DE L'ODEUR
De chaque corps vivant émane une odeur générique ; elle est facile à constater chez l'homme et les animaux, en excitant en eux la transpiration naturelle. La danse, la course, un exercice violent favorisent ce résultat. Nous n'utilisoDS pas le sens de l'odorat, faute d'habituer la membrane olfactive à saisir les nuances odoriférantes, si bien appréciables par les animaux et notamment les chiens. C'est une ressource physiognomonique de moins.
Les chiens sentent de loin l'approche de leur maître, avant de l'avoir aperçu. Cela tient à leur mémoire des odeurs. Ils se déterminent par elles, de préférence à tout autre moyen d'investigation. Mon petit chien Hope s'empresse de prendre, avec son nez, le signalement des visiteurs de la maison. On sonne : il s'élance à la porte, et avant qu'elle soit ouverte il aboie, s'il s'agit pour lui d'un inconnu; sa queue s'agite en souhait de bienvenue, s'il reconnaît un ami dans le sonneur invisible. Le flair n'est pas sans doute son unique procédé, mais le principal.
Les animaux sont avertis de l'arrivée de leurs ennemis par les émanations corporelles. Il y a horripilation générale de la victime, avant de se trouver face à face avec la bête fauve.
L'odeur n'est pas seulement un avertissement ; elle est chez plusieurs un moyen de défense, en opposant des déjections fétides aux attaques dangereuses.
L'odeur sert à suivre la piste du fuyard.
La fraîcheur de l'haleine est un indice du calme de l'âme candide et jeune dans un corps sain. La fièvre imprime au souffle respiratoire un caractère spécial. Une mère ne s'y méprend pas,