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I. Démonstration de leur pouvoir nécrophy tique. — Les

agents chimiques sont les seuls moyens d'atteindre les parasites dans l'organisme vivant ; leurs effets ne deviennent manifestes, c'est-à-dire délétères pourles microbes, qu'à des doses assez élevées? surtout comparativement à celles qui sont nécessaires pour se préserver ; en d'autres termes la dose des antivirulents, ou ce que j'appellerai les nécrophytiques, dé passe celle des désinfectants, qui sont destinés à purifier l'air.

On peut essayer leur puissance antivirulente ou désinfectante eu opérant sur les liquides de culture stérilisés, ainsi desbouillons gélatineux ou d'extraits de viande, ou du sérum, dépouillés par le chauffage, par la ouate ou par une fermeture hermétique de tout agent infectieux, vulgaire. Koch calcule combien de jours il faut aux diverses substances à l'essai, pour annihiler les bactéries du charbon.

Buchhoh cultive les parasites et détermine la quantité de désinfeclanl nécessaire pour empêcher leur développement.

Miquet dresse un tableau, des substances aseptiques, d'après la quantité graduellement croissante, qui est néiire pour s'opposer à la putréfaction d'un litre de bouilli >n neutralisé.

Malgré la divergence de ces procédés, ces divers expérimentateurs sont arrivés à peu près aux mêmes résultats. Voici l'énumération des substances qui sont applicables à l'homme.

GUÉRISON KT THÉRAPEUTIQUE tt1

I. Sels de mercure. Sublimé. Biiodure. — Les sels de mercure, surtout le sublimé et le biiodure onl une incontestabb supériorité. Kochdit qu'une solution de sublimé au 300,00 » suffît pour tuer les bactéries <'n un jour. Buchholz parle de l 20000 pour empêcher la pullulation des parasites. Miquel assigne au bichlorure la dose de 5 centigrammes par litre pour empêcher la putréfaction. Il y a plu?, dans ses récentes expériences il reconnaît au biiodure de mercure une action encore plus puissante, puisque 25 milligrammes suffisent pour atteindre ce but, ce qui ne doit pas surprendre, cai l'action de ce sel comprend celle de deux plus puissants nécrophytiques, le mercure et l'iode.

1 bis. Du sublimé en injections sous-cutanées comme moyen nécrophytique. — Ailler traita ainsi 44 malades ; 19 malades seulement purent supporter 40 injections de 0'r,4 à Or,5 de sublimé, 5 succombèrent; chez 2, pas de modification, chez 12, il y eut une amélioration; il s'agissait de phtisiques au début, l'état général qui était passable devint satisfaisant et les râles résonnants diminuèrent.

L'examen des bacilles de l'expectoration présentait un grand intérêt; or chez aucun malade ils ne disparurent, et ne subirent même aucune diminution, ce qui, du reste, n'a pas d'importance, parce que le nombre des crachats n'a au- « une valeur pronostique.

En général, le mercure détermina de la salivation, de la diarrhée, de l'anémie, de la prostration; chez ceux qui supportèrent le remède, l'amendement des symptômes n'eut aucune durée.

C'est donc au résumé un médicament à effacer de la 'lasse des remèdes nécrophytiques dans le traitement de la phtisie.

Du sublimé en injections directes clans le poumon. — I . encore Ailler qui essaya trois fois les injections parenchyma-

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leuses à la dose de 2 centigrammes en soin lion; chez 3 malades on fut obligé de supprimer le traitement.

Remarques. — On est surpris de l'insuccès des mercuriaux dans le traitement de la phtisie, en présence des merveilleux résultats obtenus par la chirurgie et l'obstétrique, et récemment en oculistiquc dans le traitement préventif et affectif de l'ophtalmie des nouveau-nés. On connaît surtout les services rendus par Tarnier; depuis deux ans il a substitué à l'acide phéniquel'emploi du sublimé au4/200° qui n'aprésenté jusqu'ici d'autres inconvénients que de produire des irritations de la peau; il a sauvé ainsi des milliers de femmes du danger de la puerpéralité. En chirurgie la même pratique tend à s'introduire; et si on a signalédesaecidents toxiques, c'est sans doute par suite de la dose excessive et de l'absorption énorme qui se fait à la surface de la plaie. Pourquoi la médecine interne ne réussit-elle pas à acclimater cette méthode si précieuse ailleurs comme elle n'a pas encore profilé de certains antiseptiques éprouvés.

2. Eau oxygénée. Permanganate de potasse. — Je ne parle pas de l'eau oxygénée, qui est cependant très antiseptique (P. Bert), ni du permanganate dépotasse, qui agit à 1/2000' (Jalan de la Croix); ils ne sont pas praticables jusqu'ici. Nous signalerons l'iode, l'arsenic, les acides aromatiques, les alcools, les térébenthines, l'oxygène et l'ozone qui méritent d'être pris en considération, parce qu'ils remplissent plusieurs des conditions indiquées.

3. Iode. Iodo forme. Iodures. — Un chapitre spécial est réservé aux iodiques ; ce sont de véritables néerophytiques, qu'il est d'ailleurs facile de manier; 25 centigrammes à 60 centigrammes d'iodoforme suffisent d'après Miquel pour dépurer un litre de bouillon bactérifère, tandis qu'il faut 140 grammes d'iodure de potassium.

A. Arsenic. Acide arsénieux. Arsénites. — L'acide arsénieux

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el les arsénites présentent un pouvoir antiseptique bien moindre que l'iode et L'iodoforme;ilfautde6à9grammesde es substances pour agir efficacement; mais leur utilité dans le traitement de la phtisie n'en est pas moins incontestable el tient à d'autres circonstances.

5. Acides aromatiques. — Les acides aromatiques, l'acide salicylique et les salicylates agissent plus faiblement que l'iode; leurs sels sont moins actifs que les acides eux-mêmes. Parmi ces composés aromatiques, nous citerons l'acide salicylique, qui agit à 1 gr., 10 (d'après Miquel, il faut 40 fois plus de salicylate); Y acide benzoïque, qui opère à 2 grammes pour 1000, le benzoate de soude qui est efficace à 1/2000, d'après Buchholz ; l'acide phénique, qui ne commence son action qu'à la dose de 3 gr., 20 sur un litre de bouillon de culture.

6. Alcools. — Citons ensuite l'alcool amyliquequi est bien moins antiseptique; 14 grammes sont nécessaires pour agir sur un litre de bouillon neutralisé; la glycérine est encore moins active.

7. Ozone. Térébenthine. Créosote. — L'ozone n'est pas plus facile à manier que l'eau oxygénée, mais son efficacité est certaine. On a attribué à la térébenthine et à la créosote des actions antiputrides en raison de l'ozone qu'elles contienaent.

II. Différences d'action des nécrophytiques sur les divers microphytes. — Des substances chimiques qui servent de nourriture à une espèce peuvent être toxiques pour une autre; ainsi une solution d'arséniate de potasse fait végéter une espèce et devient un poison pour un parasite d'un ordre supérieur. Dans les solutions de quinine au l/20e se développent des colonies de microbes et de moisissures, tandis que des solutions plus faibles suffisent pour désinfecter des liquides contenant d'autres microbes.

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Une question se pose à ce sujet : les espèces morbigènes sont-elles fixes ou peuvent-elles se combiner et créer des variétés? Certainement des maladies nouvelles ont surgi, et d'autres se sont éteintes ; les pestes du moyen âge ont disparu ; la diphthérie, la fièvre récurrente sontde date récente; mais en réalité cette famille funeste des microbes date de loin el reste à peu près immuable et immutable; ce sont de vraies espèces qui se reproduisent indéfiniment par la culture, dont la morphologie peut se rapprocher, mais dont l'action niorbigène vitale diffère totalement. C'est pourquoi tout antiseptique ne jouit pas de propriété nécrophytique spécifique.

§ 131. — Des médicaments nécropliy tiques inhalés

Dès que le bacille fut découvert, on se mit à le poursuivie directement à l'aide de substances volatiles réputées antiparasitaires, que l'on expédiait sur le locusminorisresistcntiœ. Voyons d'abord les procédés d'attaque.

Les médicaments peuvent être à l'état de particules solides, à l'état liquide, ou sous forme de vapeur ou de gaz.

I. Les substances solides, lorsqu'elles sont solubles, se comportent dans les organes respiratoires, comme les liquides, en se dissolvant dans le mucus laryngo-bronchique; lorsqu'elles sont insolubles, elles sont en partie expectorées, et en partie fixées dans les épithéliums broncho-alvéolaires. On sait en effet que les substances pulvérulentes, comme le charbon (Traube), ou les métaux (Zenker), ou bien encore les produits végétaux comme le coton, ou bien enfin les poussières animales comme la laine, pénétrent profondément dans les épithéliumsdes alvéoles, dansle tissu interstitiel des poumons, dans les lymphatiques et de là dans le parenchyme pleuropulmonaire, où elles forment des lésions graves, des inflammations chroniques, caséiformes, ulcératives, absolument

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analogues à celles dr la tuberculose; c'est ce qui ressort des recherches de Lôwe, Brokman, Christison, Lewin, 11ht, Villaret, etc.

Il est bien difficile d'introduire les corps pulvérulents insolubles dans les voies respiratoires; c'est tout au plus si on pourrait se servir de l'iode métallique, parmi les médicaments antibacillaires. La plupart du temps, ils s'arrêtenl avanl d'arriver au lieu de destination, c'est-à-dire à l'extrémité supérieure des bronches; il faut en tous les cas qu'ils soient entraînés par un courant d'air.

[I. Inhalations de vapeurs. — Divers agents anti-infectieux ont été essayés sous la forme d'inhalation par Fraentzel, en collaboration avec Koch et Gaffky. L'expérience a porté sur les médicaments qui in vitro s'opposent au développement ultérieur des cultures de bacille, et par conséquent à la multiplication, ainsi qu'au fonctionnement des parasites.

On a choisi naturellement ceux qui peuvent se mêler à l'air sous forme de vapeurs, et pénétrer dans un appareil respiratoire, dans lequel le malade puise l'air médicamenteux. Cet appareil consistait en une boîte en fer blanc, facile à aérer et tapissée d'une couche de papier recouvert par le médicament. Le> malades respiraient ainsi jusqu'à onze ou douze heures par jour.

Choix des vapeurs. — On a essayé sur 27 malades les vapeurs de mercure, V acide phénique, sans obtenir le moindre effet. La créosote elle-même lut inefficace sous cette forme, tandis qu'elle présente des avantages réels sous la forme de médicament interne.

III. Inhalations de médicaments gazé i formes. — D'autres procédés ont été employés par Hiller, entre autres l'inhalation de gaz ou de vapeurs très finement divisés; sous une forme plus grossière il ne pénètre point de vapeurs dans le parenchyme pulmonaire; la muqueuse du pharynx, du larynx, de

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la trachée cl des grosses bronches les arrête au passage ou les expulse par la toux. Or il n'y a que peu de gaz antiseptiques susceptibles d'être inhalés sans danger; le chlore, le brome, l'acide sulfureux, l'hydrogène sulfuré, irritent la muqueuse respiratoire ou deviennent toxiques, s'ils ne sont pas mêlés à une grande quantité d'air, et dans ce dernier cas leur action sur les bacilles est impossible; c'est tout au plus s'il atteindront les parois des cavernes.

Résultats thérapeutiques. — Ilillcr employa isolément ou successivement sur le même malade 4° le sublimé, 2° l'iodoforme,3°le brome, 4° l'alcool éthylique, 5° le méthylalcool, 6° le gaz hydrogène sulfuré, 7° l'acide arsônieux, 8° l'acide borique, 9° le salicylate de soude. Les effets furent absolument nuls. On ne réussit ni à enrayer le processus tuberculeux, ni à faire disparaître les bacilles des crachats; les essais avaient été pratiqués sur 81 malades de la Clinique de Leyden.

IV. Respiration de gaznaturels,absorptionpar les vaisseaux pulmonaires. — Les gaz proprement, dits s'introduisent sans aucune préparation, comme l'air, dans les voies respiratoires; ils y sont absorbés, et cette absorption se fait, moins par la muqueuse respiratoire, que par V immense réseau capillaire, qui couvre les poumons. L'oxygène pur ou actif, l'azote, l'acide carbonique et l'hydrogène sulfuré pénètrent facilement par la respiration ; nous étudierons surtout l'oxygène et l'hydrogène sulfuré

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