‹ De la phtisie bacillaire des poumonsChapitre 79 sur 108 · I. . — L'ic si insoluble dans l'eau · texte numérisé non relu

I. . — L'ic si insoluble dans l'eau

volatile température, et soluble dans l'alcool.

430 LA PHTISIE BACILLA111L'

Teinture d'iode. — La teinture d'iode comprend une partie d'iode sur dix ou douze parties d'alcool médicinal, et se donne à la dose de six à dix gouttes à l'intérieur.

Appliquée à l'extérieur, elle joue dans la médecine dérivative un rôle important, qui n'a nullement été apprécié à sa juste valeur, parce qu'on n'en a pas étudié les ell'ets physiologiques.

Injectée dans les cavités séreuses, dans la plèvre après la thoracentèse, dans la tunique vaginale après l'opération de l'hydrocèle, dans les cavités kystiques, où elle a produit parfois des accidents mortels, la teinture d'iode en injection a perdu son prestige partout ; nous n'en parlons que pour mémoire, et à titre de réminiscence de certains faits d'injections intra-pleurales, qui ont été aussi désastreux que les traitements aujourd'hui ahandonnés des kystes ovariques par la ponction et l'injection; à la suite des injections après la thoracentèse on a constaté 35 fois la mort.

Plantes iodées naturelles. — Il suffit de savoir pour les médecins timorés, qui craignent l'iode, et pour certains malades encore plus effrayés de la cure iodique, qu'il existe des plantes médicinales contenant des sels iodiques; ainsi l'éponge, le fucus vesiculosus, le cresson, les varechs en contiennent une quantité assez appréciable, si bien que l'éponge a servi de médicament contre le goitre bien avant la découverte de l'iode par Courtois en 1811 et son emploi en médecine par Coindet en 1820, si bien encore que le fucus vesiculosus fait le bonheur des obèses, le cresson et les crucifères jouent le rôle de dépurateur du sang dans certains jus d'herbes du printemps. Il est bon d'ajouter qu'il y a plus de oOO plantes iodifères, et qu'en outre on trouve de l'iode dans l'eau, dans le vin, dans l'air, surtout aux bords de la mer cl au voisinage des salines, c'est-à-dire partout; de telle façon que Chalin à pu considérer l'absence d'iode dans les milieux

[ODOTHÉRAPIE 131

ambrants, comme une cause du goitre dans certaines vallées

Les Alpes et des Pyrénées.

Substances iodées artificielles. — Que dire maintenant des composas préparés artilieiellement avee des plantes iodiques, additionnés ou non d'iode; le vin antiscorbutique, le sirop de raifort sont connus, le pain d'épice, le chocolat, les gâteaux iodés ont été inventés pour les enfants, qui non seulement prennent l'iode très facilement, mais en supportent des doses considérables.

Laits iodurés. — On aioduré le lait directement, et on a fait un sirop de lait iodique, qui ne doit guère plaire aux enfants. C'est pour eux aussi, qu'on a imaginé d'iodurer les vaches et d'engendrer un lait ioduré, dans lequel Péligot a à peiue trouvée 25 centigrammes par litre, c'est peu d'iode pour beaucoup de lait; dans quel but cette invention? on avait imaginé que l'iode serait moins crû, et à l'état naissant.

Huile d'amandes douces iodurée. — Mentionnons encore l'huile iodée destinée à remplacer l'huile de foie de morue, laquelle n'en contient que des traces et qui agit surtout par certaines graisses faciles à émulsionner.

II. Iodo forme. — Cette substance jouit plus que toutes les autres préparations d'iode d'un pouvoir antiseptique très prononcé.

IV. Iodures alcalins. — L'iodurc de potassium est le plus employé, et ajuste titre; l'iodurc de sodium n'a pas moins d'inconvénients, et ne présente aucun avantage; quanta l'iodure d'ammonium très usité en Angleterre, il ne parait pas jouir de propriétés spéciales.

V. Iodures métalliques. — Parmi les iodures métalliques, j'ai beau chercher leur supériorité, je ne la trouve pas ; ainsi les iodures de fer ne constituent pas de sels définis, c'est de l'iode qui passe par les urines, et du fer par les matières intestinales; Cl. Bernard l'a démontré.

432 LA PHTISIE BACILLAIRE

Viodure de plomb, autrefois prescrit sous la l'orme de pommade fondante, n'équivaut point aux iodures alcalins.

Quant à l'iodure de mercure, si vanté dans le traitement de la syphilis, il contient trop de mercure pour qu'on puisse en continuer l'usage, et pas assez d'iode pour agir.

§ 13(>. — Iode inséré, respiré sous forme il iodurc cl éthyle. Iode appliqué sur la peau

I. Iode ingéré. Effets physiologiques de la dose thérapeutique. Effets locaux. — L'iode appliqué sur une muqueuse agi! comme caustique, bien qu'avec une énergie beaucoup moindre que les autres caustiques; c'est ce qui a fait dire à Magendie qu'il ne fallait pas tenir compte de cette action irritante, et il avait raison; l'iode en effet, mêlé à la salive, n'agit que 1res modérément sur l'estomac; c'est pourquoi on a pu impunément porter la dose à 4,6 et même 10 grammes par jour. Ce n'est donc pas l'action locale qui doit nous préoccuper.

Dose toxique. — C'est certainement l'iode absorbé par les muqueuses et par les membranes quelles qu'elles soient, qui peut déterminer des accidents. Nous savons déjà les effets désastreux qu'il produit sur les grandes surfaces d'absorption, comme celle de la plèvre, des kystes ; 30 grammes de teinture d'iode délayée et injectée dans un kyste ont produit la mort (llerman); dans le fameux cas du chirurgien Rose, qui injecta 150 grammes de teinture avec 3.6 d'iodure de potassium, le tout délayé dans 150 grammes d'eau, les accidents toxiques se manifestèrent au bout de six heures et continuèrent jusqu'à la mort, qui eut lieu le dixième jour.

Effets de retour sur V estomac. Vomissements. — Dans tous les cas d'intoxication il se manifeste des vomissements avec

IODOTHËRAPIE là

une réfrigération très évidente, el une sorte de contraction des artères.

Élimination de l'iode par l'estomac. — Les matièn vomies contiennent toujours de l'iode libre, et dans le cas di Rose, les matières vomies renfermaient en outre des débris de glandes à pepsine. Binz observa également cette élimination de l'iode par la muqueuse slomacale chez les animaux auxquels il avait injecté 0 gr. 045 à 0 gr. 075 d'iode mêlé d'iodure; chez tous, il constata des ecchymoses sousmuqueuses.

II. — Iode respiré. Iodured'éthyle. Procédés de respiration, — Dès que l'iode fut découvert, et qu'on connut ses propriétés volatiles, on chercha par tous les moyens de faire pénétrer l'iode dans les voies respiratoires, dans le but d'ajouter l'action locale aux effets généraux résultant de l'absorption.

Aspirations d'iode . — Un procédé tout à fait primitif fut employé par Iierton etPiorry; on étalait delà teinture d'iode sur une assiette, qu'on rapprochait des narines du malade; ce qui n'empêchait pas les vapeurs d'iode de se répandre dans la chambre; c'était une goudronnière informe. On s'aperçut bientôt qu'il en résultait de la trachéite et surtout une toux d'irritation (Little) qui tirent bientôt renoncer à ce procédé.

Cigarettes el cierges iodés. — Chartroule imagina alors des cigarettes iodées dans la fumée desquelles Kleisimsky constata l'iodhydrate d'ammoniaque ; la composition de chaque cigarette équivalant à Ogr.038 d'iode, d'après Lowe ; c'est encore un moyen abandonné. On a été jusqu'à luûler des cierges iodifères, c'était à la fois une offrande à la Vierge et une espérance pour le malade !

Pulvérisations. Appareils pneumatiques. — Murray pratiqua des pulvérisations avec un appareil chargé de teinture

SÉE. — Phtisie. i. — iH

d'iode, et Waldenburg employa ses ingénieux appareils res*

giratoires, hélas ! sans succès.

Appareils fumiyatoircs. — On est en train d'imaginer toutes sortes de biberons, de respirateurs, et d'appareils fumigatoires pour faire pénétrer l'iode dans les lobules, et même dans les alvéoles pulmonaires, c'est-à-dire jusqu'au domicile légal des bacilles? réussira-t-on dans ces tentatives? j'en doute, car il est impossible d'éviter les effets désagréables de ces fumigations sur la muqueuse bronchique, et surtout d'atteindre le microphyte, qui est dans les cellules géantes du néoplasme, lequel est lui-même situé clans la muqueuse, et non à sa surface.

Inconvénients des méthodes respiratoires. Irritation des muqueuses. — Arrivé au contact des muqueuse, au larynx, à la muqueuse bronchique, l'iode produit une forte irritation, une toux pénible et douloureuse. L'avantage est celui-ci: s'il y a des ulcérations, l'iode, s' attachant au mucus comme le ferait le nitrate d'argent, forme comme un moyen de protection à l'abri duquel l'ulcération peut guérir.

Atmosphère marine iodifère. — Déjà Laënnec semble avoir pressenti les effets de l'iode volatile contenu dans l'air de la mer, c'est ce qui lui avait fait considérer les contrées maritimes comme indemnes de la phtisie ; malheureusement c'est une grave erreur, car, quand l'air ne souffle pas de la mer, les côtes de la mer ne mettent pas à l'abri de la maladie.

III. Iodure d-éthyle respiré. — Le moyen le plus sûr de faire pénétrer l'iode dans les voies respiratoires et d'en déterminer l'absorption, c'est la respiration de l'éthyle iodé à la dose de 10 à 15 gouttes, plusieurs fois par jour. Iluettc avait préconisé en "1852 ce moyen qui était oublié lorsqu'en 1880 je l'appliquai avec succès au traitement de l'asthme. Dans la phtisie, il trouve des applications utiles.

Page 1