PHTISIES RÉVÉLÉES PAU \\ PRÉSENCE DES BACILLES IW
analogues à celle il»1 la phtisie tuberculeuse; il faul y joindre les catarrhes chroniques, l'asthme avec l'emphysème. Ici encore la présence ou l'absence «les bacilles peul être du secours le plus efficace.
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Voici des exemples de phtisies latentes de toute espèce, reconnues au microscope.
I. Forme fébrile. — Observation n° I. — .J'ai vu à ma consultation au mois de février un jeune homme qui ne présentait que de la fièvre et du dépérissement, il toussait à peine; quelques râles douteux à l'auscultation. Au bout de quelques jours seulement, il put me procurer deux crachats; ils contenaient de nombreux bacilles, et la maladie en effet suivit une marche aiguë qui n'est que trop caractéristique aujourd'hui (i'v avril).
Voici maintenant des exemples relatifs à des troubles fonctionnels du poumon.
II. Phtisie a forme de catarrhe sec. — Il est des malades qui n'ont d'autre trouble fonctionnel qu'une toux quinteuse, avec une expectoration rare, incomplètementformée, avec ou sans fièvre et sans aucune modification du murmure respiratoire, ni de la sonorité du thorax.
Dansées cas on ne peut émettre que des hypothèses ; si toutefois l'expectoration prend le caractère muco-purulent, ou plutôt, si elle commence à contenir quelques fragments opaques, formés par conséquent par la sécrétion folliculeuse, on peul y trouver le bacille.
Objections.. — On a dit que les crachats caraetéristiquesne peinent pas se manifester avant ou sans qu'il y ait ramollissemenl caséeux des tubercules et communication de l'ulcère avec les bronches; cependant, si Ton consulte les travaux des histologistes, il est facile d'abord de s'assurer
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de la présence du bacille dans les divers éléments du tubercule crû et non ulcéré, Le tubercule comprend trois éléments, à savoir une zone composée de cellules embryonnaires; en second lieu, d'éléments analogues à l'épithélium : ce sont
les cellules épithélioïdes ; eu troisième lieu, des cellules appelées géantes, qui sont pour ainsi dire constantes, sans toutefois être caractéristiques, et se rencontrent principalement au centre du nodule tuberculeux, lequel est d'ailleurs remarquable par Vabsence de vascularité.
Or le bacille se trouve dans tous ces éléments, principalement dans les cellules géantes, et cela dès que le nodule est constitué ; comme ce tubercule est ordinairement bronchique et péribronchique, il se peut très bien que le parasite se trouve dans l'infundibulum des alvéoles ou pénètre dans la cavité de la bronchiole, et se mêle aux mucosités qui se trouvent sécrétées dès le début de la maladie. Il n'est donc pas nécessaire que le processus morbide soit développé jusqu'au ramollissement caséiforme, etjusqu'à la destruction réelle de la muqueuse bronchique, pour que le bacille apparaisse dans la cavité bronchique, et puisse être expulséàvec ou par les crachats.
En voici les preuves :
Observation n° 2. — Bronchite aiguë grippale (i Saint-Christophe) datant de trois semaines et caractérisée par des râles muqueux, disséminas, exactement comme dans la grippe; on constata, dès le début, la présence des bacilles dans les crachats : quinze jours après, on trouva des craquements humides au sommet du poumon droit.
Observation \\° 3. — Bronchite subaiguë ( 1 Saint-Joseph) chez un alcoolique et tabagique. Râles sous-muqueux disséminés, sans aucune localisation aux sommets, sans fièvre, sans amaigrissement. On devait croire à un catarrhe simple; on examen répété des crachats montra les bacilles.
Observation de Lichteim, relative à une tuberculose reconnue au bout de quinze jours.
Observation de Celli et Guarini. — A la clinique do Home, la maladie fut reconnue chez des malades qui n'avaient que de la toux.
PHTISIES RÉVÉLÉES PAR l.\ PRÉSENCE DES BAI ILLES -J »l
III. Phtisie hémoploïque. — L'hémoptysie peut ouvrir la série des accidents tuberculeux, sans qu'on puisse acquérir, pendanl un temps souvent bien long, des notions certaines sur la nature et l'origine de ces hémorrhagies.
Origine. — Lorsqu'elles surviennent dans l'étal de santé (je fais abstraction, par conséquent, des maladies du cœur, surtout du rétrécissemenl mitral, des anévrysmes de l'aorte, qu'on distingue facilement), elles reconnaissent dans la grande majorité des cas, la tuberculose (loi de Louis et Grisolle); chez les femmes elles sont souvent dues au déplacement des règles, ou même à de simples troubles nerveux; riiez l'homme, il faut craindre la tuberculose.
Phtisie hémoptoïque à longue échéance. — Il est <\r< hémoptoïques qui ont été pendanl dix, vingl el souvent quarante ans sans éprouver le moindre accident ultérieur; ces faits prouvent simplement la curabilité de la phtisie. Mais défions nous; l'avenir est incertain. J'ai vu un malade qui est devenu phtisique vingt-quatre ans après une hémoptysie.
Phtisie hémoptoïque à marche rapide. — Souvent l'intervalle est rapidement franchi entre le premier avertissement hémorrhagique et la maladie. Dans ces cas on a supposé que la pbtisie provenait de l'irritation provoquée par le sang extra vase ; que ce sang serait la cause d'une pneumonie oui deviendrait tuberculeuse, c'est ce qu'on appelle la phtisie ab hémoptoë; mais cette idée, depuis les recherches de Perl et Lipp, de Sommerbrodt, sur l'innocuité du sang dans les broncbes,est abandonnée de même que la supposition d'une phtisie inflammatoire.
Phtisie hémoptoïque à marche régulière. — Dans la plupart des cas, la pbtisie se développe lentement après les hémorrhagies; mais dans certains cason pourrait croire qu'elle an rive rapidement au ramollissement tuberculeux; on
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entend en effet souvent, pendant et à la suite des hémoptysies, des râles bronchiques au sommel du poumon ; il s'agit simplement des râles provoqués j > ; » i • le liquide sanguin, extravasé dans les bronchioles du lobe supérieur, où la tuberculose débute ordinairement.
Diagnostic par les bacilles. — Dans ces cas, le diagnostic l'esté forcément incertain, douteux, pendant un temps plus ou moins long. Les hémoptysies étant enrayées, le malade n'éprouve rien et ne présente aucun signe physique susceptible d'éclairer l'opinion du médecin. C'est alors que l'examen des crachats permet de résoudre une question, qui, sanscela, resterait insoluble pendant des semaines, des mois, souvent des années. Voici d'abord un cas de vérification presque immédiate.
Observation n° i. — Au n° 12 de la salle Sainte-Jeanne se trouve une jeune fille qui n'est malade que depuis une semaine; elle éprouva alors une hémoptysie intense, prit la lièvre, commença à tousser el, à son arrivée à l'hôpital, présentait déjà les râles sous-crépitants, mais donl l'origine pouvait être attribuée au simple catarrhe du poumon ou à l'extravasation du sang dans les bronches; mais la certitude ne fut obtenue qu'après l'examen histologique des crachats, qui contenaient, de prime abord, des bacilles en grand nombre. — Aujourd'hui, après un mois à peine de maladie, on trouve les signes de l'excavation tuberculeuse.
Ce fait démontre clairement que l'examen des crachais permet de reconnaître l'espèce d'hémorragie, de prime abord.
Observation n° 5. — Un jeune homme est pris d'un crachement de sang très considérable; puis il se remet. Cinq semaines après, je constatai les bacilles, bien qu'il n'y eût à l'auscultation que quelques râles fugaces et disséminés.
Observation n° 6. — Analogie à la précédente. 11 s'agit d'un homme de quarante ans. qui eut trois hémoptysies en six semaines; pas de signes d'auscultation; de la toux avec crachats bacillaires.
Oscrvation de Hitler. — Dans deux cas sur trois d'hémoptysie initiale primitive, chez des individus sains, Hitler a reconnu quelques rares microbes dans les crachats sanguino-purulents, et pour se convaincre de leur nature tuberculeuse, il les a inoculés avec succès.
Observatious diverses. — Je trouve une observation analogue dans le mémoire de Cramer, une autre (observation 2) dans le travail de Strauss et Cochez el une autre dans la thèse de M. Haguenj (de Nancj .
Observation négative. — Voici maintenanl une observation en sens inverse. In bomme <lc quarante ans crache le sang depuis deux ans; l'examen négatif des crachats me démontra qu'il ne s'agissait pas de la tuberculose. Je finis après des examens répétés par constater une lésion mitrale, qui était la cause de ces bémoptysies.
On peut donc, dans les hémoptysies à longue ou courte échéance, reconnaître le bacille, c'e si -à-dire la nature de la maladie; c'est là que sera le triomphe de la médecine préventive ou des traitements immédiats.