ÉTAT PATHOGNOMONIQUE DES ANIMAUX
L'état pathognomonique des animaux se manifeste par des signes certains. Le degré de lustration du pelage, la démarche, la tension ou l'affaissement des oreilles et de la queue, le port de la tête, l'éclat ou l'aspect terne du regard, l'agitation et la coloration de la langue, sa sécheresse ou son humidité, la nature des sécrétions, ne laissent aucun doute au vétérinaire.
Les animaux eux-mêmes ne se trompent pas sur la portée de l'extériorité de leurs semblables et des autres races. Tous fuient épouvantés devant l'hydrophobie à son début.
Les oiseaux malades ont le coloris de leur plumage moins brillant; leurs ailes sont tombantes, leurs paupières s'abaissent, le regard s'éteint.
Les poissons inclinent à se coucher sur le côté ; leurs nageoires ont peine à fonctionner.
Le règne végétal fournit des documents analogues au cultivateur vigilant et soigneux de ses plantes. Il reconnaît leurs maladies à des symptômes dont l'expérience lui fait connaître la gravité et le met à même d'y porter remède. La plante indique ses besoins par les altérations provenant de leur non-satisfaction. La feuille et la tige s'amollissent et se fanent faute d'eau. L'excès de la chaleur les dessèche; le manque d'air les étiole; l'épuisement du sol arrête la croissance. L'ombre ôte la teinte vigoureuse du feuillage. Les insectes parasites sont surtout des causes incessantes de détérioration : on constate leur présence invisible par les effets produits. Tout ce qui vit et souffre le témoigne par son extériorité.