adressé une lettre dans laquelle il énonce ses opinions en faveur de la non-contagion de la maladie.

DESTOUCIIES, pharmacien, inspecteur et membre du conseil de santé du Caire.

Quoique sa spécialité cl ses fonctions ne lui permissent point de s’occuper d’une question de médecine, de faire des recherches sur la peste , M. Destouches n’en a pas moins participé aux traj \ aux communs , pour ce qui était du ressort de ses attributions* 11 a fait, pendant le temps* de l’épidémie, de nombreuses observa-

AVA.VT-rnül’OS.

lions météorologiques; il a fait également des analyses du sang des pestiférés. M. Destoucbes mérite donc à juste titre d’ètre signalé parmi les hommes qui ont payé leur tribut à la science.

DU SS AP , ancien officier de santé des armées françaises , établi dans le Levant depuis longues années. Après avoir occupé divers grades élevés dans l’armée du vice-roi d’Egypte , M. Dussap donna sa démission pour se fixer au Caire, ou il exerçait la médecine de la manière la plus généreuse et la plus désintéressée. C’est dans cette ville que je le rencontrai , lors de mon arrivée en Égypte, et c’est à lui que je demandai des renseignement sur la peste, qu’il avait eu fréquemment occasion d’observer. M. Dussap, comme je l’ai dit déjà, malgré les nombreuses épidémies qu’il avait traversées, n avait pas d’idées bien arretées sur la nature de la maladie. Je ne sais s’il croyait à la contagion; peutêtre lui-même ne le savait-il pas davantage. Quoi qu’il en soit , il s’est toujours comporté comme s’il eût été persuadé de la non-contagion de la maladie, car son zèle et son dévouement l’empêchèrent de prendre jamais la moindre précaution. Ce digne homme est mort dans le milieu de l’épidémie de 1835 ; et, s’il a peu fait pour la science, il a laissé au monde l’exemple d'une abnégation rare et d’un courage à toute épreuve.

DU VIGNEAU , docteur en médecine de la Faculté de Paris, directeur de l’école de médecine à Abouzabel, médecin en chef à l’hôpital de cette école, et actuellement membre du conseil de santé du Caire.

M. Duvigneau, qui se fait remarquer par une instruction solide iinie à beaucoup de modestie , a étudié la peste à Abouzabel , conjointement avec MM. les docteurs Seisson , Perron , Fischer, etc. 11 n’a point encore publié ses observations, mais il a adressé au conseil de santé un mémoire où est résumée son opinion sur la maladie. II n’admet pas la contagion.

EM AN GA RD , docteur en médecine de la Faculté de Paris , ancien chirurgien-major dans les armées, arriva en Égypte à la fin de 1835, et fut attaché à 1' qualité de médecin major.

hôpital de l Esbekié du Caire, en

w \\ ! ruoros.

Envoyé <\U(‘1( jues mois aj»r«'*s à l'hôpital do Damiette, M. Emangard eut occasion d’observer la peste qui persista dans celte ville durant l’année 1836, sous la forme sporadique. M. Emangard n’a donc guère pu étudier la maladie que dans sa variété la plus bénigne.

Ce médecin, dont nous aurons occasion de parler fréquemment, a consigné ses observations et ses idées dans un mémoire imprimé à Paris, en 1837. — M. Emangard se range, par ses opinions médicales, parmi les partisans les plus ardens de la doctrine physiologique, dont il applique les principes d’une manière presque exclusive au traitement de la peste.

M. Emangard est actuellement professeur de clinique médicale à l’hôpital du Caire.

ES TIENNE , docteur en médecine de Montpellier, ex-chirurgien de la marine royale, qu’il quitta pour s’attacher au service du vice-roi d’Egypte. M. Estienne était employé pendant l’épidémie à l'hôpital général de la marine d’Alexandrie. C’est là qu’il a recueilli ia plupart des observations qu’il a réunies dans un mémoire sur la peste, adressé à l’Académie royale de médecine.

M. Estienne croit la peste contagieuse, à un degré très-imminent, non-seulement pour l’homme, mais pour les animaux.

FISCHER, docteur en médecine de l’université de Munich, professeur d’anatomie à l'école de médecine d’Abouzabel , et plus tard à celle du Caire.

Egalement distingué comme chirurgien et comme naturaliste, M. I ischer se recommande encore par la solidité de ses connaissances et la supériorité de son jugement. Nous avons reproduit ses idées sur la peste, dans divers fragmens extraits de mémoires ou de lettres adressés à nous ou au consul d’Angleterre. Il n’admet pas la contagion.

E OU R C A D E , ox-otlieie r d c snnté militai re au ser v ice d e F ra n ce. Arrivé en Egypte en 1834, il fut attaché, comme médecin-major, à fécule de Toura , puis à l’hôpital de l’Esbekié. 11 venait d’ètre nommé médecin en chef de ! hôpital des troupes de terre à Aîexnn-

xx AVANT-PROPOS.

drie , quand les premiers cas de peste se déclarèrent au Caire. Le pauvre Fourcade n’eut pas le temps oe rejoindre son poste j il venait d’assister à une autopsie que nous avions faite conjointement avec le docteur Gaëtani-Bey et lui, quand il fut pris des premiers symptômes de la maladie, qui 1 emporia dans 1 espace de trois jours. Le docteur Fourcade est mort vivement regretté de tous ceux qui l’ont connu.

GRÀSSI , docteur en médecine de l’université de Fise , ancien chirurgien en chef de l’hôpital de la marine à Alexandrie, et au-

jourd'hui inspecteur du service sanitaire en Egypte.

M. Grassi est connu en Égypte par ses opinions contagionistes ; toutefois sa croyance n’est point le résultat d’idées préconçues ou ridicules : c’est chez lui une religion, mais une religion raisonnée, et de tous les partisans de la contagion en Égypte M. Grassi est certainement un de ceux qui sont le plus logiques dans leurs principes et leurs idées , comme il est un de ceux qui ont su s’attirer la confiance et la considération générales.

Pour ces motifs, nous avons dû nous adresser souvent à lui toutes les fois qu’il s’est agi de contagion, parce qu’il peut résumer en lui l’opinion des contagionistes en Orient. Si nous ne partageons pas les idées de notre confrère, nous n’en professons pas moins à son égard des sentimens d’affection et d’estime pour son caractère et ses talens. M. Grassi a reproduit ses idées à l’égard de la contagion dans un mémoire très-étendu qu’il a adressé au consul général d Angleterre, en réponse à différentes questions sur la peste.

GAETANI-BEY, docteur en médecine de la Faculté de Pise, élève du célèbre Yacca Berlinghieri. il vint en Égypte vers la fin de 1825, et fut attaché d’abord comme professeur d’anatomie et de physiologie à l’école de médecine d’Abouzabel. Plus tard il tut nommé membre du conseil général de santé, puis médecin particulier de S. A. le vice-roi d’Égypte et élevé à la dignité de bey. Le docteur Gaëtani-Bey est commandeur de l’ordre royal de François Ier de Naples, chevalier de l’ordre d’Isabelle-la-Catholiquo d’Espagne, et membre de plusieurs sociétés savantes, etc.

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Ce médecin se distingue par une grande habileté comme chirurgien. Il a fait avec succès des opérations difficiles , et a recueilli pour la science beaucoup d’observations pleines d’intérêt. Comme médecin, M. Gaetani-Bey possède également une haute capacité, et c’est à ces titres qu’il est redevable de la belle position qu’il occupe et de la faveur dont il jouit auprès du vice-roi.

Notre honorable confrère et ami s’est joint à nous pendant l’épidémie de 1835 pour étudier la maladie avec MM. Lachèze et Bulard. Nous espérons qu’il publiera bientôt le résultat de ses observations. Nous savons qu’il prépare un travail qui peut-être aura paru dans ce moment. Il ne peut manquer d’offrir de l’intérêt.

GREGSON , médecin anglais, employé à l’époque de l’épidémie comme chirurgien en chef de l’hôpital général de la marine. C’est un opérateur d’une très-grande habileté.

M. Gregson a été souvent à même d’observer la peste. Il nous a transmis ses idées sur la nature de la maladie dans une lettre que nous avons reproduite dans notre ouvrage. 11 ne croit point à la contagion.

LACHÈZE , docteur en médecine de la Faculté de Paris.

Il arriva en Égypte peu de temps avant l’épidémie de 1834- 35 , et était attaché en qualité de médecin en chef à l’hôpital de l’Esbekié quand le fléau se développa. M. Lachèze a fait partie de la commission médicale établie au Caire pour l’observation de la maladie, et a contribué puissamment au succès de l’association par ses travaux et ses connaissances. Peu de temps après la cessation de la maladie, M. Lachèze a quitté l’Égypte, regretté de toutes les personnes qui ont été à même de l’apprécier.

LARDONI, ancien médecin d’ Ali , pacha de Janina, puis médecin du vice-roi d’Egypte, et enfin attaché avec le même titre auprès de la personne d’Ibrahim-Pacha. Après avoir rempli ces différentes fonctions, M. Lardoni tomba en disgrâce et resta sans emploi jusqu’à 1833, époque a laquelle il fut désigné pour faire partie du personnel médical de la rnar ne dans l’organisation du conseil de santé d’Alexandrie. Telles étaient les fonctions qu’occupait M. Lardoni quand la peste se déclara,

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avant-propos.

Contagioniste par excellence et contagioniste ridicule , il ne voulut pourtant pas se mettre en quarantaine. Mais il se précautionna de façon à n’avoir rien à redouter. En conséquence M. Lardoni ne sortait jamais qu’enveloppé d’un manteau de toile cirée; il montait un cheval dont la bride et la selle était recouvertes de filamens de dattier, et se faisait escorter par quatre domestiques qui environnaient sa monture pour le garanti.! de tout contact. M. Lardoni n’en contracta pas moins la maladie dont il mourut.

Il n’a rien légué à la science.

LEFÈVRE, docteur en médecine de la Faculté de Paris, médecin-major à l’hôpital d’Alexandrie. M. Lefèvre est auteur de plusieurs mémoires imprimés ou inédits sur la peste. Il a eu la complaisance de nous communiquer un de ces derniers opuscules qui est un résumé de ses opinions sur la nature et les causes de la maladie. M. Lefèvre considère la peste comme une forme de typhus qui se développe sous l’influence de conditions d’insalubrité et d’infection.

LORIA, docteur en médecine de la Faculté de Pise, exerçant la médecine civile à Alexandrie, où il est employé dans le service de santé. C’est un homme instruit et estimable. Il nous a cornmuniqué une observation pleine d’intérêt relative à mademoiselle Esther Conriel. C’est un fait qui prouve doublement en faveur de la non-contagion.

LOGRASSO, médecin-major attaché à l’hôpital de Rosette, où i! observa la peste avec la réserve d’un contagioniste. Il n’a pu faire d’autopsies , et borne le résultat de sa pratique à louer la saignée.

PACHTOD, docteur en médecine de la Faculté de Paris et professeur de pharmacie à l’école d’Abouzabel. Quand le fléau se développa, M. Paehtod , que la nature de ses fonctions pouvait dispenser d’approcher les pestiférés, voulut toutefois, en sa qualité de médecin, étudier î affection , et demanda à être chargé d’une division de malades. Durant tout le cours de l’é-

\Y ANT-i'HOl*OS.

pidémic , M. Pachtod s’est comporté avec zèle et dévouement dans le poste dont il s’était chargé, et s’est livré à de nombreuses investigations scientifiques. Il est mort en 1837 d’une affection cérébrale.

PÉRON, docteur en médecine de la Faculté de Paris et professeur à l’école d’Abouzabel.

C’est un de nos confrères d’Égypte les plus distingués : bon observateur, doué d’un jugement excellent et d’un esprit philosophique, uni à beaucoup d’instruction, M. Péron est entré pour une bonne part dans les observations cliniques et microscopiques faites à l’hôpital d’Abouzabel.

Notre estimable confrère a consigné ses opinions sur la peste dans un mémoire qu’il a envoyé à l’Académie royale de médecine , et dans différentes lettres ou rapports adressés au consul général d’Angleterre et au conseil de santé du Caire. Nous aurons occasion de parler longuement de ses idées ; il est non conlagioniste.

PRUNER, docteur en médecine de la Faculté de Munich, élève du célèbre Rossi et homme de beaucoup d’érudition. Employé d’abord comme professeur à l’école d’Abouzabel et plus tard comme médecin en chef de F hôpital du Caire, M. Pruner avait été envoyé en mission quand éclata l’épidémie de 1834-35.

II n’assista qu’au déclin de la maladie ; mais, pendant la fin de 1835 et au commencement de l’année suivante, il eut occasion d observer plusieurs cas de peste. Ses opinions sont en faveur de . la non-contagion. Nous en parlerons en citant un rapport qu’il a adressé au conseil de santé du Caire*

RIGAUD , docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, médecin-major des armées du vice-roi, et, plus tard, médecin en chef de l’hôpital franc d’Alexandrie. A l’apparition des premiers cas de peste, le docteur Rigau i, qui n’avait pas d’opinion arrêtée sur la contagion et la non-contagion de la maladie , s’isola de sa femme et de ses enfans pour se donner tout entier à l’élude. Il observa le tléau conjointement au*c le docteur Aubert , dont

AVANT-l’KOPOS.

A YI Y

il n’adopta pas ies idées, bien que ce fussent les mêmes cadavres et les mêmes maladies qui eussent servi à leurs observations communes. L’épidémie touchait à sa tin-, M. Rigaud voyait s’approcher le terme de ses pénibles travaux et le moment qui devait le réunir à sa famille , quand la peste , qui l’avait respecté dans sa plus grande intensité , l’atteignit et le conduisit rapidement au tombeau. Le docteur Rigaud a été regretté de tous ceux qui ont su l’apprécier. C’est un juste hommage rendu à ses vertus et à ses talens.

RUBIO , médecin espagnol de beaucoup de mérite et contagioniste prononcé.

Pendant la peste de 1834-35, il était attaché, en qualité de médecin-major, à l’infirmerie de l’école de marine. La nature de ses opinions ne lui a pas permis de faire des autopsies : nous ne sachons pas qu’il ait jamais rien publié sur la peste.

M. Rubio eut la douleur de voir succomber sa femme pendant l’épidémie, et la douleur plus grande de penser qu’il était la cause de sa mort. Cependant M. Rubio , qui , dit-on , apporta la peste dans sa maison, n’en fut pas atteint lui-même-, comment, d’ailleurs , pouvait-il s’accuser d’avoir communiqué le principe pestilentiel , puisqu’il ne touchait jamais ni malade , ni aucun objet suspect ?

SEISSON , docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, ex-chirurgien dans les armées de l’empire, attaché d’abord comme professeur et médecin à l’école d’Àbouzabel, et aujourd’hui médecin en chef à l’hôpital du Caire.

Homme instruit et doué de toutes les qualités qui font les bons observateurs, M. Seisson a recueilli une masse de faits intéres-

sais à 1 hôpital d’Àbouzabel, conjointement avec MM. les docteurs Pruner et Perron. 11 a adressé un mémoire sur la peste à la Société royale de médecine de Marseille, et communiqué au cohse.l général de la santé du Caire plusieurs rapports pleins d intérêt. M. Seisson ne croit point à la contagion.

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