PRÉCAUTIONS DIVERSES EMPLOYEES EN TEMPS DE PESTE
Moyens employés pour détruire le principe pestilentiel : ils n’ont aucune valeur, a. 4, 2, 5. — Des moyens de préservation pour les individus et de leur inefficacité, a. 4, 5, 6. — De l’isolement, a. 7, 8, 9. — La seule mesure efficace est l’éloignement du foyer épidémique; les seules rationnelles sont celles proclamées par les lois de l’hygiène , a. 10.
1. Jusqu’ici nous n’avons parlé, comme mesures prophylactiques, que des lazarets, des cordons, des quarantaines, c’est-à-dire des moyens mis en usage pour prévenir la propagation de la peste. Il nous reste à traiter des précautions auxquelles on a recours quand la maladie vient à se développer ailleurs que dans les lazarets : cette partie complétera ce que nous avions à dire sur la prophylaxie.
2. Les mesures employées dans les épidémies pestilentielles ont pour double objet d’attaquer et de détruire l’agent morbide , quelles que soient sa nature et sa forme, et de rendre les individus réfractaires à son action. Les anciens qui ne croyaient point à la contagion par contact, telle qu’elle fut admise plus tard, mais qui regardaient toutes les épidémies pestilentielles comme dues à des causes d’infection ou à des altérations de l’air, les anciens avaient recours à divers moyens abandonnés aujourd’hui , mais pourtant plus rationnels malgré leur inefficacité que la plupart des mesures de précaution admises par les contagionistes. Parmi ces moyens qui s’adressaient à la cause générale morbide , un des plus en usage était le feu ; et c’était par d’immenses bûchers allumés dans les localités infectées qu’on cherchait à attaquer le mal dans son principe. Plus tard on eut recours à différentes substances
PROPHYLAXIE
renfermant des principes xolatües , qu’on jugea capables de décomposer l’agent morbide ou d atténuer ses effets. Alors les minéraux et les végétaux principalement furent mis en usage. Alors fut employée toute la cohorte des plantes odorantes, des résines, des vinaigres, etc., dont nous avons parlé cl qu on mit en usage sous toutes les formes imaginables ; puis on supposa qu on pourrait détruire le principe pestilentiel en lui opposant des exhalaisons putrides , en donnant naissance à des miasmes délétères, etc.
C’est sous l’influence de ces idées, c’est en raisonnant de la sorte sur Faction des causes d’insalubrité, qu’on ouvrit les sépultures, les égouts ; qu’on soumit à la putréfaction des animaux entassés dans la voie publique ', qu on brûla de a icux cuirs , des semelles de souliers, etc.
Aujourd’hui on a renoncé à tous ces moyens de prétendue désinfection , tous plus ou moins ridicules • quelques-uns se sont conservés par tradition et sont restés en usage dans beaucoup de localités -, mais on ne les emploie plus comme mesures générales.
3. Cependant de nos jours des théories plus rationnelles, des idées plus scientifiques ont réintégré parmi nous différons modes de désinfection j et les fumigations de cbloi e, et scs composes dix ers ont remplacé, sinon avec beaucoup d’avantage du moins avec plus de raison, toutes les anciennes et ridicules pratiques.
4. Les autres précautions dont on fait usage et qui ont pour objet de se garantir de l’action de l’agent morbide, sont nombreuses et variées. Nous n’indiquerons que les principales.
5 . Moyens externes. — Les moyens employés à l’extérieur sont les frictions huileuses, l’application de cautères et de vésicatoires , l’inoculation de diverses maladies soi-disant prophylactiques, telles que la vaccine, la variole, etc. Aucun de ces moyens n’a l'efficacité
dont on l’a gratifié.
6. Moyens internes. — A l’intérieur, on s est servi, et on se soit encore en temps d’épidémies des différentes substances excitantes, de boissons alcooliques, aromatiques, etc., qui n’ont pas davantage le pouvoir de mettre à l’abri du fléau, et qui sont fréquemment d’un dangereux usage.
/tl0 prophylaxie.
7 Isolement. - — Mois 1g grand moyen employé aujourd hui, celui auquel on accorde une efficacité qu’il est loin d’offrir, ainsi que nous l’avons fait voir, c’est l’isolement, c’est-àdire la préservation par le moyen de la séquestration de tout contact impur. Depuis qu’on croit à la contagion ce moyen est en faveur, et si on a eu peu souvent l’occasion de s’en servir en Europe, à cause de la rareté de la peste , il est d’un grand usage chez les Francs qui habitent le Levant, et parmi quelques indigènes du pays.
Les Arabes ni les Turcs n’ont jamais songé à s’isoler, et regardent les mesures de quarantaine comme ridicules.
Les Francs seuls, disent-ils, s’isolent en temps de peste. Leur exemple n’a persuadé encore personne ; on se rit de leurs précautions , car les ignorans disent que c’est un fléau envoyé de Dieu ; tandis que les plus éclairés pensent que l’infection se trouve dans l’air , que quelque part que l’on soit on est obligé de respirer, et que par conséquent l’isolement n’en saurait garantir.
Cependant quelques grands de la cour, fort habiles en adulation, ont fait un simulacre de quarantaine, poursuivre l’exemple du prince. Ils sortaient armés d’une baguette , relevaient leurs habits et criaient aux passans : Eloignez-vous , nous faisons quarantaine. Le fléau ravageait pourtant leurs maisons et y laissait des personnes atteintes ou mortes.
Les consuls , les négocians européens en rapport avec le viceroi ont tout fait pour le convaincre que la peste est essentiellement contagieuse , et lui ont fait adopter la mesure de la quarantaine. Jamais elle n’avait été aussi rigoureusement observée qu’en 1S35. Les précautions se sont étendues sur toute la famille du prince, sur les administrations, les écoles et autres établisse— mens. Ainsi nous avons vu au Caire, à Alexandrie, des barrières s’élever devant la porte des sérails , et des lignes de factionnaires entourer les régi mens.
Des Européens dirigeaient les mesures sanitaires avec la plus scrupuleuse attention -, elles étaient d’autant mieux observées, que les personnes préposées étaient connues par leurs opinions sur la cou-
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tagion , et que leur sentiment de crainte donnait la plus complète garantie. On aura une idée de leur zèle par la connaissance des laits suivans.
Le gardien chargé de la quarantaine du fils de Son Altesse avait la précaution, quand il le conduisait à la promenade, défaire frotter d’huile la semelle des souliers du prince, afin d’éviter le contact malencontreux de quelque brin de poil ou de coton.
On triait le tabac à fumer, et quand le gardien avait le bonheur de découvrir quelques parcelles étrangères, il s’écriait : — « J’ai sauvé la maison. »
Un médecin qui a vu, qui a fait des recherches dans le pays, devrait avoir le droit d’invoquer son expérience -, mais on l’éloigne quand il professe surtout des doutes sur la contagion. Ce n’est pas une question , c’est , selon eux , une vérité mathématique, claire, palpable, que la contagion de la peste. Le temps, le progrès des sciences ne sauraient rien changer -, ils conviennent des faits contraires à leurs principes, mais ils les modifient à leur erré, et les attribuent à l’infraction des règles-, ils regardent le médecin comme impuissant dans le traitement j c est la nature qui agit dans la guérison -, le seul et universel remède, c’est l'isolement. Voici la manière dont ils le pratiquent , tel encore qu’au temps de l’expédition française. Laissons parler Assalini.
8. « Lorsque les Francs habitant l’Égypte sont assurés que la peste est déclarée dans le pays, ils se retirent dans leurs maisons, en ferment toutes les portes et ne communiquent plus avec qui que ce soit jusqu’au 23, veille de la Saint-Jean. Non-seulement les portes de la maison sont fermées, mais on bouche exactement les plus petites issues, afin qu’aucun animal ne puisse entrer dans la maison ; et si par hasard un chat y pénètre, on le poursuit et on le tue : on a pour cela des fusils tout prêts, chargés à plomb, et des filets tendus dans les endroits les plus suspects de la maison. Les chats de la famille sont renfermés dans des cages comme des poules -, et si , par malheur, ils viennent à sortir de leur enclos et à s’évader de la maison , à leur retour ils sont tués , sans miséricorde, d’après les lois sanitaires, attendu qu'ils auraient pu,
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pendant leur course, contracter le venin de la peste et le porter dans l'intérieur, attaché à leur queue ou à quelques poils de leur
corps.
î) Dans la basse-cour, ou près de la porte de la maison , on établit trois grands vases de terre remplis d’eau, un bassin avec du vinaigre, un fourneau avec du charbon, des herbes odoriférantes, des poudres et des pâtes anti-pestilentielles, des pincettes de fer, un grand couteau ou stylet , et quelques autres ustensiles relatifs à la destruction du venin de la peste.
» Chaque famille a un domestique turc qui n’est pas compris dans Tisolement, et qu’on destine à faire les commissions. Cet homme, tous les matins, vient chez ses maîtres avec les provisions nécessaires qu’il a prises au marché. Le portier, qui est ordinairement de toute la maison le plus sévère et le plus stricte observateur des lois sanitaires , après avoir reconnu son domestique, descend avec la clé à la main , ouvre la porte et se retire jusqu’au haut de l’escalier, pour éviter tout danger de contagion. Le domestique entre alors dans la cour, et met les alimens, comme viande, poissons, herbes, fruits, dans des vases pleins d’eau-, s’il a de l’argent, il le met dans le bassin au vinaigre; s’il a des papiers importans, comme lettres de change, factures, etc. , il les dépose près du fourneau ; et après avoir reçu de loin , par la voix du portier, les commissions pour le jour suivant, il se retire. Le portier le suit et ferme la porte de la maison. Alors , après avoir pris à la main une espèce de baguette magique, il agite dans l’eau la viande, les poissons et les herbages, afin de noyer et de détruire le venin pestilentiel; il retire l’argent du bassin au vinaigre; et, après avoir allumé le charbon, il jette dessus des poudres et des parfums; ensuite, avec les pincettes, il prend les papiers et les dépose dans le tambour du fourneau , où ils restent dans la fumée au moins pendant demi-heure; c’est ainsi que, selon eux, ils sont délivrés de tout poison , et qu’on peut les toucher sans prendre la peste. On purge aussi les lettres cachetées et autres papiers , en les perçant avec le couteau en deux ou trois endroits et en les baignant dans le vinaigre. Le linge et autres effets, lavés hors de
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la maison, peuvent y rentrer sans précaution, pourvu qu’ils soient encore mouillés. Le pain préparé à la main , et envoyé au four pour y être cuit, peut être reçu sans danger, pourvu toujours qu’on n’y touche pas tant qu’il est chaud. Letahac, les légumes, le sucre, le café, et tout ce qui, dans les lazarets, est appelé substance non contumace , peuvent être admis sans précaution dans les maisons isolées. Les substances contumaces sont absolument bannies de la maison jusqu’au 23 juin, jour où cesse tout danger de peste, quelle que puisse être son intensité. Les Levantins croient généralement que la veille de la Saint-Jean met un terme au danger de la peste; et à cette époque ils sortent de leur cloître, s’embrassant et se félicitant les uns les autres d’avoir échappé au fléau. •»
D’autres encore , croyant ces mesures insuffisantes , faisaient , pour rompre toute espèce de communication , fermer leurs portes , et traitaient leurs affaires de la croisée. Une personne très-connue d’Alexandrie ne recevait que les lettres passées au vinaigre, et les lisait avec une longue-vue.
9. A voir ce système d’isolement établi depuis plusieurs siècles et religieusement observé , on croirait qu’il est sanctionné par des faits nombreux et incontestables. Eli bien ! cet échafaudage a été enfanté parla peur, accrédité par les préjugés et l’ignorance; car , dans toutes les invasions , on a vu l’épidémie pénétrer dans les maisons les plus isolées. Ce fait est même reconnu par les contagionistes dont l’opinion ne saurait être suspecte.
A Rome, pendant la peste de 1520, les mesures de séquestration ne purent en arrêter les progrès. En Angleterre , dans la peste de 1636 et dans celle de 1656, on essaya l’isolement ; son inutilité le fit abandonner. La même chose a été observée dans toutes les épidémies d’Egypte, sur le petit nombre de maisons européennes isolées , et celle de 1835 en est une preuve toute récente. Nous avons cité à cet égard des faits assez nombreux.
10. Mesures efficaces et rationnelles . — Toutes les mesures prophylactiques que nous venons d’indiquer ne sont donc ni efficaces ni rationnelles. Le seul , le véritable moyen de se préserver
de la peste , comme de toute maladie épidémique , c est l éloignc-
ment de la localité envahie. La fuite est la seule voie certaine de salut : que tous ceux que leurs obligations , leurs devoirs ne retiennent point abandonnent leur ville , leurs maisons , qu’ils s éloignent en grand nombre. Leur départ les préservera , si déjà la cause du mal ne les a point atteints ; leur départ sera utile à ceux qui restent , car la maladie sera moins intense , si les causes d’infection sont moins nombreuses.
Pour ceux que des charges, des devoirs empêchent de s’éloigner, pour les médecins , pour les prêtres qui dans ces momens de calamités ne sauraient sans opprobre abandonner leur poste-, pour tous ceux, enfin, que leurs obligations retiennent au milieu du danger ; pour ceux-là , il n’est aucun moyen certain de préservation. Mais il existe des précautions qu’ils ne doivent point négliger, parce que leur oubli serait une nouvelle condition de maladie. Ainsi ils observeront religieusement toutes les règles de l’hygiène. Us vivront sobrement ; ils s’abstiendront de liqueurs , de boissons excitantes, surtout dans les climats chauds, ils éviteront la fatigue, les veilles et les excès de tout genre. S’ils le peuvent, ils éviteront aussi les peines morales, et se tiendront en garde contre la peur, qui est souvent une des causes prédisposantes de l’affection. D’un autre côté , les autorités feront exécuter des mesures de police, de bon ordre, de propreté. On préviendra les encombremens 5 on disséminera les détenus dans les prisons , les malades dans les hôpitaux, les écoliers dans les collèges. Enfin on veillera avec sollicitude à l’exécution des lois, au maintien de la morale publique , et à l’observation des règles hygiéniques générales et particulières.
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EXPERIENCES A FAIRE DANS LE RUT DE RESOUDRE D UNE MA- NIERE DÉFINITIVE LA QUESTION DÉ LA CONTAGION ET DE LA NON-CONTAGION.
Si, malgré les réformes nombreuses quon peut lui faire subir, le système quaranténaire n’en présente pas moins de graves incoméniens, il faut enfin décider la question de la nature de la peste, a. 1. — Expériences à faire à ce sujet. Comment et dans quels lieux il tant opérer, a. 2, 5, 4, 5, 6, 7, 8. — Heureux résultats de ces épreuves, a. 9. — Obligation de les faire promptement, a. 10, 11.
1. Nous ayons démontré les vices, les défectuosités, les abus des mesures sanitaires ; nous avons dit quelles étaient les réformes à appliquer à ces mesures , dans l’intérêt de 1 humanité et du commerce, tout en nous appuyant sur les idées admises, sur l’hypothèse de la contagion.
Mais , malgré les modifications qu’on introduira dans les réglé* mens sanitaires et les lazarets, nous avons exposé les nombreux inconvéniens qui résulteront toujours de la croyance à la contagion, et des mesures auxquelles elle doit donner naissance. De 1 exposition de ces faits, nous avons conclu à la nécessité de faire des expériences, pour décider enfin s’il n’y aurait point lieu a donner la solution de ce grand problème , que nous ne prétendons pas
avoir résolu.
2. Les expériences, à notre avis, devraient être faites de la
manière suivante.
3. Des hommes spéciaux, pris dans differentes nations, seraient envoyés , les uns dans les pays où sévit la peste, les autres dans d’autres localités , où on leur fournirait les moyens d’expérimentation. Ces hommes, bien que travaillant dans un même but, devraient observer isolément; car les commissions présentent fréquemment des inconvéniens majeurs, et un homm. un peu in
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Huent fait souvent prévaloir et adopter son opinion, qui n’est pas toujours la meilleure ni la véritable.
4. Les observations recueillies isolément et les travaux de chacun viendraient aboutir à un conseil central, formé par les membres des différentes académies scientifiques.
Les expériences faites dans des contrées où sévit la peste ne sauraient être seules concluantes, attendu qu’il sera toujours impossible de distinguer clairement ce qui peut être le fait delà contagion , de l’infection ou des influences épidémiques ; mais elles auraient l’avantage de jeter de la lumière sur la nature d’une maladie qui est encore loin d’être connue.
5. D’un autre côté , d’autres épreuves plus concluantes seraient faites dans diverses localités , et dans les lazarets * car aucun lieu ne semble plus convenable que ceux-là pour ce genre d expérimentation.
On ne doit prétexter aucun danger à ce que les expériences se passent dans les lazarets. En prenant toutes les précautions convenables, la peste ne saurait franchir les barrières qu’on lui opposerait.
6. Cependant, si l’on rencontrait trop d’obstacles à faire ces expériences dans les lieux que nous indiquons, on pourrait choisir des localités isolées , par exemple de petites îles inhabitées, comme il en existe sur les côtes de la Méditerranée et de l’Océan , telles que le Château-d’if , à l’entrée du golfe de Marseille.
7. On procéderait aux épreuves comme l’a proposé M. Chervin , en faisant venir des pays pestiférés , et en temps de peste , des marchandises, des hardes récemment imprégnées de matières pestilentielles, et hermétiquement fermées dans des caisses en plomb. On y joindrait aussi du pus de bubon et de la sérosité des pustules charbonneuses, renfermés dans des bouteilles. On opérerait par le revêtement des effets, par finoculation, on ferait séjourner les individus choisis pour l’expérience au milieu des hardes, des marchandises soumises à faction préalable des exhalaisons pestilentielles. De la sorte, on obtiendrait des résultats pour les différentes formes de la contagion.
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8. Ces expériences doivent être faites sur beaucoup d individus. Quand le moment des travaux sera arrivé, on trouvera suffisamment d investigateurs qui viendront s offrir eux -mêmes comme sujet de ces épreuves.
Elles doivent être faites dans divers points de 1 Europe , sous différens climats , dans diverses saisons. Elles devraient l’être plusieurs années de suite.
9. Ces expérimentations ne peuvent manquer de produire des résultats incontestables *, et de quelque maniéré que la question soit résolue, sa solution sera d’un avantage immense. Car d aprês les résultats obtenus, ou Ton prendra des précautions plus efficaces contre l invasion du fléau, ou bien 1 on aboliia a jamais les institutions sanitaires.
10. Peut-être les gens à préjugés, les ennemis du progrès et les intéressés, éleveront leur voix contre cette pioposition. Icutêtre ils feront naître des craintes chimériques ; ils feront croire que la patrie est en danger, que le peuple menace de se soule\ei , que les administrateurs se retirent. Car on a fait déjà de pareilles objections. Mais on ne peut tenir compte de ces allégations ridicules. Les choses ne se passeraient point de la sorte, et le gouvernement réprimerait facilement les petites agitations que pourraient fomenter quelques séditieux.
11 . D autres encore feront entendre les grands mots de philanthropie dont on abuse tant , et diront que des hommes ne peuvent s’exposer au danger eux-mêmes et qu ils n ont point le dioit d y soumettre des condamnés. A ces gens nous répondrons : Y a-t-il moins d’humanité à laisser subsister sans fondement, sans raisons, les mesures barbares dont on use envers les pestiférés, et à souffrir plus long-temps les maux qui résultent de la croyance à la contagion? ou bien à faire quelques épreuves qui, nous 1 affirmons, ne compromettront personne?
Qu’ils n’allèguent donc plus, ces prétendus philanthropes, leurs stupides raisons -, ou qu’ils ne viennent plus se poser en amis, en défenseurs de l’humanité, quand ils en sont les ennemis
les plus cruels.