‹ De la physchologie d'AristoteChapitre 19 sur 41 · DES SONGES · texte numérisé non relu

DES SONGES

qui lui soit pareil , on pourra dire que c'est là l'imagination, principe de tant d'actes divers et de tant de modifications passives , source de vérité et d'erreur pour qui la possède (4). Or il est certain que lorsqu'un objet sensible agit sur nous, la modification qu'il produit dans nos organes y persiste non-seulement pendant l'acte de la sensation , mais même lorsqu'elle a cessé (2). Après l'éloignement de l'objet sensible , quelque chose demeure encore dans l'âme , et ce n'est ni la sensation elle-même ni l'objet , mais la forme de cet objet , c'est-à-dire une idée sensible, qui est elle-même un objet de perception (3). Ainsi donc nous pouvons nous représenter un objet absent, ou qui étant présent ne produit point actuellement en nous une sensation. La cause en est que ce qui paraît ne paraît pas seulement par le mouvement de l'objet , mais aussi lorsque le sens lui-même est mû comme l'objet sensible le meut d'ordinaire (4) . L'imagination peut donc être définie : le mouvement qui succède à la sensation en acte et qui en résulte (5); et comme la vue est notre sens par excellence , l'imagination a tiré son nom des objets de la vue (6).

Quelquefois la fantaisie s'exerce dans le sommeil (7) , et c'est elle qui constitue essentiellement l'état de rêve ; car si l'on fait abstraction des sensations réelles qui viennent par fois interrompre le sommeil^), aussi bien que des jugements et des actes de

(1) De l'âme, III, 3, §11. — (2) Des songes, II, § 2. — (3) lbid., §11; De la mém., I, § 6 ; Dern. Anal., II, 19, § 5 ; Métaph., I, 7 ; VII, 10, 15. — (4) Des songes, II, § 13. — (5) lbid., I,§ 9; De l'âme, III, 3, § 13. — (6) lbid., § 14 : epavrasta àitb xoO cpàouç. — (7) Des songes, III, pass. — (8) lbid., §13, §15.

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