HISTOIRE ET TRADITION
Quatre noms ont illustré et résument aujourd'hui l'histoire de la phtisie. Laënnec dont les immortels travaux ont, il y a déjà soixante-cinq ans, établi nettement l'unicité de la maladie au milieu de ses formes les plus variées, et révélé sa nature intime, c'est-à-dire la spécificité au milieu du dédale des lésions vulgaires et complexes qui parfois la précèdent, l'accompagnent souvent, lui succèdent presque toujours, et l'enserrent pour ainsi dire de façon à la rendre méconnaissable; Villemin qui, par une expérimentation précise, persévérante, a démontré, en 1865, la virulence de la phtisie, sa transmissibilitépar l'inoculation, c'est-à-dire sa reproduction intégrale chez les animaux inoculés par ce virus. Le troisième nom, qui en apparence semble étranger à l'étude de la
SÉE, Phtisie. I. — t
2 LA PHTISIE BACILLAIRE
phtisie, c'est le nom de Pasteur. Sans ses merveilleuses découvertes de la vitalité des ferments, et surtout de l'origine parasitaire de certaines maladies essentiellement virulentes, la science n'aurail pas à revendiquer aujourd'hui la connaissance exacte du mode de développement de la plus grave el de la plus fréquente des maladies qui déciment l'espèce humaine. Mais le grand physiologiste qui depuis plus de vingt ans lutte pour une idée si féconde en résultats, ne possédait pas les moyens perfectionnés de démonstration qui, dans ces derniers temps, ont permis d'agrandir le domaine de l'observation, et. de reculer jusqu'aux extrêmes limites la notion des micro-organismes. C'est Koch, qui grâce à une technique nouvelle et rigoureuse a su, en 1882, discerner, décrire le parasite, c'est-à-dire le véritable agent de la tuberculose, de manière à conquérir rapidement la sanction générale ; en mettant en évidence ce parasite, ce bacille dans tous les tissus et dans certains produits de sécrétion des tuberculeuses, Koch a pour ainsi dire imposé au monde savant l'origine bacillaire de la phtisie.
§ 1. — Phtisie bacillaire dans ses rapports avec les traditions médicales
En présence de l'assentiment général qui a accueilli la découverte du bacille tuberculeux, c'est au clinicien à prouver (pie la médecine pratique se concilie facilement avec la médecine expérimentale, qui nous a révélé l'existence des parasites morbigènës. Déjà la science du diagnostic en a l'ail largement son profit, et nous avons contribué pour notre part à la démonstration des phtisies douteuses par l'examen microscopique des crachats; le bacille, dans les produits d'expectoration, est le témoin irrécusable et constant de la tuberculose, à toutes ses périodes, même dans ces débuis