‹ De la physiognomonie;Chapitre 53 sur 87 · JEUNE MÈRE · texte numérisé non relu

JEUNE MÈRE

Cette jeune femme est tout amour. Son gracieux visage a l'expression naïve de la maternité se glorifiant dans son œuvre. Il faut la voir s'isolant de son entourage et s'abandonnant aux doux épanchements d'une sensibilité entretenue par de ravissantes extases. Son bel enfant est sa vie. Elle s'absorbe en avare dans ce trésor. Elle l'enveloppe de sa sollicitude. Elle le tient rapproché d'elle avec tant de délicatesse qu'il paraît céder à une attraction magnétique et n'être pas soutenu. La bienheureuse mère aime à l'endormir au balancement de deux bras arrondis en forme de berceau. Un chaste et doux regard cherche la place où butiner un baiser. Puis sa bouche souriante vient, comme l'abeille sur les fleurs, se poser sur les traits du petit ange. Elle les effleure les uns après les autres. Elle savoure à petite dose ce frais contact, pour le goûter dans sa plénitude.

Page 1