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DE LA COIFFURE NATIONALE

«Iliaque peuple a disposé sa chevelure selon ses besoins journaliers et les exigences du climat sous lequel il était contraint de vivre. Des considérations purement religieuses ont consacré la manière de se coifler des adhérents au culte admis. Certaines populations, plus mobiles dans leurs vues, ont marqué les phases de leur existence politique par des changements de coiffure, en rapport avec les idées dominantes de l'époque. Tantôt on en a fait un signe de ralliement à une forme gouvernementale adoptée, tantôt un acte d'opposition envers le pouvoir.

Il y a des coiffures traditionnelles, sans autre raison d'être que d'avoir été.

Les sauvages cherchent dans la bizarrerie de leur coiffure le moyen de se rendre effrayants et terribles à leur ennemi, en augmentant l'aspect de leur stature. Leur expression prend aussi plus de férocité sous cet appareil monstrueux. Une chevelure est chez eux un trophée. Malheur au vaincu! sa tête est immédiatement scalpée, et l'horrible dépouille demeure un souvenir et un titre de gloire.

En Orient, la tête des hommes est rasée. Les femmes attachent un grand prix à leur chevelure. Dans le Nord, elle est maintenue dans la limite nécessaire pour éviter la g-ênc.

La longueur de la chevelure a été le privilège exclusif des anciens rois français. Elle était un signe distinctif du pouvoir souverain ; la résection de la chevelure suivait la déchéance et la confirmait. Se couper les cheveux près de la racine était alors une marque de démission de membre de la société générale. On dépose encore aujourd'hui sa chevelure au seuil des maisons conven-

tuelles, où le fanatisme et la stupidité vont parquer leurs tristes victimes. Là, chaque bribe d'existence s'use lentement sur les grains d'un chapelet, sans profit pour l'humanité.

L'influence des idées régnantes sur la coiffure nationale ressort des collections de coiffures aux étapes successives de l'esprit humain. On voit l'excentricité dans l'arrangement des cheveux, après de grandes commotions ou sous l'impulsion d'une cour dissolue ; la simplicité avec des mœurs douces et honnêtes; la sévérité sous le régime républicain. Le plus bel ornement du citoyen est un nom pur et une réputation méritée d'abnégation personnelle et de dévouement à la chose publique.

Le type de la coiffure naturelle se conserve plus longtemps dans les campagnes éloignées des agitations sociales. Notre Normandie n'a pas changé sa coiffure ancienne. Le caprice de la mode a trop d'empire à la ville pour ne pas y varier à l'infini la manière de porter la chevelure, afin de se conformer aux goûts passagers du maître. Isabeau de Bavière ayant perdu ses cheveux par suite d'une maladie, on vit les femmes de son palais se défaire de leur chevelure, n'osant plus se parer d'un ornement manquant à leur souveraine. Louis XIV a imposé la perruque à ses flatteurs. Napoléon, après avoir porté la petite queue et les cheveux en oreilles de chien, dans sa jeunesse, a mis plus tard à l'ordre du jour les cheveux courts, adoptés par lui sous l'empire.

Quel contraste entre les têtes sévères de Brutus et de Cicéron et celles qui se surchargeaient des cheveux d'emprunt en usage sous le roi-soleil, et surtout avec celles écrasées sous l'échafaudage des mille fantaisies burlesques éditées par les coiffeurs des courtisans et -courtisanes sous Louis XV !

Jetez les yeux sur la coiffure mâle des soldats de Léonidas et sur celle des Perses, vous désignerez aussitôt les vainqueurs dans la lutte engagée par une monarchie efféminée contre une république exercée à la fatigue et à la pratique des plus nobles vertus.

La diversité des coiffures dans les tribus indiennes est prodigieuse. On en trouve de curieux échantillons dans deux ouvrages très-remarquables. L'un, imprimé à Philadelphie, a pour titre : Information respecting the hislory, condition and prospects of the

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