‹ De la physiognomonie;Chapitre 2 sur 87 · M £ D I VS · texte numérisé non relu

M £ D I VS

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Aft/CV/AR/sf^ ' nNDEX-

Fig. 30.

Nous verrons plus loin l'application de ces bases de la chiromancie. Pour en donner un avant-goût, nous prendrons au hasard dans le traité de maître Andrieu deux exemples de questions mixtes de pronostication et de médecine.

« Si vous voyés en la ligne mensale qui traverse la main deux croyx ainsi qu'il appert en cette main, l'une en droit du plus grant doy et l'autre le droit du petit doy (fig. 31). Ce nous signifie l'homme dedans lespace dung an mourir ou estre en dangier de mort par maladie. »

« Quant cette ligne tortue passera par la ligne qui ce nomme

le cercle du bras qui devise le bras davec la main, ainsi comme vous voyes en cette main tendant vers la ligne de vie (fig. 32).

Fig. 31.

Fi?. 32.

Ce nous signifie prochaine maladie quant elle ce monstrera quasi noire, et si elle est palle, elle signifie la maladie estre passée ou advenir quand elle aura en sa palleur une nigreur ou noirseur. » Deux fois heureux le prêtre doué du signe suivant : « Si la ligne mensale fait deux rameaulx, lung tendant vers le mont du doy démonstratif et lautre vers le mont du poulce, ainsi qu'il appert en ceste main (fig. 33). Ce nous signifie lhomme toute

Fig. 31.

sa vie estre bon ecclesiasticquc, lequel aura beaucoup de biens

à cause de sa clergie. »

26 PHYS10GNUM0NIE.

Cet autre signe est encore heureux :

« Quant, sus le mont de mercure verres ung tel signe comme il pert en ceste main (fig. 34). »

« Ce nous signifie que l'homme a ou aura amys : s'il est interseque des aultres lignes ; tant comme de lignes intersequeront autant de amys aura. »

Michel Scot, né en Ecosse, vers l'an 1210, est mort en 1290. Il est l'auteur d'un petit Traité de physiognomie, dont la plus ancienne édition connue porte le millésime de 1508.

On lit :

(( Phisionomia magistri Michaelis Scoti. Si prudentiam — si « cautellam — si sanitatem — si fiduciam — si denique hominum « mores ac domesticorum animalium naturas scire cupis , Mi- « chaelem Scotum legito. »

Scot s'occupe d'abord des rapports de l'homme avec la femme et de leurs conséquences physiologiques. Il énumère les différentes complexions du corps et en décrit brièvement les signes ; puis il indique l'enseignement à tirer des songes, des augures, de l'éternument. Il arrive à la physiognomie ; il passe en revue les traits du visage et les parties du corps humain dans son ensemble, depuis les cheveux jusqu'aux ongles du pied. Il termine par quelques mots sur la marche, le mouvement, la stature de l'homme.

Le ton dogmatique du maître ne laisse aucun doute sur la constitution de la science, dont les astrologues faisaient le pivot de leurs prédictions. Il faut compulser cet opuscule latin; il est l'origine des publications subséquentes, comme il est le résumé des notions consacrées antérieurement dans les écoles.

En 1519, paraît un traité de chiromancie, sous ce titre : «Opéra « nova de maestro Andréa Corvo da carpi habita a la Mirandola « Tratta de la Chiromantia stampata con gratia. »

L'auteur aborde immédiatement son sujet. Il examine les lignes résultant de la flexion des doigts et du jeu musculaire de la paume de la main. Il attribue à chacune de ces lignes une signification propre, en raison de la force de l'empreinte et de la coloration, en tenant compte, toutefois, des modifications apportées par les autres signes. Environ cent soixante figures élucident le texte, conforme

aux idées reçues dans la science chiromantique, sauf de légères différences.

Nous avons devant nous un opuscule latin avec ce titre : « Enchiridion physiognomiœ. » Il est daté de Cracovie, 1532.

Le professeur décrit les formes variées des traits du visage, il en donne la signification ainsi que celle de l'ensemble facial. Vient ensuite une revue des autres parties du corps humain, terminée par des considérations astrologiques sur les différentes complexions. Le tout est illustré de gravures sur bois d'une naïveté essentiellement primitive.

Nous connaissons deux éditions italiennes de la chyromancie de Tricasse ; celle de 1534 a pour titre : « Chyromantia del Tri- « casso da Ceresari Mantuano, al magnifico et Veneto patricio do- « minico di Aloisio Georgio. Novamente revista et con somma di- « ligentia corretta et stampata. » Elle contient 49 figures de la paume de la main, avec une série correspondante de signes. Elle a été traduite en français et publiée en 1552. La seconde édition porte la date de 1538; elle compte 29 figures manuelles de plus, en tout 78. Elle est dédiée à l'illustre et magnifique seigneur comte Joan Baptista di Affaytati Cremonense.

Nous extrayons de cet ouvrage un abrégé des principes fondamentaux de la chiromancie.

Chiromancie se compose de deux mots grecs, cheir main, — manleia, dcvination. Cette science enseigne à juger par les lignes apparentes aux mains et à connaître la complexion et nature des hommes, ainsi que les biens et maux qui doivent leur advenir.

Tricasse divise la main en trois parties; il appelle la première rascette. Elle commence à la jointure du bras et comprend la région du poignet. La seconde s'étend de la rascette à la base des doigts , on la nomme paulme ; la troisième division se compose des doigts. Le doigt le plus rapproché du bras, est le poulce. Le suivant est l'enseigneur; celui qui occupe le milieu en tire son nom, le mitoyen; Vannelier se place à coté; et en dernier lieu le grat' oreille. Chaque doigt a trois jointures, dont la première sert de limite à la paulme et est spécialement désignée par la dénomination de racine. La deuxième jointure se présente immédiatement

28 PHYSIOGNOMOME.

après; la troisième est la plus proche de l'extrémité digitale ; le poulce a deux jointures seulement.

On remarque quatre lignes principales dans la paulme : l'une part d'entre le poulce et l'enseigneur, contourne le mont du poulce et descend toucher la rascette, c'est la ligne de vie. En se reportant au point de la naissance de cette ligne, il s'en élève une autre commune à son origine, et traversant la paulme en biais, de façon à la partager à peu près en deux parties ; cette seconde ligne est appelée naturelle. A l'endroit où la ligne de vie se confond avec la rascette, surgit une troisième ligne aboutissant à la terminaison de la ligne naturelle; cette troisième ligne est celle du foie. La quatrième va de la base du mont du grat 'oreille, par une courbure légère, remonter entre Yenseigneur et le mitoyen, dont elle enserre le mont. On désigne cette quatrième ligne sous le nom de mensale. Ces quatre lignes principales servent de délimitation aux grandes fractions de la main.

La jointure et le mont prennent le nom du doigt auquel ils se rattachent.

Le triangle est l'espace compris entre les lignes de vie, naturelle et du foie. Les trois angles dont il se compose sont le droit, à la jonction des lignes de vie et du foie; le gauche, à la rencontre des lignes du foie et naturelle; le supérieur est formé par la naturelle et la vitale. La partie palmaire, entre la. ligne du foie et la rascette vers la mensale, sur la fin de la naturelle, s'appelle mont de la main. La portion touchant Yenseigneur et le poulce est dite supérieure; l'inférieure est située du côté du graC oreille et du mont delà main. On a également dénommé inférieure la partie vers la rascette, et supérieure celle près de la racine des doigts. L'autre portion de la main, regardant la partie inférieure, se dit percussion; elle se trouve entre la rascette et la mensale. Le quadrangle commence à la percussion pour se limiter entre la mensale et la naturelle. Le dos de la main est la face opposée à la paulme. Nous résumons cette première topographie manuelle dans la figure suivante (fig. 35) :

NOTICE HISTOMQLTÎ.

Fig. 33.

a DE L'ASSIETE DES PLANÈTES »

Les sept planètes régissent chacune une localité particulière de la main. Jupiter est assis au mont de Ycnseigneiir, où se voient les signes des honneurs, dignités et blessures du chef. Saturne régit le mont du mitoyen, siège des marques d'heur et malheur, afflictions et choses fâcheuses. Le Soleil occupe le mont de l'annelier, où se connaissent l'amitié, inimitié, ruine, trouble d'esprit et d'entendement. Mercure est au mont du grat'oreille, où l'on voit apparaître la sollicitude et la sagacité de l'homme pour les sciences, arts et exercices, et aussi la subtilité d'esprit à mal faire, sans oublier les ruses et malices de Vénus. La Lune possède l'espace comprenant le mont de la main et le quadrangle, où se lit la fortune ou l'infortune

de choses meubles, tant maritimes que par pérégrinations, et aussi voyages lointains. L'on a consacré à Vénus le mont du poulce, servant à constater ce qui ressort de la luxure et des mariages. L'on a réservé à Mars le triangle. Il rend compte des effets et exercices guerriers et de la force du corps. Voici les subdivisions planétaires de la main (fîg. 36).

Nous devons noter trois autres lignes auxquelles Tricasse attache beaucoup d'importance. La ligne lactée, partant delà rascelle, coupant la paulme de la main au tiers de sa largeur et se terminant vers la racine de Yannelier et du grat1 oreille. Cette ligne indique la légèreté de la tête en matière de basses démarches, et plus elle est découpée et mal continuée, tant pis vaut, dit le chiromancien.

La saturnine naissant de la rascetle et partageant la paulme de la

main à peu près en deux parts égales, pour se rendre vers le milieu de la racine du mitoijen. Cette ligne s'applique à l'examen des choses heureuses ou fatales.

La ceinture de Vénus est une courbe se terminant d'un côté, entre la racine du qra( oreille et celle de Yannelier. et de l'autre au point où les racines du mitoyen et de Yense'ujneur se touchent. Sa signification se rapporte aux plaisirs placés sous l'invocation de la déesse de la beauté et aux désordres causés par des excès dangereux. Ces trois lignes sont tracées dans cette figure (fig. 37).

Fig. 37.

Les particularités des différentes lignes, soit comme netteté, découpure, plissement, longueur, profondeur, coloration, sont autant d'indices. Les lignes doubles ou sœurs renforcent ou corrigent les

indications des autres. Il en est de même des monts et des surfaces; leur élévation, leur planité, leur concavité, fournissent autant de données au chiromancien. De plus, il existe un nombre considérable de lignes complémentaires, répandues dans toutes les subdivisions et dont l'énumération serait fatigante. Nous terminerons ce simple exposé par quelques extraits de la traduction française de 1552. Nous lisons, page 9 : « La rascette, première partie de la main, qui est indivisible, doit estre nette, sans rides et lignes crespelues : et lors signifie bonne complexion ; et quand elle est au contraire, elle signifie le contraire. La ligne vitalese doibt estendre jusques à la rascette, faisant un bout de la concavité de la main et environnant le mont du poulce , compètemment large et profonde ; et lors signifie longue vie, entendement asseuré et bonne nature : et quand elle est au contraire, démontre le contraire, et que ceux qui l'ont telle, jamais (ou peu souvent) ne mettent chose aucune à effect. S'elle est grosse vers la naturele, c'est à savoir environ le milieu, elle signifie bon entendement, et homme magnanime et libéral; si rouge, homme cruel; et principalement entre le poulce etYenseigneur, car alors elle signifie meurdre : et quand sur le commencement elle est enflée comme une éponge mouillée, elle dénote bastardie : et quand elle est tortue, signifie homme inique et plain de fraudes. La naturele doibt estre longue et large compètemment, de sorte qu'elle ne passe du tout le mont de la main : et lors signifie audace et longue vie. Quand elle ne passe point la concavité de la main, elle signifie homme avaricieux, craintif et peu loyal, et qui se repent incontinent après sa promesse faicte ; et quand elle ne passe pas l'endroict du doigt mitoyen, signifie homme de trèsmauvaise vie, et qui doibt mourir jeune; et quand elle ne s'entretient point, elle dénote que celui qui l'a, doibt faire beaucoup de larrecins et assez d'aultres telles méchancetés. »

Voici maintenant une appréciation chiromantique sur le mont de Y enseigneur et celui du mitoyen. Nous suivons le texte :

« Le mont de X index doibt estre net et bien eslevé, et lors signifie homme juste, fidèle et de conversation louable : et s'il est au contraire, dénote le contraire. Quand il est eslevé avec aucunes lignes de long ou de travers, ou bien s'il a quelques estoilles ou rayons, il

signifie richesses, ou prélatures, ou bénéfices : toutesfois notez que ceci s'entend quand telles estoillcs ou rayons sont bien disposez, car bien souvent apparaissent là quelques croix, ou estoillcs longues et larges, et mal formées, par lesquelles plusieurs sont abusez, pensans qu'elles signifient dignités et prélatures, et à la vérité ne dénotent que peines et travaux, et quelque honneur en l'art et exercice duquel on se mesle, toutesfois à grand malaise. Encore faut-il noter que ceste croix ou estoille qui signifient les dignités, doibt être petite et bien formée. Quand ce mont ou sa motte est aucunement eslevé, il dénote homme ingénieux en choses grandes et en spéculations. Le mont du doigtmitoyen, sans aucunes lignes, dénote vie paisible. Quand il est eslevé, il signifie homme heureux au labeur des champs, et en choses de mesnage, et pour amasser du bien. Quand il est abattu, il dénote fâscheries, peines et travaux assez, et perte de biens. »

Nous ferons une dernière citation sur les lettres divines, lisibles dans la main, selon notre auteur, A B C D E F G, correspondantes aux sept planètes. C'est une explication sur les variantes de la lettre A (page \2).

« Premièrement donc, quand ceste letre A se rencontre au lieu de Juppiler, elle signifie richesses, homme réal et amy de grands seigneurs ; au lieu du Soleil, elle dénote bonne fortune ; au lieu de Mercure, c'est signe d'homme studieux et curieux de toute science, et qui, par curiosité, doibt enchéoir en quelque péril ; au lieu de Vénus, elle signifie homme infidèle, et qui doit aimer femmes paoures et de peu d'estime ; au lieu de Mars, homme inique et cruel ; au lieu de la Lune, c'est signe d'homme qui despend tout son bien et qui détruit son propre corps. »

Les précautions à prendre pour bien juger les indications manuelles sont détaillées par Tricasse. Il recommande, en outre, de ne pas négliger les lignes du front et certains traits du visage.

Avec un pareil système, il est difficile de prendre le chiromancien en défaut, tant les combinaisons et les modifications sont nombreuses. Au milieu de niaiseries inconcevables, on recueille çà et là des explications judicieuses; elles peuvent éclairer la science, mais à quel prix? Il faut les exhumer d'un ramassis d'ab-

surdités. Il est bon de les parcourir, cependant, pour savoir jusqu'où peut s'égarer l'esprit humain.

Nous transcrivons le titre sans analyser l'œuvre :

« Délia Geomantia di Pietro d'Abano, dal latino nella volgar « lingua tradotta per il Tricasso, parte prima, novamente dall' « l'eccell. M. Sylvano Musio da Capoa ricorsa; quai dalli errori « espurgandola, l'ha fedelmente alla sua integrita ridotta.

« In Vinegia, per Curtio Troiano di navo. mdxlvi. »

Le même éditeur reproduit, en mdxlix, cette traduction ainsi désignée : « Délia Geomantia di Pietro d'Abano, di latino nella « volgar lingua tradotta per il Tricasso Mantoano. »

Voici un petit livre : « De diversa hominum natura, prout a vete- « ribus pbilosophis ex corporum speciebus reperta est, cognoscenda « liber, Antonii Molinii Matisconensis diligentia nunc primum in « lucem emergens. »

Antonius Molinius prend pour sous-titre : De Physiognomiœ ratione. Il résume les observations du médecin Loxus, du philosophe Aristote et de Polémon. Nous ne sommes plus en pleine astrologie : des remarques fort justes, quelques données physiologiques jettent de l'intérêt sur ce travail, publié en 1549. Molinius examine les différentes parties du corps humain; il en déduit les conséquences physiognomiques. Il en est de rationelles ; plus d'une est conjecturale; d'autres sont tout à fait arbitraires et ne se justifient par aucune démonstration.

Nous nous bornerons à consigner les titres des quatre traités suivants :

« La Geomantia di Bartolomeo Code, fîlosofo integerrimo : no- « vissimamente tradotta et anco data in luce. mdl.

« La Geomantia di Bartholomeo Code fîlosofo, integerrimo; nuovissimamente tradotta, e data in luce. Con il privilegio. mdl.

« Opéra del' antica et honorata scienza di Nomandia, spccchio « d'infmiti béni et mali, che sotto il cerchio délia luna possono « alli viventi introvenire,

« Per l'excellen. astrologo, geomante, chiromante, etfisionomo « M. Annibale Raimondo Veronese, ridotta insieme, aggiontovi, « et castigata. Con privilegio, mdli.

« De la Geomantia del l'cccel. filosofo Gioanni Gebor : parle « prima con una brcvissima chiromantica phisionomia. Nova- « mente, dal nobil huomo M. Gnosio Piceno, Ascolano, tradotti : « c pur hora dati in luce. mdlii. »

Antiochus Tibertus a publié trois livres en latin sur la chiromancie. Ce travail, mis en ordre par Jean Dryander, médecin, sort des presses de Schœffer, dans l'année 1561.

L'auteur débute par une discussion sur la chiromancie; il réfute les arguments de ses adversaires et conclut à considérer comme utile la science de la main, qu'il nomme l'organe des organes.

La nature et l'action des planètes, la signification des lignes manuelles sont expliquées d'après les traités antérieurs, sauf de légères dissidences.

Des figures intercalées dans le texte élucident les descriptions techniques, servant à juger de l'état présent de la personne et à prédire sa destinée future.

Dans l'année 1565, on imprima un opuscule français intitulé :

« Nouvelle invention pour incontinent juger du naturel d'un chacun par l'inspection du front et de ses parties, dicte eu grec Métoposcopie; le tout extraiefc du latin de M. Thaddée Iïagèce, excellent médecin et mathématicien au royaume de Bohême. »

La physiologie s'infiltre un peu, dans ce travail, entre les anciens errements touchant l'influence planétaire.

Nous croyons devoir citer le passage suivant de la traduction :

« Le front est comme une tour et fortresse dressée pour la tuition et sauvegarde des nerfs qui descendent du cerveau, et sont distribuez aux parties du visaige et organes dudict cerveau, pour faire et ordonner quelque propre sentiment à un chascun d'iceux, et sous la concavité dudict front se dispersent les nerfs députez pour les cinq sentiments extérieurs, par l'ayde desquels tout ce qui se présente à un chascun sens est rapporté soubdain au cabinet de raison, pour là estre examiné, discouru et arresté. »

Une deuxième édition du texte latin a été faite à Francfort en 1584. Elle est illustrée de quarante-neuf têtes portant au front un signe relatif à la destinée de l'individu. Tel plissement désigne

une qualité , tel autre est un pronostic heureux ou malheureux.

Si l'on rejette la partie divinatoire, on est frappé de la justesse de certaines observations sur la mobilité du front et sa forme particulière.

Le traité de l'inspection de la main, par Antonius Picciolus, fut édité l'an 1587, il est écrit en latin.

L'auteur fait la liste de ses devanciers : Almadal Arabs, Pythagoras Samius, Pharaotes Indus, Alchindus, Zopyrus, Aristoteles, Galenus, Maternus, Polémon, Constantinus, Aphricanus, et parmi les principaux romains, Lucius Scilla et le dictateur César : puis Michael Savonarolla , Antonius Cremisonus , Petrus de Arca , Joannes de Indagine , Franciscus Asculanus. Enfin Philémon, Morbeth , Formica , Antiochus , Ptolomœus , Albertus Magnus, Petrus Apponensis, Gulielmus Nurice, Hieronymus de Manfredis Bononiensis, Alpharibius, Blasiusque de Parma, Helenus Priami, Leophritus, Rasis, Andréas Corvus, Tricassus, Codes. Il n'a pas oublié Plato, Averroes, Avicenna, et le plus ancien, Hermès.

Picciolus reconnaît quatre grandes lignes, la vitale, celle du foie, du cerveau et la mensale. Il admet les dénominations antérieures en ce qui concerne les autres subdivisions; seulement il substitue au nom d'annulaire celui de medicus pour le quatrième doigt de la main. Il s'occupe exclusivement de la partie chiromantique résumée dans une figure manuelle de grandeur de nature. Des signes particuliers insérés dans le texte le complètent à l'occasion. Le savant réfute certaines opinions, mais, en général, il s'en tient aux données classiques.

« La Fisionomia del Rizzacasa,

« Non meno utile che dilettevole, si in morale che in naturale « Filosofia. In dua parti divisa. » Cet in-8 porte la date de 1588, il est dédié à la reine d'Angleterre Elisabeth.

L'auteur emploie le ton dogmatique pour répandre les préceptes de la science ; il interroge les particularités de chaque fraction du corps.

Cette répétition des règles admises est dans un ordre méthodique, ayant au moins le mérite d'être facile à suivre et à retenir.

Le permis d'imprimer est basé sur l'observation scrupuleuse des exigences de la sainte Église catholique.

Nous signalons un traité vraiment remarquable : « De iiumana physiognomonia Jonnis-Baptistae PORTAE Neaa politani libri IV. Qui ab extimis , quae in hominum corporibus « conspiciuntur signis , ita eorum naturas , mores et consilia « (egregiis ad vivum expressis iconibus) demonstrant, ut intimos « animi recessus penetrare videantur. Omnibus omnium ordinum « studiosis lectu utiles, maximeque jucundi. Nunc ab innumeris « mendis, quibus passim Neopolitana scatebat editio, emendati, « primumque in Germania in lucem editi. Vrsellis, mdci (fîg. 38). »

Fig. 38.

Porta n'a négligé aucunes parties du corps humain. 11 déduit de la forme, de la voix, de la démarche, le caractère individuel, en s'appuyant de l'opinion des plus accrédités de ses prédécesseurs. Aristote, Polémon, Adamantius, Thaïes, Melampus, Conciliator, Galenus, sont ses principales autorités. Il les cite souvent avec respect, mémo en relevant leurs contradictions. Il nie, au besoin, des assertions fausses ou controuvécs. De l'analyse il arrive à la synthèse, en ajoutant ses propres acquisitions à celles de ses maîtres.

On trouvera, dans cette œuvre pleine d'intérêt, des remarques *fines et judicieuses, des portraits bien tracés et des comparaisons graphiques de l'homme aux animaux. On ne peut pas résumer l'écrit de Porta; il doit être lu. Nous lui prendrons seulement quatre de ses meilleurs dessins comparatifs. L'homme en regard du corbeau (fig. 39),

du lion (fig. 40),

Fig. 40.

du bœuf (fig. 41),

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Fig. X( .

et du bélier (fig. 42).

*gfesë

Nous reproduirons la ressemblance de l'homme avec le porc et l'âne dans l'article de Fuchsius.

« Georyii Ragusei mathematicarum epistolarum liber secundus.»

« Georgio Gennaro Brixiensi, I. V, doctori epistola /, de chiro- « mantia. » MDCXVIII.

Epistola II, de physiognomia. MDGVII. Le titre courant est « De devinationc. »

En 1607, s'imprime à Milan :

« Fisionomia naturelle di monsig. Giovanni Ingegncri Vescovo

PHYSIOGNOMOiNIE.

« di Gapo d'Istria. Nella quale con ragioni tolte dalla filosofîa, dalla « medicina, et dall' anatomia si demostra, come dalle parti del « corpo humano, per la sua naturale complessione, si possa age- « volmente conietturare quali sieno l'inclinationi, etgli affettidell' « anime- altrui. »

Ingegneri donne l'explication de la forme des parties du corps humain, et fait suivre ses préceptes d'une démonstration raisonnée, où la physiologie se fait jour, au milieu d'assertions plus ou moins hasardées et souvent spécieuses.

Ce petit in-octavo contient 128 pages; il est à consulter. Dans son traité latin de Métoposcopie et d'Opthalmoscopie, 1615, Samuel Fuchsius s'attache d'abord à la forme du front et reproduit les subdivisions planétaires frontales admises. En laissant de côté la partie astrologique, on retirera quelques fruits de ses observations. Les extraits des poëtes latins cités par Fuchsius, sont généralement bien appropriés à son thème. Des têtes intercalées dans le texte ont de l'importance comme portraits, ou comme établissant des points de ressemblance entre le front humain et celui de plusieurs animaux. Nous reproduisons ici le simulacre du porc (fig. 43). Cette tête et la suivante sont empruntées à Porta.

Fig. 43.

Fig. il.

Voici le rapprochement avec l'âne (fig. 44). Nous préférons les chapitres consacrés à l'opthalmoscopie, ils sont plus d'accord avec les résultats donnés par la nature.

Sous ce titre : De devinalione, libri duo Georgii Baguseii Veneli, nous avons vingt-neuf épîtres latines adressées à divers personnages, et traitant de tout ce qui se rapporte à la divination : astrologie, chiromancie, physionomie, métoposcopie, géomancie, nécromancie , pyromancie , hydromancie , nomancie , cabale , magie, augures, songes, fureur des sibylles. L'auteur analyse et discute les opinions émises sur ces matières ; il donne la nomenclature des écrivains qui s'en sont occupés. 1623.

Picus Mirandulanus a écrit longuement et savamment sur l'astrologie. Les chiromanciens sont : Hermès, Alchyndus, Pythagore, Pharaotes, Zopirus, Hélénus, Ptolomeus, Alpharabius, Galénus, Avicenna, Rasis, Julianus, Maternus, Loxius, Philémon, parmi les anciens. Les modernes se nomment Petrus Aponensis, Albertus, M. Scotus, Savonarola, Cermisonus, Corvus, Petrus de Artha, Taisnier, Tibertus, Achillinus.

Georgius établit l'ancienneté de la chiromancie en citant la lettre d'Aristote à son royal élève Alexandre ; un extrait du livre de Job : « Qui in manu hominum signât, ut noverint singuli opéra « sua. » Puis Moïse disant à son peuple : « Eritque tibi insi- « gnum super manum tuam, et memoria inter oculos tuos. »

L'examen des travaux sur la chiromancie conduit Georgius à ces conclusions : Dans l'impossibilité de trouver parmi cent mille hommes deux mains semblables, il faut s'attacher seulement aux lignes résultant de la contraction musculaire, presque toujours la même chez tous, et négliger les particularités accidentelles, dont la signification ne peut être obtenue par l'expérience.

La seconde épîtrc du deuxième livre est consacrée à la physionomie. L'érudition de Georgius y brille. A l'appui de ses dissertations, il énumère les auteurs consultés : Hippocrates, Polémon, Loxius, Philémon, Aristoteles, Galénus, Avicenna, Rasis, Conciliator, Magnus Albcrtus, Savonarola, Michaël Scotus, Zaccarias, Hieronymus de Manfredis, Antonius Cermisonus, Indagine, Taisnier, Coclès, Joannes Baptistaà Porta.

Georgius fait deux parts dans la physionomie, l'une relative à l'astrologie et l'autre aux faits naturels. Celle-ci a son approbation ; il repousse la première.

42 PHYSIOGNOiMONIE.

La raison humaine commence à poindre dans la manière dont Georgius pose et juge la question. Il sait s'affranchir des formules scolastiques ; il ramène le lecteur au véritable point de vue, d'où l'on doit envisager l'étude des signes corporels. C'est un abrégé de doctrines à compulser.

La liste des géomanciens se compose de Petrus Aponensis, Codés, Geber, Agrippa, Bartholomeus Parmensis, Gerardus Cremonensis, Annibal Raimondus Veronensis, Oliverius Malmesburius, Gaspard Peucerus. Il ne parle pas de ceux qui ont été condamnés par le siège apostolique.

Annibal Raimondus Veronensis, FontanaVicentinus, Alcandrus, Merlinus, Ionicus, Gamalieles ont répandu la Nomancie.

Joannes Picus Mirandulanus s'est livré à des recherches sur la cabale.

Les principaux professeurs de magie furent Apollonius Tyanaeus, Cornélius Agrippa, Petrus Aponensis, Paraoelsus, Rogerius Bachonus, Geber, Raimondus Lullus, Arnoldus Villanovanus, puis plus tard, Cardan, Mizaldus, Joannes Baptista à Porta.

Nous ne pousserons pas plus loin ces citations ; nous renvoyons le lecteur au texte original.

« Opus geomantiœ completum, in libros très divisum quorum « Primus universam geomanticam Theoriam,

« Secundus Praxim, Tertius a diversis authoribus decerptas « questiones continet.

« Curiosis dedicatum et consecratum a Medico quodam Neote- « rico anonymo.

« Lugduni, apud Danielem Chavanon, mdcxxv, cum privilegio « Caesareo et Francorum régis. »

Voici un tout petit volume avec le chiffre de 1627 et ce titre :

« Enchiridion de la physionomie utile à toutes personnes et fort « récréative, par P. Ivvernay, théologien. Superciliis frigidis et « naso bilioso. »

Le proême contient une discussion sur les tempéraments bilieux, sanguin, pituiteux, mélancolique et sur leurs combinaisons entre eux.

Son système se résume dans l'extrait suivant de l'article premier

intitulé: «De la nature et complexion des quatre humeurs en particulier, et des signes et propriétez d'icelles. »

« La bile est chaude et seiche comme le feu, le sang chaud et humide comme l'air, la pituite froide et humide comme l'eau, la mélancholie froide et seiche comme la terre.

« La bile, à cause qu'elle est chaude, rend les parties pointues, parce que la propriété de la chaleur est de monter en haut en forme pyramidale, comme il appert au feu. C'est pourquoi ceux qui sont bilieux ont les membres longs et gresles, le corps maigre et fort velu, etc.

« La pituite rend les parties obtuses, parce que la propriété de l'humeur lorsqu'elle se raréfie et résoult en vapeur est de bouffer et enfler, comme il appert en une partie lorsqu'il y tombe quelques fluxions. C'est pourquoi ceux qui sont pituiteux ont la face fort grasse et blanche, le corps charnu, le poil mol et délié, etc.

«Le sang rend les parties droictes, parce que la propriété del'air est de se couler et glisser. Or le sang tient de la nature de l'air. C'est pourquoi les sanguins sont bien composez, ont les membres longs et droicts, la chair molle et délicate, la couleur vermeille, sont musculeux, ont le poil tendre et douillet à cause de l'humidité aërée, etc.

« La mélancholie rend les parties courbées, parce que la propriété du sec est de retirer, comme il appert en un parchemin lequel se retire et recorbile devant le feu à cause de la seicheresse. C'est pourquoi les mélancholiques ont ordinairement le corps courbé, la face panchée en bas, le poil noir et dur, etc. »

Après avoir décrit les qualités physiques des bilieux, des sanguins, des pituiteux et des mélancoliques, l'auteur termine ainsi ce chapitre :

« Outre-plus les sanguins ayment robbe de haute couleur ; les pituiteux de couleur verte ; les mélancholiques de couleur noire ; les bilieux de toute couleur. »

Le reste est une appréciation physiognomonique des régions du corps humain. Les faits sont souvent exacts ; mais les explications, toujours ramenées aux données premières, sont, dans leplusgrand

nombre de cas, complètement illusoires. Néanmoins on y rencontre des annotations logiques.

Il y a eu plusieurs éditions du petit livre de Ludovicus Septalius : « De Nœvis. » Celle d'Eberhard Zetzner est à la date de

Il s'agit de ces petites taches lenticulaires de couleur brune, apparaissant sur la peau humaine à des places indéterminées.

Selon Septalius, chaque lentille du visage a un correspondant dans une autre partie du corps, à des endroits fixes. Il est tels de ces signes faciaux singulièrement compromettants pour la pudeur des femmes ; elles en tirent vanité sans connaître les conséquences de ces grains de beauté, comme elles les nomment. Nous nous abstiendrons même de citer le texte latin. Le lecteur curieux, mais non pas candide, pourra consulter ces feuillets.

Les taches étaient en insigne faveur dans le dernier siècle. Les dames les simulaient avec des ronds de taffetas noir, portant une désignation spéciale, en raison du point recouvert et de l'effet à produire. La Fontaine a dit :

Et la dernière main que met à sa beauté

Une femme allant en conquête, C'est un ajustement des mouches emprunté.

Il est inutile d'ajouter : le hasard seul a fait coïncider la double indication des localités signalées par les taches, dans de bien rares circonstances.

Une érudition, souvent remarquable, sert de trame à ce tissu d'absurdités, où brillent çà et là des observations physiologiques. Comme tous les écrivains sur cette matière, l'auteur ajoute plusieurs brins au faisceau de la science, mais en partant du même point de départ pour aboutir à un résultat commun.

Du reste, l'œuvre de Ludovicus Septalius se réduit à un petit nombre de pages, c'est un avantage sur ses devanciers.

Philippe Phinella a publié, en trois parties, un Traité des taches en latin. Ce livre est de 1632. L'auteur fonde un système de divination sur la position occupée, sur le visage et le col, par ces signes noirâtres, semés dans le tissu du derme. Il subdivise le

front en sept zones rangées sous l'influence des planètes. Il assigne à chacune de ces localités une signification absolue. La physiologie est complètement étrangère aux déterminations du pronostiqueur.

Les lignes de démarcation commencent à partir de la base frontale. La première ligne est consacrée à la lune ; la seconde, à Mercure ; la troisième, à Vénus ; la quatrième, au Soleil. Mars est en possession de la cinquième; la sixième est régie par Jupiter, et la septième est sous l'action planétaire de Saturne.

Ces signes ou taches peuvent se trouver au milieu, à droite ou à la gauche du front ; cette disposition amende l'influence spéciale de la région.

Phinella explique la valeur de chacun des signes faciaux, et désigne, conséquemment, la place de leur congénère dans un autre point du corps. Ces rapprochements font le sujet du troisième livre. Voici un extrait du premier ; nous traduisons :

«Des taches apparaissant dans les signes du front; ch. i(fig. 45). »

« A l'homme ou à la femme ayant une tache sur la première ligne du front, dans la situation de la Lune, partie droite, comme on le voit dans la figure ci- dessus, signifie félicité dans le mariage et

bonne fortune. Cette tache ressort de Jupiter et de Mars ; elle est attribuée au grand Chien, étoile de première grandeur. »

Ce portrait de Phinella peut être considéré comme le commentaire de son œuvre (fig. 46).

Fig. 40.

Un petit in-18 italien, de 91 pages, résume la Métoposcopie. Le chevalier Ciro Spontini en est l'auteur. Ce sommaire porte la date de 1637.

En 1654, Spontini réédite son travail et le fait suivre : 1° d'un discours sur l'influence du mois de la naissance de l'homme et de la femme ; 2° de notes sur la Physionomie, d'après les anciens traités ; 3° du moyen de connaître, à l'inspection des lignes du front, la durée de la vie du sujet.

Des gravures, fort incorrectes, sont répandues, pour la clarté du texte, dans cet opuscule de 96 pages.

Tricasse réapparaît :

La Chiromance de Patrice Tricasse des Ceresars, Manloiian, traduicte d'italien en françois, revue et corrigée nouvellement. Paris, mdcxli. Réimprimée d'après l'édition française de 1552.

En 1648, Philippe Phinella offre au public ses longues recherches sur un point de la divination. Trois livres forment un total de 375 pages, ornées de figures explicatives ; ils renferment un traité

complet. Il a ce titre : « Pliilippi Finella de Methoposcopia , seu « Methoposcopia naturali. Antverpiae. »

Philippe Phinella s'applique dans ce nouvel ouvrage à la signification des lignes tracées sur le front par le plissement de la peau. Leur place, leur direction, leurs sinuosités ou brisures sont autant d'indices à ses yeux.

Nous retrouvons ici les sept zones astronomiques ayant servi pour le classement des taches frontales ; ces zones sont indiquées fig-ure \ , et notées par les lettres de A à G inclusivement (fig. 47). Elles

Pig. 47.

localisent, dans le môme ordre, la domination de chaque planète. La Lune gouverne A ; B ressort de Mercure ; C est attribué à Vénus ; le Soleil domine la situation D; Mars possède la ligne E ; F est sous l'influence de Jupiter; Saturne a la subdivision G pour domaine.

Phinella considère aussi l'étendue en largeur du front. Il le divise en trois parties : une médiane B, une droite A, une gauche C(fig. 48), de manière à déterminer le plus ou moins de longueur de la ligne, et la fraction frontale plus spécialement occupée.

Plus de trois cents figures reproduisent les combinaisons des lignes entre elles et les singularités de leurs positions relatives.

Fig. 48.

Avec la copie de la figure 90 du livre premier, nous transcrivons le texte latin de la légende, afin de ne pas jeter l'effroi dans un trop grand nombre de ménages, à la vue de ce redoutable signe féminin, si l'on en connaissait les conséquences (fig. 49) :

Fig. 49.

« Lunaris profunda et perpendieularis in initio nasi , ut in « Ggura 90, nefandae natum insimulat libidinis ; et mariti torum (i mulierem violatricem . »

L'esprit se lasse de suivre les leçons du professeur. On se perd dans ce labyrinthe. Le résultat le moins contestable de cette multiplicité de conditions est de réserver des arguments à la défense de la métoposcopie, en lui ouvrant des échappatoires faciles.

Jacob Gaffari imprime, en 1649, « De quatuor signis, quœ appa- « rent in unguibus manuum, auctore Philippo Finella. »

L'auteur explique les indications fournies par les taches apparaissant dans l'ongle du pouce, situation de Vénus- dans le doigt indicateur, situation de Jupiter, et ainsi des autres ; médius, consacré à Saturne; annulaire, ressortissant du Soleil; auriculaire, sous l'influence de Mercure. 11 s'agit jusqu'ici de la teinte blanche. Des inductions modificatrices se tirent des nuances noires, rouges, cendrées.

P. -F. de Benoît a traité dans 24 pages, en très-gros caractère, des taches sur les ongles, sous ce titre :

« Physiognomicœ observaliones , pruesertim in unguium maculis, « ad infortunia, seu infirmitates prœvidendas, et fortunam capil- « latam capiendam. »

Le tout est écrit en langue latine. Il en existe une traduction française, sans désignation d'auteur, ni date, et dont les têtes de chapitres sont en latin, ainsi que l'intitulé :

« Medicœ physicœ et aslrologicœ totius microcosmi observa- « tiones. »

Le système des taches sur les ongles est indiqué dans ces lignes :

« Ces taches ne sont autre chose que des excrémens du cœur, provenans de l'excez et superfluité des parties génitales : sur quoi faut observer ce qui s'ensuit pour en tirer quelques conjectures, scavoir le lieu, si elles se voient en haut, en bas, ou au milieu; si c'est à la main droite ou à la gauche, et en quel des doigts; car toutes ces choses en changent et diversifient le jugement ; en second lieu, leur qualité, si la tache est blanche, noire, cendrée ou rouge ; si elle est apparente ou obscure, petite ou grande.

«Les blanches ne présagent ordinairement que du bien, et les

noires du mal ; les apparentes, des événements imminents ; les oscures, des accidents incertains; et les plus pénétrantes, des choses de plus grande concéquence. En troisième lieu, les taches de la main gauche ne signifient que des cas fortuits, et celles de la droicte, que des choses dépendantes de notre industrie. 11 faut encore prendre garde à leur forme, si elles sont rondes, angulaires, ou simplement lignes ; les rondes sont meilleures et de meilleur augure que les angulaires, et cellesici que les dernières. 11 faut scavoir, en dernier lieu, que chaque planète domine particulièrement sur quelqu'un des doigts ; la partie antérieure du poulce tirant vers le doigt indice, appartient à Vénus, et l'extérieure à Mars; à Jupiter l'indice; à Saturne la partie du doigt metoyen, approchante de l'indice ; à la Lune, l'approchant du doigt annulaire ; le doigt annulaire au Soleil, et l'auriculaire à Mercure. »

L'auteur indique ensuite les particularités de chaque doigt, applicables à l'ensemble des conditions nécessaires pour asseoir un jugement. Il termine par cette recommandation : « Or, il faut prendre garde que, lorsque les événements sont proches, elles (les taches) sont rougeâtres; l'effet étant passé, sont cendrées et à peu s'évanouissent. »

Nous avons cru devoir copier simplement la traduction française dans toute sa naïveté.

« Philippi Phinellae de Methoposcopia astronomica de duodecim « signis celestibus'.

« Antverpia ex officinaplantiviana, apud Baldassarem Morenum, « 1650. »

Ce livre contient un grand nombre de figures suppléant le laconisme du texte. L'auteur pose en principe les modifications apportées aux influences de chaque planète, en raison de la présence du Soleil dans l'une de ses maisons zodiacales.

Nous citons :

« Dans le second signe, le Soleil distribue la splendeur, la magnificence, les richesses;

« La Lune, aussi les richesses;

« Saturne, les avarices ;

« Jupiter, les biens d'une immense fortune;

« Mars, les infortunes et la pauvreté;

« Vénus, les richesses ;

« Mercure, acquisition de bien par intelligence.

« Le Soleil, étant entré dans sa septième demeure, adiré les inimitiés des grands ;

« La Lune, des biens par les femmes ;

« Saturne, des ennemis publics;

« Jupiter, des biens par le fait des femmes;

« Mars, des bruits notables par le fait d'épouses;

« Vénus, une longue vieillesse ;

« Mercure, des procès. »

Le Soleil fait un pas de plus ; il est dans la huitième subdivision. « Il dispense les héritages ;

« La Lune, les richesses et une vie longue ;

« Saturne, de longues infirmités ;

« Jupiter, une longue vie ;

<( Mars, une mort violente;

« Vénus, héritages et richesses ;

« Mercure, discussions et inimitiés. »

Phinella nous fait ainsi parcourir tout le zodiaque, en notant les résultats de la présence du Soleil dans chacun de ses douze compartiments. Nous donnerons une idée de l'ensemble en lui empruntant quelques exemples ; nous substituons le français au latin, comme au-dessus (fig. 50).

Mi

Fig. 50. Fig. 51.

« Celui qui aura une ligne droite dans la situation de Jupiter, conformément à la description de la figure 39, possédera des

richesses. » Le Soleil est alors dans sa deuxième maison, comme dans le cas suivant de la figure 66 de Phinella (fig*. 51).

« Celui qui a trois lignes, à l'instar d'un N, dans la situation de Vénus, comme on le voit dans la figure 66, se réjouira des plus grands biens. »

Le Soleil occupe sa septième maison pour la tête ci-après (fig. 52) :

Fig. 52.

Fig. 53.

Fig. 54.

« Qui aura, dans la situation de Mercure, trois lignes obliques qui descendent à la situation de la Lune, comme dans la figure 114, s'alliera à trois épouses. » Le Soleil passe dans sa huitième maison (fig. 53) :

« Celui qui a deux lignes, l'une courte et droite, dans la situation de Mars, et l'autre dans la situation du Soleil, comme "> qui descende à la situation de Mercure sans la dépasser, comme dans la figure ^1 , sera blessé de plusieurs coups à la ête »

« Le possesseur d'une ligne droite, dans la situation de Jupiter, avec un petit rameau qui la sépare, comme dans la figure "2.66, sortira de cette vie par la place des exécutions patibulaires. »(fig. 54).

Nous appelons l'attention du lecteur sur ce volume :

« //. Cardani ?nedici Mediolanensis Metoposcopia libris tredecim, « et octogentis faciei humanse eiconibus complexa : cui accessit « Melampodis de nœvis corporis Tractatus , grsece et latine nunc « primum editus ; interprète Claudio-Martino Lavrenderio, doc- « tore medico parisiensi.

« T. I. Lutetiœ Parisiorum,WùcsMn, Cum privilegio régis chris- « tianissimi. »

NOTICE HISTORIQUE. 3;j

Cette publication est dédiée à Nicolas Fouquet, surintendant des finances.

Cardanus est né à Pavie, en 1501. 11 professa les mathématiques et la médecine. Il visita l'Ecosse, l'Angleterre, la France et vint à Rome, où il mourut, pensionnaire du pape, en 1576. Il a laissé de nombreux écrits, parmi lesquels est la Métoposcopie dont nous allons nous occuper.

L'éditeur a choisi l'in-folio pour développer un travail où l'image occupe une grande place.

L'auteur pose brièvement les règles, les aphorismes et les principes fondamentaux de son art. Il n'innove point; il méthodise ses observations. La topographie astrologique du front nous est connue : chaque région reçoit une signification des lignes qui s'y rencontrent et de leurs variétés notables.

Les deux premiers livres contiennent les dispositions générales. Les sept livres suivants comprennent les signes localisés dans les situations planétaires. La dixième partie est consacrée aux lignes traversant plusieurs subdivisions frontales. Les lignes mixtes font le sujet du onzième fascicule. Le douzième traite exclusivement des lignes frontales féminines. C'est une collection de cent quatre tètes où les signes favorables sont l'exception; le reste peut passer pour une satire propre à effaroucher les plus ardents partisans du

mariage .

Aux soins pris pour dissimuler les moindres plis du front, on croirait que nos dames ont lu ce terrible chapitre et redoutent ses perfides révélations.

Lisez, au bas de la figure 3\, le texte original dont voici la traduction (fig. 55) :

« Celle qui possède ces lignes aimera les procès et les discordes. »

Il y a de quoi hésiter à établir des relations suivies avec une personne aussi mal dotée.

Voici pis encore (fig. 16) (fig. 56) :

« Mais celle qui a ces grandes lignes sera la cause de la mort de « son époux. » Point de prétendant possible.

Nous conseillons à la malheureuse affligée d'un tel signe (fig. TS) de rester toujours fille :

L'oracle est ainsi conçu (fig. 57) :

« La femme qui a au front une ligne sous forme de croix sera tuée par son mari. »

Fig. 56.

La figure 9\ du xne livre montre des signes funestes (fig. 58) : « mais la femme qui porte ces signes mourra d'une mort horrible et ignominieuse. »

Fig. 57.

Fig. 58.

A deux numéros de distance de la figure précédente, se trouve celle-ci (fig. 59) :

« Sera fortunée et aura deux maris, la femme qui est marquée de ces deux lignes. » C'est bon.

Cependant une réflexion se présente à notre esprit sceptique. D'abord est-ce un avantage d'avoir deux maris, l'un après l'autre, bien entendu? puis, si l'épouse a été heureuse avec le premier, sa perte a dû causer une profonde douleur à la veuve. Or, comment concilier le bonheur promis avec la séparation cruelle permettant seule de renouer la chaîne fortunée avec le successeur du défunt? Pour être logique, il faut considérer l'épithète foriunala, du texte latin, comme relative aux biens matériels et non aux trésors du cœur.

Point d'ambiguïté dans la figure suivante, portant le numéro 99, la signification est absolue (fig. 60) :

« Sera favorisée de la fortune et sera élevée à de grandes dignités, la femme qui possède au front des lignes droites de cette sorte. »

Trois sillons semblables, mais c'est affreux ! Ne serait-ce pas faire payer trop cher à une coquette la position sociale réservée à cette disposition disgracieuse et peu encourageante?

Le stigmate imprimé sur le front de la figure V03, est déjà repoussant par son aspect ; il se complique de cette prédiction (fig. 61) :

(( La femme marquée de cette façon sera empoisonneuse, elle fera tort à ses proches et tuera son enfant, dans son propre sein, pour cacher ses méfaits. »

Comme exemple de la combinaison des lignes entre elles,

voici trois tètes, dont le signe principal est un N, placé à la base du front, entre les sourcils.

La légende de la figure 46, liv. 11, est ainsi conçue (fig. 62) :

PU. ci.

«11 aura de mauvaises habitudes; en voyage, il sera accablé de soins, de tribulations et d'affaires. »

« Quant à la femme, elle fera le métier d'entremetteuse, et subira de grandes vexations. »

/^SSs

Fig. 03.

La figure U6 du nc livre est accompagnée de cette explication (fig. 63) :

« 11 courra de grands dangers; il s'exilera, il sera malheureux et mourra blessé. »

« Mais la femme n'aura pas de chance; elle sera malhonnête, débauchée et tombera dans beaucoup de périls. »

Nous empruntons au livre x la figure VIO , avec cette prophétie (fis'- 64) :

« Mais l'homme doté de ces lignes mourra d'un calcul de la vessie. »

Le livre xm et dernier, est un opuscule sur les signes placés sur le visage, et leurs relations avec les autres parties corporelles.

C'est une suite d'affirmations, sans l'appui d'aucune considération physiologique. Cette prétendue science avait anciennement beaucoup d'adeptes, nous aurons l'occasion d'y revenir.

Dans l'année 1665, Philippe-Henri Treuchses traduit de l'allemand en français, et publie à la Haye, « la Chiromancie médicinale de Philippe May, accompagnée d'un traité de la physionomie, et d'un autre des marques qui paraissent sur les ongles des doigts. ))

Ici le cas devient grave, il y a une question d'humanité dans l'application d'un pareil enseignement à l'art de guérir ; à cette époque la médecine rationnelle avait fait peu de progrès. On en pourra juger par cet échantillon :

« Comme il est nécessaire pour la conservation de la santé, et pour son recouvrement, lorsqu'on en est privé, qu'il y ait des médecins; aussy est-il nécessaire que le médecin seache que tous les jours ne sont pas égallement fortunés pour entreprendre un malade, mais qu'il y en a de plus favorables les uns que les autres, et auxquels il le pourra plus tost guérir. Bref, l'expérience journalière nous assure que souvent les médecins ont guéri des maladies qui semblaient les plus dangereuses et désespérées en un jour fortuné, tandis, au contraire, qu'ils n'ont peu, je ne diray pas guérir, niais même apporter le moindre soulagement à une petitte maladie dans un jour malheureux. Afin donc qu'un médecin puisse sçavoir s'il sera heureux ou malheureux en sa pratique, je luy conseille de considérer l'ongle de son pouce et de prendre garde s'il y a quelque signe heureux ou infortuné, et suivant la nature de celuy qu'il y

rencontrera, il pourra juger du succez de son entreprise; car Mars, qui al'intandance sur les médecins, a aussi son siège dans le pouce ; et la raison pour laquelle Mars et Vénus régissent ensemble le pouce, c'est parce que ces deux planètes sont amies. »

De nos jours, beaucoup d'étudiants de quinzième année seraient plus à leur aise devant le jury d'admission, s'ils avaient à subir un pareil examen pour conquérir le bonnet de docteur. Heureusement pour nos malades contemporains, la Faculté de médecine actuelle ne se contente pas des procédés de Philippe May.

Ce qui passe toute croyance, le chiromancien ne consulte pas seulement les signes personnels de son client, il va plus loin ; laissons-le parler :

« Lorsque les signes sont rompus ou partagés, comme montre la lettre A, dans la troisième figure (fig. 65), ils font un petit effect, soit qu'ils soient bons ou mauvais. Pareillement, si un signe prend son cours au costé de l'ongle, comme indique la lettre B, et qu'il soit bon, il promettra quelque peu de bonheur ou de profit; et s'il est mauvais, un peu de tristesse ou de dommage. Toutefois il peut bien arriver qu'une personne se pourroit procurer la mort à elle-même, si dans le même jour auquel le signe fait son effect, et dans lequel elle est triste et mélancolique, elle venait à user de médicamens, et principalement purgatifs, qui ne serviraient qu'à débiliter son corps davantage qu'il n'estoit auparavant, ou si elle se négligoit ellemême ; car durant ce jour-là, il ne faut pas irriter, ni travailler la nature par des remèdes purgatifs, mais plutôt l'aider par des confortatifs. Si donc il arrivait qu'une personne vînt à mourir pour avoir irrité la nature, ou s'estre négligée dans le temps qu'un signe médiocre produisait son effect ; dans ce rencontre, on trouvera sur les ongles et dans la main de la femme du deffunct, que son mari était véritablement malade ; mais que sa maladie n'estoit pas mortelle. Il en faut dire autant des enfants à l'égard d'un père; des parents et alliez, des amys et domestiques, au regard d'un amy et d'un maître : car si un père ou un parent, un amy ou un maître vient à mourir pour s'estre négligé, ou pour avoir irrité la nature dans le temps qu'un signe médiocre produisait son effect, il est certain qu'on verra sur les ongles et dans les mains des enfants et des

alliez, des amys et domestiques, que le père ou le parent, l'amy ou le maître étaient malades, mais qu'ils ne devaient pas mourir de cette maladie s'ils se fussent conservez; on reconnaîtra, dis-je , cela sur leurs mains, si tant est qu'il y ait eu entre eux quelque sympathie, en quoy la nature se montre admirable. Mais si le deffunct avait toujours maltraité sa femme, ou le père ses enfants, l'amy son amy, le maître ses domestiques ; pour lors on trouvera

Pig. 05.

peu ou point de signes en iccux,ou il faudrait que toute la fortune de cette famille subsistât en la personne du deffunct. »

Un petit nombre de pages sur la physionomie médicinale terminent le livre de la chiromancie de Philippe May. Il ne s'agit pas ici des signes pathognomoniques, dont la science médicale s'est enrichie de nos jours.

Le chapitre premier traite de l'influence des astres, et des verrues qui paraissent quelquefois sur le visage et autres endroits du corps.

Le rapport des subdivisions du front avec les planètes, et quelques observations sur les divers tempéraments , viennent ensuite. L'auteur annonce, en terminant, une chiromancie curieuse. Selon lui, sa publication antérieure est un faible échantillon de celle pièce incomparable qui doit suivre bientôt.

Philippe May livrait à ses collègues cette application de la chiromancie et de l'astrologie en 1645. En 1673, Molière est mort. Avait-il tort de couvrir de ridicule le pathos médical de son époque? Le grand peintre de mœurs a-t-il chargé la caricature des docteurs du Malade imaginaire ?

Voici comment le traducteur de la Chiromancie naturelle, de Ronphile, appréciait, en 1665, dans la préface de son livre, l'opinion publique sur cette science :

« La chyromantie est maintenant décriée par tant de langues, et noircie de tant d'injures, qu'il n'est presque plus personne qui ose ouvertement, ny prendre son parti, ny défendre son honneur. Les hommes, même les plus sages, en ont été réduits à ces extrémitez, et par l'opinion du vulgaire qui ne sçaurait se figurer que l'on puisse connoistre, sans magie, quelque chose future, par les lignes des mains, et par l'ignorance des chyromantiens, qui n'ont pas sceu ce qu'ils pouvaient sçavoir, et ont voulu sçavoir ce qui ne pouvait pas tomber sous leur connaissance. D'où est venu que la chyromantie n'a plus rien prédit de vray ny de solide, mais qu'elle s'est amusée à débiter de bonne grâce des. imaginations, des faussetez et des sottises.

« Toutesfois cette science ne perd rien pour cela de son estime dans l'esprit des personnes qui adjoustentun sçavoir éminentà une haute sagesse, parce que ces personnes-là, considérant les choses comme elles sont, et ne les mesurant que par elles-mesmes, ne se laissent pas emporter aux communs sentimens du peuple. Ils regardent donc la chyromantie dans elie-mesme, et, en mesme temps, la révèrent comme une science très-noble et très-utile. Noble, en ce qu'elle ressent en quelque façon sa prophétie ; utile , en ce qu'elle fait voir- presque tout l'homme dépeint en abrégé dans un très-petit espace. »

L'œuvre de Ronphile]est loin de remplir son but. 11 est impos-

sible de réhabiliter ce qui ne repose sur aucune base physiologique. Seulement le défenseur de la chyromancie se montre moins absolu dans ses allégations, il n'hésite pas à rejeter ce qui lui semble absurde , dans les énonciations de ses devanciers. C'est une amélioration dans la marche, mais le point de départ n'en est pas moins faux.

Cette édition parut à Paris en 1665. L'année suivante, une autre édition fut publiée à Lyon. L'auteur n'ajoute rien aux élucubrations de ses maîtres. Il faut lui savoir gré d'avoir été sobre dans ses narrations; il expose simplement les règles admises.

Son livre se divise en deux parties. Dans la première, il explique la nature et les causes des lignes de la main ; il traite, dans la seconde moitié, de la divination ou des jugements à porter de ces lignes.

Il y a, de la Chiromancie de Ronphile, une édition antérieure en 1655.

Nous sommes en 1667. Un chiromancien galant s'adresse aux dames ; il leur consacre des études spéciales et leur en fait l'application particulière. Ce savant sectateur du beau sexe est Adrian Sicler, médecin spagyrique. Cette compilation laborieuse est intitulée : « Chiromance royale et nouvelle, enrichie de figures, de moralitez, et des observations de la cabale avec les prognostics des chiromanciens, tant anciens que modernes. »-

« Ouvrage très-utile, et particulier, pour les femmes de tous estats et conditions. »

Une presse lyonnaise a mis au jour ce curieux traité.

L'extrait suivant en montrera l'esprit et la portée. « Illustres dames,

« Ayant commancé la chiromance des hommes par Saturne, qui est un astre masculin, j'ai jugé à propos de commancer la vôtre par la Lune, qui est un planette féminin, en sorte que ma plume se dispose à vous élever jusques au plus haut des cieux par les mêmes cercles et degrés qu'elle en a fait descendre les hommes. Et, quoi) que la médisance estime que la Lune soit l'unique symbole de votre sexe, je veux qu'elle sçache que, pour tout certain, les hommes ne laissent pas d'en avoir lour bonne part; puisqu'il est constant, ei

môme prouvé par toutes les règles de la physique, que leurs os, non plus que les vôtres, mesdames, n'auroient ny suc, ny moelle, sans son irradiation, et les cerveaux de l'un et de l'autre genre seroient dans un continuel délire, si elle ne les humectait dans ses plainures, et l'expériance fait voir que la nuit n'auroit point de grâce ny de lumièresans sa clarté ; l'océan seroit privé de son flux et reflux sans ses influances ; les générations seroient stériles sans sa fécondité ; d'autant que c'est elle qui reçoit le précieux nectar de toutes les estoiles fixes du firmament pour le départir aux quatre éléments, et ceux-cy à tous les habitants de la terre. Estant encore vray de dire que c'est elle qui reçoit la sécheresse et la mélancholie de Saturne, la douceur et la débonnaireté de Jupiter , la cholère et la valeur de Mars, la lumière et la libéralité du Soleil, les unions amoureuses de Vénus, et la légèreté avec l'inconstance de Mercure. Tellement qu'estant comme elle est le point central de toutes les influances célestes, c'est avec beaucoup de raison qu'elle en est nommée la Trésorière, ce qui a fait que Platon et Aristote n'ont pas cru faillir en lui donnant une âme. »

La déclaration du fils de Diafoirus à Angélique est de cette école.

Adrian Sicler déploie dans son livre un luxe prodigieux de lignes et de petits plis, dont il affirme la signification empirique. Il cite avec complaisance, à l'appui de ses assertions, des faits authentiques et les opinions de ses devanciers. Il raconte des anecdotes intéressantes, et communique des secrets pour la guérison de plusieurs affections pathologiques. Par exemple : le camphre respiré est, d'après l'école de Salerne, un spécifique contre les dispositions historiques, — la mandragore appelle la fécondité. Les autres procédés sont plus contestables. Le médecin spagyrique propose à une fille ou à une veuve de porter une perle enchâssée dans de l'argent, au moment où la lune se renouvelle, afin de les guérir des maux de tête provenant de leur condition. Sicler attribue à ce moyen la mémoire extraordinaire du fameux jurisconsulte Durand.

Notre chiromancien explique par la présence d'un petit triangle dans la main de Mme la présidente Marbeuf, dans Rennes en Bretagne, sa maternité féconde. Cette dame eut trente-trois enfants,

d'un seul mariage, dans l'espace de trente-trois ans. Sieler aurait pu en donner une meilleure raison.

Nous nous abstiendrons, de peur de glacer d'effroi nos lecteurs, de leur révéler les marques auxquelles Siclcr reconnaît l'indice d'avoir la lé te tranchée on le col serré dans une corde.

Nous bornerons là notre examen, sommaire, si l'on considère l'étendue des recherches analysées, et trop long pour les hommes positifs. 11 y a certainement de quoi hésiter à suivre les développements d'Adrian Sieler, en voyant surtout la main dessinée de grandeur naturelle, et servant de tableau synoptique à son système. Cette planche suit le dernier feuillet; placée en tète du volume, elle eût découragé le plus fervent adepte de la science.

Une traduction en italien du livre de Porta parut en 1677, sous ce titre :

« Délia Chirofisionomia overo di quella parte délia humana « fisionomia, che si appartiene alla mano. Libri due del signor « Gio.-Baptista délia Porta, Napolitano, tradotti da un manos- « critto latino, dal signor Pompeo Sarnelli dottor dell'una, e l'ai— « Ira legge. Contro i Chiromanti impostori, che con vane osserva- « tioni liavcvano sporcato questa scienza, la qualc si mostra fon- « data sopra naturali congetturc. »

Douze pages seulement sont précédées de ce titre :

« Chiromanliœ quamtum opus est medicis absolu ta descriplio; « per generosum Rochum le Baillif, Edelphum medicum, ac Spa- « gyricum Northmanum. Medicus non est, sed particularium « rerum collector, qui Chiromantiam ignorât.

« Aut pax, aut nihil. »

On a souvent réimprimé un in-12 : la Connaissance de la bonne et mauvaise fortune des hommes et des femmes. L'auteur s'est exclusivement occupé de l'examen des lignes manuelles.

Enfin, la raison s'exerce à reprendre ses droits et sa puissance directrice. Avec les idées superstitieuses disparaissent les astrologues , les devins et les charlatans. On tend à remplacer des théories conjecturales par des études physiologiques. Une rénovation s'accomplit. On ne veut plus croire aveuglément ; on demande des faits ; il faut des preuves. On interroge l'homme

lui-même. L'expérimentation et l'anatomie sont appelées à fournir la solution du problème physiognomonique. Un savant plein de cœur, essentiellement honnête et fin observateur, Lavater, publie une suite d'impressions et de jugements sur les traits du visage et l'expression de l'ensemble humain. L'attention s'éveille sur une exploration à laquelle chacun peut s'associer en se prenant comme contrôle. Les sciences morales apportent leurs concours. Gall et Spurzheim ouvrent une voie nouvelle ; plusieurs les suivent ; Broussais adopte avec enthousiasme les bases de la phrénologie. A l'occasion de ces préceptes, on sonde l'humanité ; la question physique suscite un examen approfondi des solutions morales ; le prestige des vieilles écoles s'efface devant la réalité, la philosophie s'est éclairée d'une vive lumière.

Des considérations de temps et de convenances ne nous permettent pas d'analyser ici d'autres travaux, dignes d'éloges, d'auteurs contemporains.

Avant d'introduire le lecteur dans les coulisses, nous le placerons en face du théâtre du monde, et nous ferons passer sous ses yeux les principaux acteurs de la scène éternelle où l'humanité s'agite.

La description de la tète est le sommaire de l'étude physiognomonique du corps humain. La tête porte le sceau du pouvoir intellectuel. Elle distingue, entre elles, les variétés dont se compose la famille universelle. La tête établit la différence de l'homme à l'homme, en constituant son individualité.

Le type primordial de la nationalité a dû se modifier par les relations ouvertes entre les peuples. La forme native s'est conservée chez les Juifs, dont les ancêtres, de génération en génération, se sont alliés aux femmes de leurs tribus; elle est également demeurée pure dans les pays séparés des autres par des obstacles géographiques ou par l'isolement volontaire. Les nuances se fondront quand les intérêts, devenus communs, ne laisseront plus subsister de barrières politiques. Il existe un grand nombre de métis : l'abolition de l'esclavage amènera l'absorption des noirs par les blancs.

Une souche unique a-t-elle donné naissance aux branches de l'espèce humaine, ou chacune des plus vigoureuses a-t-clle une origine propre ? Il serait difficile d'affirmer l'unité du berceau des races blanche et noire. D'ailleurs, nous n'avons pas à résoudre un problème, mais à constater des faits. Les savants ne sont pas d'accord à cet égard.

Le célèbre professeur de Gœttingue, Blumenbach, comptait cinq races : la caucasienne, la mongole, la nègre, l'américaine et la malaise. Guvier admettait les trois premières. Bory de Saint- Vincent en proposa dix-sept.

Il faut surtout considérer la charpente osseuse, moins sujette aux variations subies par les parties molles. Camper a donné un moyen

d'apprécier les différences d'aspect. 11 mène une ligne du trou auditif au sommet de l'épine nasale inférieure. Il mesure l'angle formé par cette droite et une autre, tangente à la courbe du front et à la saillie alvéolaire de la mâchoire.

Fig. 68.

Fig. 69.

Pour s'éclairer sur la valeur des propositions des anthropologistes, il serait indispensable de procéder logiquement, en étudiant toutes les espèces une à une, et en comparant chacune avec les autres. Il existe une séparation évidente entre le nègre et le blanc. Nous n'hésitons pas à réduire à ces deux extrêmes les races

DES RACES HOIAINES.

humaines. Si le Mongol présente des dispositions spéciales, absentes chez les deux premiers, il n'en est pas de même des subdivisions au delà; elles empruntent plus ou moins de traits à l'un de ces trois grands types. En voici des échantillons. Nous devons la communication des originaux à l'obligeance du docteur Prunner-

l'ig. 70. Fig 71.

Bey, l'infatigable ethnographe. La face est mise en regard de son profil.

Cette tête d'un soldat Corsc(fig. G G et G7) est essentiellement caucasienne. C'est un beau spécimen de la race blanche; il s'éloigne complètement de l'animalité.

Fig. n.

Fig. 73.

Le Mongol se reconnaît à la saillie de ses pommettes et à la courbure de son front (fig. G8 et 69). La mâchoire avancée et le crâne surbaissé du nègre le rapprochent du singe (fig. 70 et 71). Cette conformation originelle de la race noire se montre, chez l'enfant (fig. 72 et 73), à l'état rudimentaire et déjà parfaitement caractérisée.

Les huit dessins précédents ont été exécutés sur la même échelle. En les circonscrivant dans des parallélogrammes rectangles égaux, l'on en saisirait mieux encore la dissemblance.

La simplicité du procédé métrique de Camper ne paraît pas assez rigoureuse au chercheur obstiné ; le docteur Prunner-Bey a multiplié les calculs et rendu plus certaines les divergences et les concordances de construction. Il compare entre elles les mesures des angles correspondants et la longueur de leurs côtés. Il obtient ainsi des résultats d'une précision mathématique pour la classification des identités d'origine.

Le signalement de chacune des subdivisions principales servira de passe-port aux étrangers, dont les portraits vont se classer dans notre galerie ; nous les avons dessinés d'après les originaux moulés surnature, appartenant à la riche collection du Muséum d'histoire naturelle de Paris.

RACE BLANCHE

La race blanche ou caucasienne a la tête ovoïdale, un front développé en avant, des sourcils en arc, des yeux fendus et ouverts, un nez grand et droit, une bouche de moyenne dimension, des lèvres d'un modelé fin et peu saillant, des dents verticales, des cheveux épais, lisses et longs.

La plastique grecque nous fournit les proportions des traits de la tête caucasienne (fig. 74). Le nez est le quart de la hauteur de la tête, dont le milieu se trouve sur la ligne horizontale des yeux ; ceux-ci en occupent les deux cinquièmes, d'une tempe à l'autre, dans la position de face. L'oreille égale le nez en élévation; le front a la même mesure ; elle se retrouve encore entre l'implantation des cheveux et leur limite externe. La bouche se ferme sur la ligne séparant la première partie de la seconde, si l'on divise en trois l'intervalle compris entre la base nasale et le dessous du menton. Le diamètre vertical de la tête est la septième ou huitième fraction de la stature totale de l'adulte.

RACE BLANCHE. 09

Les cheveux et les yeux noirs, les yeux bleus et gris, les cheve-

lures blondes et roussâtres sont répandus dans la race blanche. La

FiS. 73.

famille Teutonne marche en première ligne. Elle est suivie des

Grecs, des Allemands, des Scandinaves, des Anglais, des Français, des Latins, des Hispaniens, etc.

Fig. 76.

Nous aurons assez d'occasions de reproduire le type blanc dans

le courant de ce livre, pour nous borner à ces profils islandais, persan et algériens.

RACE BLANCHE

Thorn Arnadotter (fig. 75), vingt-quatre ans, née à Reykiawik. Sigridur Bjarnadotter (fig. 76); ces deux Islandaises ont le môme

Fig. 78.

âge et le môme lieu de naissance ; elles étaient servantes comme

Fig. 79.

leur compatriote Ragnhéidur Olass Datter (fig. 77), née le o février 1838 à Auteost Gulbringasysset.

Mohammed Tagin (%. 78), Persan, natif de Téhéran; il avait vingt-huit ans quand sa tête fut moulée, sur le vivant, en 1860.

& S Nr ?

Fig. 86.

Voici le contingent algérien :

Salem Ben el Hadgy (%. 79), et Ibrahim Nascer (fig. 80).

RACE JAUNE

Les Mongols se font remarquer, dans la race jaune, par la prédominance des pommettes et la petitesse du nez. Ils ont les yeux étroits et obliques, le visage plat, les cheveux droits, gros et noirs, peu de barbe et le teint d'un jaune olivâtre. Le tout s'encadre dans un losange dont les angles aigus sont en haut et en bas. Le célèbre Tchengiskan appartient à la famille mongole, à laquelle se rattachent les Chinois, les Japonais, les Lapons, les Samoïèdes, les Esquimaux, les Toungouses, les Mandchoux, etc.

Nous avons dessiné d'après nature le Chinois dont nous offrons ici le profil et le nom, écrit de la main du modèle, au bas de son

RACE JAUNE. 73

image (fi g. 81). Les missionnaires l'avaient nommé Simon sur les

Fig. SI.

fonts de baptême; ils lui avaient enseigné le latin, à l'exclusion de

Fig. 62.

la langue française, dont Voltaire et Rousseau se sont servi pour combattre l'ignorance et ses préjugés.

Cet autre Chinois (%. 82), est originaire de la province de Shanghaï .

Son nom est Al hou, son âge trente-trois ans.

Fig. 83.

La Laponie a fourni les trois naturels suivants : Un jeune Lapon

Fig. 84

(fig. 83), déjà reconnaissable à la forme osseuse,' sur laquelle s'appnient des traits en train de s'accuser. Un Lapon adulte (fig. 84),

RACE JAUNE

au caractère fortement prononcé. Une femme laponne (fig. 85), dans tout l'éclat de la jeunesse et de son développement.

Fig. 85.

Nous représentons la famille eskimale par ce fils de la colonie de Frederickshaal (fig\ 86), dans le Groenland.

Fig. 85.

Pavia Johannes Sckem Bonscn (fig-. 87), né à Julian Haall, vingtsept ans. Julian Hall fait partie de la colonie de Frederickshaal, où est née aussi la femme Assenât Eleonora Elisabette (%. 88) à

Granoën. Cette dame, âgée alors de vingt-sept ans, sera difficilement rangée dans lapins belle moitié du genre humain. Cette con-

sidération n'a pas déterminé notre choix. Nous l'offrons comme un

Fig. I

type peu flatteur il est vrai, mais incontestable de la conformation de sa race.

RACE ROUGE

RACE ROUGE

Les peaux-rouges ont, en général, les cheveux noirs, rudes et gros. Leur barbe est peu fournie. Leur teint passe des nuances du jaune à celles du rouge cuivré. Leurs yeux ouverts et grands et leur nez en saillie, ressemblent beaucoup à ceux de la race blanche. Leur crâne est déprimé en avant et développé en arrière. Les Indiens de l'Amérique, les Charruas, les Botucudos, se trouvent dans cette nombreuse variété.

La peuplade des Charruas, de l'Amérique du Sud, est très-bclli-

rig. su.

queuse. Son caractère est très-significatif. Le Charruas (fig. 89) résume dans sa structure les qualités physiques et morales de ses frères .

Le Botucudo, homme (fig. 90), porte au lobule de l'oreille le cylindre de bois, haute marque de distinction dans son pays. Celle

étrange décoration distend énormément les tissus ; on l'appelle botoque. Les fashionables en placent également un sous la lèvre in-

Fig «0.

férieure, largement incisée. Ils leretirent au besoin. M. Ferdinand Denis a bien voulu nous communiquer ces deux espèces d'orne-

Fig. <J1.

ments, recueillies par lui, sur les lieux mêmes. Le disque auriculaire avait 0,64 millimètres de diamètre sur 0,18 d'épaisseur. Le la-

HACE ROUGE. 79

bial mesurait un diamètre de 0,53 et 0,25 de hauteur. Le poids du

Fig 02.

premierétait 48,90 : le second pesait 5S,80; ils étaient plus gênants que lourds.

Fig. oa.

La femme Botucudo (fig'. 91), n'a rien emprunté à la parure ; elle eût été bien pardonnable d'avoir recours, sans scrupule, à ce moyen artificiel, s'il eût pu l'embellir.

Homme Ioway (fig. 92) des montagnes Rocheuses, grande chaîne de l'Amérique septentrionale.

Femme Ioway(fig. 93).

Fig. 9'..

Marica (fig. 94), jeune indienne, âgée de onzeans, de Guayaquil, Quito, Equateur.

Elle se trouvait à Paris en 18ol ; M. Jules Boursier l'y avait amenée.

RACE BRUNE

La désignation de race brune est affectée aux peuples dont la coloration est au-dessous de la noire, et plus foncée que la jaune et la rouge. La subdivision brune paraît résulter de la combinaison de la noire avec les autres. On rencontre la teinte brune dans l'ancienne Ethiopie, l'Hindoustan, l'Indo-Chine, la Malaisie et les peuplades appelées Polynésiennes par Dumont-Durville.

La forme brune participe de la blanche et de la jaune. Certains rameaux ont le teint bronzé, les cheveux crépus, mais non laineux

RACE BRUNE. 81

et parfois lisses peu; de barbe, les yeux vifs, le visage ovale, le

Fig. 95.

menton fuyant. On voit chez les Hindous un front élevé, des cheveux fins et d'un beau noir.

Les Malais ont la pommette plus saillante, les yeux bridés, le nez épaté, la barbe rare, les cheveux plats et lisses.

Les Polynésiens ont le front haut, de grands yeux noirs expres-

Fig. 97.

sifs, le nez aplati, la bouche bien faite, avec des lèvres un peu

Fis. «8.

grosses, des dents magnifiques, des cheveux noirs, formant de larges boucles.

RACE BRUNE

Laissons défiler ces membres de la famille brune; ils sont munis de leur acte de naissance.

Pis OU.

JNezein (fig. 95), natif de l'île de Periadik, groupe Rouk ou JNoug'onord, archipel des Carolines.

Carlos Bahi (%. 96), né dans l'île de Guaham, archipel des Mariannes.

Poukalem (fig. 97), natif de Otago, île Tawaï-Pounamon, Nouvelle-Zélande.

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