‹ De la physiognomonie;Chapitre 52 sur 87 · VANITEUX · texte numérisé non relu

VANITEUX

ïl y a deux sortes de vaniteux : les uns imposent leur éloge et le revendiquent avec aplomb, comme une redevance légitime; les autres le mendient naïvement. Les premiers pèsent de tout le poids de leurs prétentions sur leur entourage; on lit dans le regard des seconds : « Pour les besoins de ma vanité, s'il vous plaît! » Nous supportons impatiemment l'impudence; nous avons pitié du suppliant qui tend l'oreille à notre aumône.

Lorsque le célèbre Vandael eut cessé de vivre, Redouté, son émule, s'écria : « Le second peintre de fleurs est mort. — Qui places-tu donc le premier? lui demanda son vieil ami Boilly, artiste distingué. — Moi! » dit sans hésitation Redouté. Classonsle dans la première catégorie.

La vanité n'exclut pas les sentiments affectueux.

Fieschy vient d'entendre le réquisitoire du ministère public. Cet homme est plus vivement blessé dans sa vanité par la parole incisive du magistrat, que dans sa propre personne par l'explosion de sa machine infernale. Il dispute sa tète au bourreau et son nom à l'exécration publique.

Cependant il s'émeut encore en écrivant à Nina Lassave. La voix du cœur de l'assassin domine celle du procureur général. Il trace d'une main ferme la lettre suivante, dont nous conservons l'orthographe :

« Ma pauvre amie, toi la moitié de moi -me ver nous avons « bue le calis jousque a la lie mais aujourdhui; j espère que il nen « serat plus le même Tangage soit mes avocat soit le procureur « gênerai, il feront la part à chaque en, et peut ettre Ion te prou- « vera le contraire. Me complice se défende comme i peuve. Mais « la nation nous joujera et la joustice. Car si Ion mavait pas donc « la farrin je naurais pas pue faire du pain et si je navais pas crue « ta mère, que elle me disait, que Ion maurais condamne a 20 ans. « Mais elle ettait pour me pousser au desespoire. Elle a réussi, « brefe pour se?... je tcn souplie jeté un regard sour ton ami « quil est hereus, lorcequc il te voi en présence jadmire ton doux « sourrire il nen men faut pas davantage, il faut du courage et de ci la résignation et non cesse jamais, de faire profession de la vertu « car une circonstance comme la nottrc le monde il non trouve- « rais pas si couppable, sil conessais les fait tel quil sont arrive, « adieux ma pauvre amie nen te chagrin pas, ton ami pour la vie.

« « PlESCHY.

« Je te prie de me faire savoir si ma lettre est entre te main. »

En marge de la feuille, on lit :

« Cette lettre m'a été écrite par Fieschi la veille de la réplique « du procureur général aux avocats des accusés je la donne a « monsieur Charles Le Blond.

« Paris 17 février 1830. Nina Lassavk. »

La suscription de la lettre de Fieschi porte ces seuls mots :

« Pour Nina. »

476 PHYSIOGNOiMONIE.

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