‹ De la phtisie bacillaire des poumonsChapitre 36 sur 108 · DES PHTISIES DOUTEUSES \ L'AUSCULTATION · texte numérisé non relu

DES PHTISIES DOUTEUSES \ L'AUSCULTATION

préciser en quoi consiste le murmure vésiculaire, et commenl il se produit. Eu auscultant un poumon s;iin, on entend sur tous les points du thorax, un bruit spécial, qu'on peul miter en serrantles lèvres, et en attirant l'air dans la bouche avec quelque force, ou bien encore en prononçant à ce moment les consonnes b, y, f; c'est, ce qu'on appelle le murmure vésiculaire. En général on né le perçoit que pendant l'inspiration; lors de l'expiration il se produit un bruit respiratoire indéterminé ou légèrement souillant, de manière à se rapprocher de ce que nous étudierons sous le nom de respiration bronchique.

a. Mécanisme physique du murmure vésiculaire. Théorie du frottement. — Laënnec, en découvrant l'auscultation, décrivit si exactement le murmure respiratoire qu'il sembla du premier coup en avoir compris et formulé le mode de production. 11 attribuait le phénomène au frottement du courant d'air inspiré contre la paroi des bronebes terminales et des infundibula; on l'appelait alors vésiculaire, parce qu'on le supposait produit dans les alvéoles, qu'on appelait cellules ou vésicules. Skoda, Wintrich se rallièrent à cette manière de voir, qui cependant n'est pas prouvée expérimentalement. Loin de là, le frottement d'une colonne d'air contre la paroi interne des voies aériennes est tout simplement une impossibilité physique. L'air atmosphérique ou un gaz quelconque venant à passer par un tube (soit le tuyau bronchique), si on suppose que cet air mis en mouvement se décompose en une série de couches concentriques, on peut s'assurer de ce l'ail, que c'est précisément la couche la plus excentrique qui est au repos ; la couche qui est immédiatement en contact avec la paroi interne du tube, ne subit presque pas de déplacement par suite de la forte adhérence qui s'établit entre l'air et le tuyau; au contraire, les couches plus internes se pressent pour progresser, et avec d'autant plus de

186 LA PHTISIE BACILLAIRE

rapidité, qu'elles se rapprochent plus du centre du tube.

Ii. Théorie du remous. — Lors du passage de gaz dans un tuyau, il ne se développe de bruit que dans deux conditions, à -avoir: 1° Lorsque le courant s'accélère outre mesure; 2° ou bien lorsque la lumière du vaisseau subit en un point quelconque un rétrécissement ou une dilatation subite. Mais mémo dans ces deux conditions il ne se produit pas encore un frottement perceptible à l'audition entre la paroi du tube et le gaz ; ce qui détermine alors le bruit, c'est le remous du gaz. Les circonstances indiquées contribuent à rendre le courant gazeux irrégulier au point de produire un tourbillon aérien, ce qui, en acoustique, est le point de départ d'un véritable bruit (Eichhorst). La rapidité du courant ne suffit pas, à elle seule, pour produire le phénomène; il faudrait d'après Halbertma une vitesse de H00 millimètres en une seconde; or dans les bronches de gros calibre il est à peine de 700 millimètres par seconde; dans les petites bronches et dans les alvéoles il est bien plus lent; il en résulte la nécessité absolue du trouble aérien provoqué par une région rétrécie ; la respiration vésiculaire n'est donc qu'un bruit de rétrécissement.

c. Originedumunnurevésiculaire. — Il s'agit de savoiroù est ce point rétréci, et d'où part le bruit. Ce n'est pas dans les bronches, car, quand même elles se divisent et se rétrécissent vers la périphérie, ce rétrécissement a lieu d'une manière graduelle; ce sont des tuyaux qui se comportent comme s'ils étaient d'un calibre uniforme. Le rétrécissement n'a lieu subitement que dans deux points des voies respiratoires : à l'entrée des infundibula, et, d'une autre part, en deçà du larynx, dans la région des cordes vocales vraies.

Or les infundibula sont trop petits pour devenir le siège d'un remous susceptible d'être entendu. Baas a expérimenté les tubes du plus petit calibre sans résultats. Restent donc

Page 1