‹ De la phtisie bacillaire des poumonsChapitre 74 sur 108 · THÉRAPEUTIQUE CLI HATER IQ1 I · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE CLI HATER IQ1 I

rien d'hypothétique; elles reposent sur l'étude des lois de la microbiologie.

$; 1 28 — Des «(Hllrics <-liau<lcs cl fcllMWj lion niai'it i mr»

Outre les climats de montagnes el les climats maritimes chauds, il Tant compter avec les contrées basses el chaudes, dont certaines jouissent encore d'une grande renommée. Pau ;i été souvent comparé à Rome el à Pise, avec une supériorité incontestable due à la pureté de l'air.

/•.'/< Egypte. — Le Caire, la Nubie el les bords du Nil onl cessé de provoquer l'enthousiasme que les voyages sur le Nil supérieur, pendant trois à quatre mois par an, avaient provoquée leur début; ils unissaient par épuiser le malade par suite d'une alimentation défectueuse, d'une trisl profonde, el de ventilations poudreuses, qui obligeaient les patients à revenir en Italie, où ils trouvaient la mort par anticipation.

Payt boisés. — Il y a dans certaines contrées à tenir un grand compte -.1'' l'étal <'t du genre de culture du sol; le boisement, el surtout parles pins ou sapin-, exerce une influence marquée sur la composition et la température de l'air el son insolation. L<* climat des contrées boisées est plus uniforme entre lejpur et la nuit, il ne s'échauffe qu'à la lin du jour; L'humidité relative esl considérable, '-t touche souvent au point de saturation (80 à 90 p. 100 : mai< si la Lumière solaire est atténuée, il y a comme compensation une véritable protectiotu contre les vents; lorsqu'eafin les bois son* de nature résineuse, L'ozonisation des produits térébenthines peut-être util'- aui malades; dous verrons comment.

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§ 1-9. — Glimatotliéraple usucll»

I. Utilité. — Nous venons de consacrer de longs dévelop-r pi nieiiis à l'étude de la climatologie. lien ressorl ce fait, que si la pureté de l'air, les altitudes, la température, la lumière peuvent constituer en réalité de véritables moyens de traitement, ce -"lit le pins souvent des agents antiparasitaires. Mais, hélas ï ces ressources ne s'appliquent qu'à ceux qu'on appelle les heureux de la terre; c'esl la climatothérapie des riches. Combien de malheureux ne peuvenl émigrer, c'està-dire quitter leurs loyers, abandonner leurs intérêts, laisser ou scinder leur famille, supprimer leurs relations sociales! A ceux-là n'imposez pas ces pérégrinations, dont le résultai, souvent incertain, dont les avantages, presque toujours temporaires, sont, achetés au prix de cruels sacrifices, qui atteignent toute la famille en laveur d'un seul. Ce chef de la maison, ou celle mère condamnée à l'exil, obéit tristement; on part ('prouvé par la maladie, et plus encore par les souffrances morales, les préoccupations et les regrets. N'insistez [tas sans avoir envisagé toute la responsabilité que vous assumez par votre grave prescription, surtout lorsqu'il s'agit de ces situations précaires, de ces misères qu'on est obligé de masquer pour sauver les apparences.

Des considérations d'un autre genre doivent peser encore davantage dans l'esprit du médecin : ce sont les motifs d'ordre pathologique. — Trois cas peuvent se présenter : 1" Il s'agit de prévenir le développement de la maladie chez un malade de race tuberculeuse, et d'instituer une cure prophylactique pour longtemps, pour toujours. Mais sur quoi vi us fondez-vous pour infliger un supplice préventif à tous ceux qui ont -été frappés une ou plusieurs fois dans leurs asce idants ou leurs collatéraux? Est-ce sur la prédisposi-

rHÊRÀPEl riQUl CLIM Wl R10U1 113

lion ? Quels en sonl les signes? Commenl reconnaître dans les membres d'une famille marquée de La tare tuberculeuse, quel est celui qui va payer le fatal tribut? On parle de la misère physiologique, du développement imparfait de l'individu, de la mauvaise conformation du thorax. Or, il ne s'agit ici ni de malheureux ni de constitutions délabrées, et quant à la configuration de la poitrine, nous savons maintenant qu'elle o'esl pas toujours pré-tuberculeuse t qu'elle est souvent post-tuberculeuse, et qu'en tous les cas on peut la modifier, rien que parune gymnastique respiratoire:

Ainsi, c'est sur des hypothèses, sur des soupçons, que nous condamnerions le malade à courir le monde, depitis les pôles jusqu'à l'équateur!

-2° La phtisie a commencé et s'est dessinée par l'hémoptysie où par la toux sèche, ou par le catarrhe bronchique, sans aucun signe physique présentant quelque certitude. Dansces cas, si l'examen microscopique des crachais n'a pas été pratiqué, le diagnostic reste1 douteux n'autorisera pas le médecin à prescrire le voyage sanitaire. Si, au contraire, la présence des bacilles est dûment constatée, il n'ya pasàhésiter. Il faut prescrire le déplacement, excepté toutefois dans l'hémoptysie; le crachement de sang s'arrête spontanément, le tubercule qui luia donné naissance prend souvent le caractère fibreux, et la maladie est conjurée souvent pour de Longues années ou même pour toujours. Un déplacement ne saurait être que préjudiciable si on conseille les climats lc> plus utiles aux phtisiques, à savoir les altitudes; Pair maritime n'est pas non plus sans inconvénient dans ces phtisies à forme hémoptoïque. — Reste donc le catarrhe sec de nature bacillaire bien dûment vérifiée. G'esfl là le triomphe i\r L'émigration. Il s'agit donc de la première période de la tuberculose. Rappelons-nous la statistique de Weber : sur 7."» malades, 18 guéris, dont 17 appartenant à cette période.

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3° La phtisie, a passé à l'étal de ramollissement, de cavernules ou de cavernes. La guérison devient alors presque impossible. Les améliorations elles-mêmes sonl transitoires, et il esl rare qu'on puisse arriver à la transformation scléreuse des excavations, c'est-à-dire an passageà l'état stationnaire compatible avec la vie. — Dans ces cas, faut-il transplanter les malades'.' Ceux qui peuvent ou qui veulent accepter un changement d'air m Lireronl quelque profit, à la condition que la lièvre n'aie pas encore usé l'organisme. — Quant aux malades qui éprouvent de la difficulté ou delà répugnance à subir ce déplacement, je leur prescrirai cette hygiène à domicile ou à proximité, qui ne trouble pas leur existence et peut leur rendre de réels services.

II. Moyens. — Les moyens d'instituer un climat, favorable chez soi consistent à modifier ou à installer l'habitation de telle façon et la vie de telle manière, que le malade jouisse du soleil, de la lumière, de l'espace, du grand air, à la dose inaxima, sans sortir de son domaine, ou de son domicile, ou <li' sa contrée. — Imitez le sanatorium dans son exposition et ses espaces, et laissez-lui l'accumulation des malades qui, il est vrai, ne peuvent plus se conlagionner, mais peuvent toujours transmettre la maladie aux assistants.

^ 130. — PncuiiiatoMiétrie

I. Air comprimé. — Lorsque la pression atmosphérique monte de une à deux atmosphères, on constate une plus grande capacité pulmonaire; la quantité d'air qu'on peut introduire et expulser parles mouvements alternatifs d'inspiration et d'expiration; et" qui est d'un demi-litre en moyenne, peut être augmentée d'un cinquième, et cela d'une manière durable après vingt-cinq à quarante séances (Jaccoud).

L'inspiration de l'air comprimé amène un déplissemenl

i.U.i;l><)\ 1.1 THÉRAPEUTIQUE US

plus grand des poumons i Lazarus), une ventilatioi plus complète, une augmentation de la pression intra-lhoracique inspiratoire, un excès d'activité de la circulation pulmonaire. Le nombre des respirations > i des pulsations s'abaisse, pendant que la force du pouls s'aceentue; La quantité d'<>\

irbé par le sang s'exagère; celle de l'acide carbonique expiré subit également une exagération (Vivenot, Lange, Panum, G. de Liebig); ce sont là des conditions favorab

até de l'individu, et contraires au développement des microbes.

11. Air raréfié des appareils. — L'expiration dans l'air raréfié, donne lieu à une rétraction expiratoire considérable, par conséquent à une diminution du résidu d'air alvéolaire, et à un<- ventilation complète. Ce serait un complément utile de la pneumomathérapie par l'air comprimé; il n'y aurait de contre-indication que dans la tendance hémorragique des poumons (Jaccoud >; le danger est moindre, quand il s'agit de l'air raréfié proprement dit. 11 n'en est pas moins vrai que

Ititudes froides, comme celles du Saint-Bernard, i'avorisent la production mécanique (rhexis) des hémorragies pulmonaires même chez l'individu sain, et à plus forte raison chez les tuberculeux.

GÛÉRISON ET THÉRAPEUTIQUE

Si la curabilité de la phtisie n'existait pas, il faudrait l'inventer, ne fût-ce que pour consoler le malade et pour justifier le médecin; heureusement l'observation clinique, l'anatomie morbide, les données de la physiologie expérimentale, tout concourt à la démonstration de la guérison possible, qui hier

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encore était mise en doute, el à la solution favorable de ce problème social, qui préoccupe si vivement les esprits.

La phtisie commune peut guérir à tous ses degrés, dans toutes ses phases, dans toutes ses manifestations.

Guérison des hémoptysies. — Souvenl elle éclate inopinément, sous la forme d'une hémorragie, on d'un crachemenl de sang qui se renouvelle plusieurs fois de suite, ou se montre à des époques éloignées, avec ou sans lièvre, avec ou sans toux; puis le silence se fait, le malade reprend ses forces, sa santé habituelle, et toute sa vie se passe sans aucune entrave, sans épreuve nouvelle; il est guéri; le bacille s'est peut-être éliminé; en tous les cas le tubercule est devenu fibreux. 11 existe de par le monde des millions d'individus, qui, après de nombreuses hémoptysies dans leur jeunesse, ont joui d'une verte vieillesse.

Cessation des catarrhes bronchiques permanents. — D'autres étaient sujets à une toux de mauvais aloi, à des bronchites fébriles, même aux broncho-pneumomiesjpuis, à un moment donné, plus rien; ils renaissent à la vie.

Cicatrisation des laryngites ulcéreuses. — Les laryngites ulcéreuses, c'est un l'ail avéré, peuvent guérir, el guérissent bien plus facilement que les tubercules pulmonaires; ils sont plus accessibles aux remèdes spécifiques.

Transformation fibreuse des phtisies ulcéreuses. — Les phtisies les plus avancées, les pneumonies caséeuses chroniques, les cavernes creusées dans le parenchyme pulmonaire peuvent s'arrêter dans leur marche (Jaccomh.

On sait en effet que la masse d'infiltration tuberculeuse ramollie, ulcérée peut subir une transformation progressive, fibreuse, et que les excavations les plus étendues, les plus profondes restenl définitivement stationnaires, ou scléreuses, quand leurs parois deviennent fibreuses; la sclérose des phtisies caverneuses, c'est l'arrêt dans la maladie, et bien

(.l'I'RISON ET TIltllAIM.ninlE il?

que l'auscultation trahisse encore la présence des lisions destructives, la guérison peut être reconnue à certains signes comme certaine, souvent même comme définitive.

L'étal cicatriciel qu'on constate sur les parties indurées, caséiformes, du poumon, chez la plupart des vieillards, prouve qu'ils ont subi une phtisie, qui n'a pas entravé la marche naturelle de la vie.

Ce qui prouve mieux encore la possibilité de la guérison, c'esl que les recherches rérentes nous montrent le bacille localisé, comme séquestré dans certaines lésions bacillifères, entr'autres celles des organes génitaux, des os, des ganglions, arrêtées définitivement dans leur évolution; pourquoi n'en serait-il pas de môme dans les poumons.

La curabililé étant démontrée, voyons quelles sont les méthodes de traitement les plus rationnelles et les plus utiles.

$ 131. — Idée srénérale du traitement antivirulent

Une seule idée domine aujourd'hui la médecine et surtout la thérapeutique; c'est l'action ou l'influence du règne parasitaire sur l'organisme humain, c'est la conception des moyens médicamenteux destinés à s'opposer à la vie ou à la reproduction des microphytes morbigènes. Mais déjà les dissidences se dessinent et s'accentuent; tandis que les médecins éminents se demandent, proclament même ce vulgaire adage, à quoi cela sert-il, et se contentent du vieux dogme du contage, tandis qu'ils pensent prévenir le mal sans pouvoir combattre ce contage (parce qu'on ne peut pas en effet traiter ni guérir une abstraction philosophique), tandis qu'encore la découverte du bacille leur semble tout au plus bonne pour faire reconnaître et affirmer le diagnostic, tandis qu'en un mot la doctrine serait inutile, que les appîi-

ske, Phtisie. i. — 27

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cations resteraient stériles pour la médecine interne, nous voyons dans le camp opposé les partisans les plus convaincus de la doctrine microphy taire s'avancer rapidement, peut-être même témérairement vers la recherche de la nécrobiose du bacille, encouragés qu'ils sont par les exemples merveilleux qu'on cite en chirurgie et en obstétrique, par les effets saisissants qu'on a obtenus daps le traitement des plaies et de la puerpéralité. On nous jette la pierre, à nous autres médecins, parce que nous n'avons pas été heureux jusqu'ici : vœvictis; mais nous ne serons pas victimes jusqu'au bout, et la voie nouvelle dans laquelle la clinique peut et doit entrer résolument, ne restera pas stérile; nous ne sommes pas effrayés par les faux pas de la première heure; en effet les difficultés sont bien autrement considérables que dans la science chirurgicale et obstétricale, où le médicament nécrophytaire trouve le parasite pour ainsi dire sous la main. Le parasite médical au lieu de rester à la surface, comme sur une plaie, a pénétré profondément dans les tissus, dans la muqueuse bronchique, dans le poumon, dans tous les éléments histologiques, vous ne l'atteindrez pas par des fumigations, ni même avec les injections intra-pulmonaires, d'ailleurs dangereuses, des substances anti-virulentes; l'ennemi est dans la place et non à la porte d'entrée; il faut le prendre à revers, et pour cela imprégner l'organe malade par le médicament sans faire courir de danger à l'organisme. Il faut que le médicament, s'il ne peut pas arriver au bacille, le frappe indirectement dans ses conditions vitales, dans ses moyens d'exitence; c'est là le secret et l'explication de certaines actions médicamenteuses utiles, c'est là la source des indications curatives.

i.l hlilsoN ET THÉRAPEUTIQUE 41J

§ 13-. - Indications générales tlu traitement

Les indications générales du traitement sont de divers ordres :

I. Empêcher les parasites de vivre ou de se multiplier, ou de franchir les limites du cantonnement pulmonaire; en d'autres tenues : enrayer la fructification et la diffusion des mîcrophytes à l'aide des moyens antiparasitaires.

II. Comme les microphytcs existent déjà en nombre plus nu moins considérable lorsque nous sommes appelés à traiter le malade, il ne suflira pas de prescrire un antimicrobique, au basard, quelle que soit sa puissance antiseptique. Il faut que cet agent destructeur du parasite, soit reconstituant de l'individu; il faut que ce qui fait du mal à ces êtres néfastes, fasse du bien à notre organisme; en d'autres termes l'anti virulent doit être un moyen trophique.

III. Si l'agent antivirulent, que nous pouvons appeler nécropbytiquesne jouit pas de propriétés trophiques, il doit du moins pouvoir agir sur les organes respiratoires, c'est-à-dire sur leurs éléments constituants ou sur leurs fonctions; en un mot il faut qu'il soit en même temps un modificateur de la muqueuse ou de l'innervation broncbo-pulmonaire, c'està-dire un médicament respiratoire.

IV. Tout traitement qui n'arrive pas à modifier la nutrition générale, ou les fondions locales du poumon ne peut constituer qu'une ressource imparfaite, mais dont l'utilité ne saurait toutefois être contestée; nous trouvons en effet dans les aliments médicamenteux de puissants auxiliaires thérapeutiques.

Nous trouvons encore des effets favorables sur les organes respiratoires, dans certains médicaments qui modifient la

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texture et les sécrétions des bronches, soit parvbie indirecte, soîl par les atmosphères artificielles.

Tout le reste ne s'adresse qu'aux symptômes de la phtisie commune el aux diverses formes do la phtisie Commençons parles antiparasitaires ou nécrophy tiques.

§ 133. — Dos médicaments nécrophvtiqucs

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