‹ De la phtisie fibreuse chroniqueChapitre 19 sur 36 · SON INFLUENCE LAVOR MILE ET CURATIVE · texte numérisé non relu

SON INFLUENCE LAVOR MILE ET CURATIVE

favorable à sa vitalité, mais c’est à condition de ne pas dépasser la limite physiologique et de ne pas arriver jusqu’à l’emphysème. Que toute cause qui force les sommets à un fonctionnement compensateur diminue les chances d’apparition des tubercules, on peut l’admettre avec Péter; mais quand l’alvéole a cédé, quand l’emphysème s’est produit, il se passe là ce qui arrive pour le cœur dans les lésions valvulaires : tant qu’il tient tête à l’obstacle, son hypertrophie est de bon augure, mais quand il cède, quand l’hypertrophie se prononce trop, c’est qu’il a succombé dans la lutte. De même, l’alvéole emphysémateux doit être plus nuisible qu’utile, et il semblerait que, au point de vue purement local, en l’absence de toute influence diathésique, il constituerait un terrain mieux préparé pour la dégénérescence.

Ces diverses raisons anatomiques, si elles devaient être admises, ne feraient accorder à l’emphysème qu’un rôle modérateur sur l’extension des tubercules, tandis qu’on a voulu aller plus loin et lui conférer une action favora ble, curative même. La théorie de Ramadge, d’origine anglaise, veut que les alvéoles dilatés compriment le tubercule et en amènent ainsi la résolution et la cicatrisation. Simple hypothèse dont le principal intérêt est d’avoir conduit à provoquer artificiellement l’emphysème chez les tuberculeux pour favoriser la cicatrisation de leurs lésions. Nous examinerons dans notre chapitre IV, et à propos du traitement, cette théorie singulière, et nous aurons alors à examiner en même temps si le développe ment ou la rétrocession de l’emphysème paraissent amé liorer ou aggraver l’état du malade.

Sans aborder pour le moment cette question d’obser-

EMPHYSKME PULMONAIRE

vation clinique, et en restant sur le terrain de Tanatoraie et delà pli3’’siologie pathologique, on peut conclure que les motifs qui ont été invoqués pour admettre rinfluonce favorable de l’empliysème sur la marche des tubercules n’ont qu’une importance secondaire, et qu’il faut chercher ailleurs l’explication de la bénignité des lésions tuberculeuses accompagnées d’emphysème.

Cette explication .nous la trouvons dans la nature même des lésions qui existent alors. Il suffît de rappeler quelles sont les causes de production de cet emphysème secondaire, pour comprendre qu’elles suffisent à rendre compte de la marche de la maladie dans ces cas- là.

L’emphysème, en effet, se développe précisément quand il existe des lésions atrophiques, quand les tubercules présentent par eux-mêmes une évolution fibreuse, quand ils s’accompagnent de lésions scléreuses étendues, c’està-dire dans les formes de phtisie qui ont, par le fait même de leur nature, une marche spéciale et une évolution lente. Bien que l’emphysème secondaire des tuberculeux n’ait par lui-même qu’une influence peu considérable sur la maladie causale, il n’en reste pas moins un signe important de marche lente et bénigne, parce qu’il est l’expression d’une évolution scléreuse lente et bénigne par elle- même.

L’emphysème est le résultat de l’évolution scléreuse plutôt qu’il n’en est la cause ; et dès lors dans ce groupement, productions fibreuses et emphysème, le second terme n’a qu’une importance relative. Gela est si vrai que, chez l’enfant, les formes scléreuses existent ; elles présentent, comme nous l’avons dit, les mêmes caractères généraux que chez l’adulte, mais elles se compliquent

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