IV. — Forme maligne
On a désigné cette forme de la phthisie sous le nom de phthisie galopante, à cause de sa marche extrêmement rapide.
Les symptômes caractéristiques sont une fièvre très intense et une dyspnée extrême .
Le mouvement fébrile est souvent rémittent, mais sans apyrexie* complète; les exacerbations, qui ont lieu fréquemment, surtout le matin, ne cèdent pas au sulfate de quinine.
Le thorax est sonore dans toute son étendue; il est rempli de râles ronflants, sibilants et souscrépitants. On ne reconnaît aucun des signes pathognomoniques de la phthisie pulmonaire, et les malades, secoués par une toux sèche extrêmement fréquente, périssent quelquefois suffoqués avant que Tamaigrissement ait pu donner l'éveil sur la nature de la maladie; mais à Fautopsie on trouve le poumon complètement farci de tubercules miliaires, ce qui avait fait donner le nom de
1. Âpyrexie, de a privatif, et mç, feu, ou TtupeTo;, fièvre, signifie absence de fièvre.
36 ■ SYMPTOMATOLOGIE.
phthisie miliaire à cette forme si rapide de la maladie.
D'autres fois, la phthisie maligne s\iccompagne d'accidents typhoïdes.
Ainsi les malades accusent au début une céphalalgie intense; ils ont de Thébétude, du délire; les dents s'encroûtent de fuliginosités, la
langue se sèche.
La diarrhée survient, s'accompagnantde météorisme du ventre : on observe des soubresauts de tendons; on constate même diverses éruptions, notamment des pétéchies des sudamina.
Enfin ces malades présentent tout Taspect extérieur des typhoïdants, avec lesquels on pourrait les confondre; mais le diagnostic sera fixé par l'absence totale et constante des taches rosées lenticulaires et la très grande prédominance des symptômes thoraciques : toux et dyspnée.
La dyspnée devient excessive, et les malades, après n'avoir présenté à l'auscultation que des râles humides sous-crépitants, succombent quelquefois après deux ou trois septénaires, quelquesuns même périssent suffoqués dans les trois ou quatre premiers jours de la maladie.
1. Le mot pétéchie désigne des tacW rouges ou pourprées, qui se manifestent souvent sur la peau durant le cours des maladies les plus graves. Elles sont dues à un petit épanchement sanguin produit par la rupture des capillaires.