PHTISIES DOUTEUSES RÉVÉLÉES PAR LA PRÉSENCE DES BACILLES
Toutes les phtisies latentes que nous venons de décrire, phti>ies hémoptoïques, sèches, catarrhales, phtisie sans auscultation ni percussion certaine, ne cessent d'être obscures, c'est-à-dire ne se révèlent que par un seul moyen, c'est l'examen microscopique des crachats, c'est la constatation des bacilles dans l'expectoration.
Il ne s'agit pas ici de refaire la vérification de la loi de Koch, c'est-à-dire de montrer une fois déplus la nature parasitaire de la maladie, par le corps du délit trouvé dans l'expectoration. La question que nous soulevons et que nous avons posée le 4 décembre 1883, se rapporte à tous les diagnostics douteux, impossibles en présence des données scientifiques traditionnelles; nous préconisons une méthode qui ne se contente pas du modeste rôle de compléter le diagnostic établi, ce qui n'est rien, mais qui permet d'établir le diagnostic d'une manière immédiate, ce qui est toute la préoccupation du médecin, tout l'avenir du malade.
198 i.a phtisie bacillaire
En cherchant les applications de cette analyse inlime à la science du diagnostic, nous sommes arrivés à admettre trois catégories de phtisies, difficiles ou impossibles à reconnaître :
1° Phtisies latentes. — Une première catégorie d'un intérêt majeur comprend les cas de phtisie qui ne se traduisent que par la pâleur et L'amaigrissement fébrile, ou bien par des troubles respiratoires fonctionnels, à savoir la tou\ sèche ou catarrhale, L'hémoptysie avec ou sans lièvre, sans aucun signe physique ayant quelque valeur diagnostique, l'auscultation et la percussion ne fournissant que des données vulgaires et négatives. Ce sont les phtisies latentes, qu'on parvient souvent à reconnaître par l'examen des crachats, soit qu'il s'agisse d'une hémoptysie de cause inconnue, soit qu'on ait affaire à une toux persistante, soit enfin qu'en présence d'un mouvement fébrile considérable avec dépérissement, on ait à se prononcer entre une phtisie miliaire et une lièvre typhoïde.
^."Phtisies larvées ou anormales. — Dans un certain nombre de cas, la phtisie est masquée par une autre maladie ; elle débute pour ainsi dire avec fracas, en prenant le masque et la forme d'une maladie aiguë des organes respiratoires; on croit à une pneumonie lobaire, à une bronchite aiguë, à une laryngite accidentelle, à une pleurésie simple; l'erreur est pour ainsi dire inévitable, sans le secours de l'examen microscopique des crachats.
3° Pseudo-phtisie. — Une troisième et dernière classe de diagnostics incertains comprend des lésions dont la séméiologie achevée, complète, paraît se rapporter à la phtisie la plus avancée, massive ou ulcéro-caverneuse, mais qui appartient tout aussi bien à des tumeurs, à des néoplasmes d'une autre nature, à des cavités ulcéreuses d'un autre genre; je veux parler des gommes syphilitiques ramollies ou non, des dilatations bronchiques, qui ont une phénoménalité des plus