AVANT-PROPOS
Dans Tavant-propos d'un livre publié en 1864, avec ce titre : La liberté civile^ j'écrivais : « Ce livre n'a pas de cocarde ; il ne s'annonce pas comme un instrument de combat; il n'est ni pour ni contre le gouvernement d'hier ou le gouvernement d'aujourd'hui; il remue des problèmes indépendants des formes politiques, des idées qui dominent tous les gouvernements, qu'ils soient monarchiques ou républicains, aristocratiques ou démocratiques. »
Mes études sur les publicistes contemporains avaient pour objet le départ des droits de l'état et des droits de l'individu, la détermination de leurs limites respectives.
D'autres problèmes m'attirent aujourd'hui. Eux aussi, ils ont une grande importance sociale, j'ajoute beaucoup d'actualité, et cependant leur intérêt n'est pas subordonné aux formes gouvernementales.
Sans doute, le triomphe des solutions qu'ils réclament suppose, dans ma pensée, l'établissement et la sincérité d'un régime parlementaire, c'est-à-dire la prépondérance de la raison publique garantie.
Dans sa belle étude sur la constitution anglaise, W. Bagehot a pu écrire : « Si la royauté héréditaire était un élément indispensable du gouvernement