‹ De la phtisie bacillaire des poumonsChapitre 3 sur 108 · HISTOIRE ET TRADITION · texte numérisé non relu

HISTOIRE ET TRADITION

insidieux qui déroutenl le médecin souvenl pendanl de longs mois d'incertitude; le bacille est donc an signe infaillible,

mais ce n'est pas tout.

Il est en outre le fauteur avère" de la phtisie et l'agent destructeur des organes atteinls par le parasite; c'est doncla cause et la signature indélébile du mal. On est par cela même en droit de définir la phtisie par le bacille, qui la produit et la caractérise.

Si c'est là une innovation hardie, elle découle du moins logiquement des faits désormais acquis à la science, et dont l'ensemble permet d'ores et déjà de concevoir, peut-être même d'édilier la théorie des maladies dites infectieuses, virulentes ou spécifiques. Les états morbides de nature spécifique avaient depuis longtemps leur place marquée dans la nosographie; on leur assignait comme caractère leur transmissibilité, leur contagiosité, ce qui a fait admettre jusqu'à ce jour un contage, c'est-à-dire un principe insaisissable, invisible; à la place d'un mot on a aujourd'hui le corps du délit; c'est plus qu'un progrès, c'est la vérité prise sur le fait; la spécificité vaguement établie, longtemps mise en discussion, repose maintenant sur des preuves qu'on peut appeler vivantes.

On dira sans doute que nous marchons ainsi vers une révolution qui entraînera la clinique, la thérapeutique, et à plus forte raison tous les systèmes de la médecine ; or la médecine ne court pas ce danger, et la révolution n'effraie pas le vieux clinicien, qui loin de voir la tradition compromise par le parasitisme morbigène, la trouve au contraire consolidée sur des bases nouvelles. La doctrine si souvent ébranlée de la force vitale rnédicatrice, puis du vitalisme plus moderne, après avoir subi, par suite de discussions byzantines, une éclipse complète, reparait aujourd'hui sou> une forme nouvelle, et avec la consécration scientifique. Les

i LA PHTISIE BACILLAIRE

maladies abandonnées jusqu'ici au fatalisme de l'analomie morbide, soumises aux principes d'une chimie envahissante, parce qu'elle est merveilleusement progressive, les maladies reprendront leur rang dans les lois normales de l'organisme, qui sera le théâtre de la lutte entre la vie de l'homme et celle de ce monde parasitaire, notre ennemi héréditaire; l'histoire biologique des ferments et Ar^ microbes morbifères constituera la doctrine moderne, le vitalisme expérimental.

DÉFINITIONS DE LA PHTISIE TUBEUCl'LOBACILLAIUE

Il y a plusieurs manières de définir la phtisie; une seule est vraie et utile; on l'a définie par ses caractères anatomiques apparents, par l'histologie du tubercule; or c'est la cause qui lui donne naissance, c'est l'élément étiologique, en un mot l'origine bacillaire qui, seule, doit nous servir de guide et de délimitation.

s -. — I»' tin ii ion» anatomiques

Gomme Laènnec l'a nettement établi, la tuberculose revêt diverses formes, qui relèvent toutes d'une même et unique lésion; la granulation miliaire qui se trouve dans le poumon des phtisiques, le tubercule jaune ou gris qui succède à la granulation, la niasse infiltrée grise ou jaune qui résulte de la fusion des tubercules, enfin l'état caséiforme et le ramollissement qui constituent l'évolution inéluctable, la destruction des produits morbides discrets ou confluents, toutes ces lésions sont, avec des aspects et des phases variés, du même ordre, du même genre; c'est la tuberculose même.

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