‹ De la physiognomonie;Chapitre 29 sur 87 · DR L'ATTITUDE · texte numérisé non relu

DR L'ATTITUDE

qualités de l'esprit et du cœur apparaissent dans l'attitude loyale. La candeur, ce frais parfum de l'âme, s'exhale d'une attitude naïve (fig. 468), ouverte, chaste et calme. Aux bras ballants, au pas lent et traînard, on reconnaît la nonchalance et la paresse.

Laroideur de l'attitude annonce la fierté sotte et égoïste de l'impertinence (fig. 409).

L'immobilité montre la contention morale. La vivacité des changements de l'attitude est la marque d'un esprit inquiet, actif, impatient, incapable de se fixer sur un objet.

Fig. 409,

L'attitude du recueillement, de la prière, de l'humilité, appartient à l'état concentrique simple de l'âme. L'attitude provocatrice, aux gestes excentriques violents, montre la surexcitation. Elle déborde dans l'attitude mouvementée de la joie.

Il y a un grand enseignement dans les contrastes : en comparant l'attitude du coupable à celle du juge, on sent, d'une part, l'attitude fléchir sous le poids de la conscience de la faute, et, de l'autre, la supériorité d'action rendre la tenue imposante dans sa rectitude.

L'attitude donne de la force ou de la grâce au discours ; elle en

augmente l'effet, en concourant à faire partager à l'auditoire la conviction de l'orateur.

Chaque degré de l'échelle sociale se mesure par l'attitude plus ou moins prétentieuse. L'angle formé par l'inclinaison du corps sur les extrémités inférieures chez les humbles, tend de plus en plus à s'effacer avec le redressement de l'orgueil du parvenu.

De l'intelligence à l'idiotisme on trouve une variété descendante dans le mode de se tenir et de se présenter. Il y a plénitude chez l'intelligent et vacuité chez l'idiot.

L'afféterie affiche des prétentions ; elle ne les justifie pas et va contre son but. Elle témoigne de l'absence de mérites dont on voudrait se parer.

La pose du pédant suffit pour constater son ignorance et sa sottise. Le méditateur a une attitude concentrique : la tête s'incline sur la poitrine, où vont se croiser les bras. Le distrait laisse aller sa tête comme une girouette au vent ; son corps et ses extrémités se meuvent au hasard d'une lubie imprévue. L'attitude du sage est calme et mesurée. Le tapageur s'agite. L'homme fier se maintient roide. Le fat se dindonne en marchant. L'irrésolu s'embarrasse de sa propre personne ; il est gêné dans ses manifestations.

La coquette se remue comme l'anguille habile à glisser sous les doigts cherchant à la saisir. L'attitude de cette femme s'ingénie à faire miroiter la prunelle, la poitrine, les bras, les mains, le pied pour éblouir. La boiteuse se donne une attitude propre à déguiser sa difformité. J'ai connu une dame ayant toujours à la main un élégant mouchoir, pour couvrir la place où manquait un doigt.

Étudiez les différences d'attitudes de chacun des auditeurs d'un discours adressé à tous et celles des spectateurs d'un fait, qui les impressionne dans la mesure de leur intérêt particulier. On apprécie mieux les nuances expressives dans des conditions dont un terme au moins est commun. C'est un spectacle saisissant et profitable au physiognomoniste. J'ai recueilli bien des observations dans l'intérieur d'un omnibus. Là, les voyageurs servent de modèle; leur tenue n'est pas apprêtée, elle est lisible. Usez de ce système de locomotion ; la leçon offerte pendant le trajet vaut bien trente centimes.

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