‹ De la phtisie bacillaire des poumonsChapitre 4 sur 108 · DÉFINITIONS DE LA PHTISIE TUBERCUL0BACILLA1RE · texte numérisé non relu

DÉFINITIONS DE LA PHTISIE TUBERCUL0BACILLA1RE

Or chacune de ces formes a été successivement discutée ou niée. Il fallait faire appel aux progrès de L'histologie pour trancher ces questions sans cesse renaissantes.

Les procédés inflexibles de l'anatomie microscopique semblaient devoir imprimer à la définition que j'appelle descriptive un cachet de certitude, que personne encore n'ose contester; mais l'histoire en main, on peut prouver que, malgré les indéniables progrès accomplis pendant le dernier quart de siècle par la microscopie et sa technique sans i perfectionnée, il est encore impossible d'assigner au tubereule des caractères de précision tels qu'ils puissent servir à les différencier des autres produits pathologiques. — N'avonsnous pas entendu un de nos histologues les plus éminents,le professeur Cornil, avouer publiquement l'inanité des distinctions établies et constater l'analogie pour ainsi dire complète entre le tubercule, le syphilome et le produit de la morve. Or une pareille confusion ne saurait exister sans faire courir à la médecine le risque d'un effondrement scientifique. La tuberculose, la syphilis, la morve constituent des individualités indéniables et parfaitement définies.

§ 3. — DéGnition histologiqne

Mais dès l'instant que l'anatomie est impuissante à dégager le problème, c'est qu'il existe un autre critérium ou une autre base de justification. — C'est la clinique, dit-on, qui seule peut mettre fin à toute discussion; ce principe semble rallier tous les suffrages, et une sorte de soulagement s'ensuit pour tous les esprits anxieux de la vérité. — he quels éléments se compose donc la clinique0 L'anatomie pathologique dont l'impuissance est désormais reconnue? La phénomalité qui est bien autrement vague, et bien plus vulgaire que l'état anatomique ; enfin ce qu'on appelle l'étio-

logie ou l'étude des causes; c'est là que le clinicien doit puiser désormais la notion fondamentale de la maladie.

Sans doute l'étiologie n'est pas ce chapitre banal, qui sous le fallacieux prétexte des causes, énumère avec complaisance l'âge, la constitution, le sexe, la taille, le tempérament des individus qui, dans la rare humaine, sont sujets à contracter telle affection morbide ou telle infirmité; après avoir annoncé avec solennité que sur cent tuberculeux, il y a cinquante-deux hommes et quarante-huit femmes, ayant tous l'âge de cinq à soixante-dix ans, doués d'un tempérament irritable nu lymphatique et la plupart sans tempérament, on n'a pas sérieusement avancé l'étude des causes ; cette énumération de> sujets prétubereuleuxou phtisiques se continue en général par une série non moins puérile de considérations météorologiques, cosmiques sur la fréquence de la maladie dans les vallées ou sur les montagnes, les contrées chaudes ou froides, et tout semble dit, lorsque pour compléter l'article des causes antérieures, on affirme résolument <pie la cause ((('terminante est une impression de froid ou de chaud. — Ce n'est pas là l'étiologie; c'est plutôt un bulletin de statistique administrative.

La véritable étude de la cause morbide a commencé le jour où on a reconnu la spécificité sous une forme quelconque; que ce soit un poison solide et soluble, liquide ougazeux, quecesoit unvirus ou un parasite, un microbe en un mot, la maladie est constituée étiologiquement, c'est-àdire dans son essence et son individualité. — Que le produit anatomique soit alors similaire au produit voisin, peu importe; que la séméiologie ressemble à toutes les autres, il faut pour constituer la maladie un facteur, qui domine la série tout entière des lésions et des symptômes. — Lorsque h- premier terme du problème vient à manquer, force est de s'en tenir à la détermination de l'état de structure ou

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même à la délimitation du trouble" fonctionnel, qui peut constituer toute l'affection morbide.

Dans la tuberculose, l'élément étiologique est désormais défini rigoureusement; e'est le parasite-bacillaire, c'est lui qui produit la lésion tuberculeuse, par conséquent aus>i le trouble fonctionnel qui s'ensuit; c'est contre lui que seront dirigés les soins propbylactiques de L'individu menacé, les soins curatifs de l'individu frappé.

Définition étiologique vraie de la phtisie bacillaire. — La phtisie est donc bacillaire; il n'en est pas d'autre; c'est au résumé une maladie virulente, due à un micro-organisme spécial, spécifique, toujours inoculable aux animaux, transmissible de l'homme malade à l'homme sain par voie de contagion directe, bien plus souvent propagée par voie d'bérédité, très fréquemment localisée dans un seul organe, et pouvant ainsi se guérir sans compromettre le reste de l'organisme. — Le bacille, au contraire, tant qu'il vit, ou tant qu'il envahit toute l'économie, tant qu'il s'y multiplie, constitua le danger; il continuera ses ravages.

§ 4. — Plan d'études

lrc partie. Etude biologique des micro-organismes. — Si c'est le bacille qui produit la maladie, nous aurons avant tout à savoir ce que sont les microphytes en général, et surtout leurs propriétés vitales; l'étude biologique de ces organismes constituera la première partie de notre travail.

2e partie. Etude biologique des bacilles. — Quand nous posséderons ces notions générales, nous recherclierons les caractères distinctifs, les conditions vitales, l'action morbi- .-■'•ii»' de l'origine des bacilles; la deuxième partie comprendra cette étude biologique du bacille tuberculeux.

3" partie. Élude anatomique des lésions bacillaires. — La

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