‹ De la physiognomonie;Chapitre 57 sur 87 · AMOUR ET DÉVOTION · texte numérisé non relu

AMOUR ET DÉVOTION

Certains traits du caractère féminin échappent à l'analyse. Ils sont comme les suaves contours du Corrége, toujours séduisants. Leur morbidesse permet au spectateur d'en achever le vague, au gré de son imagination. On s'assimile ainsi le coté sympathique d'une femme, où tout est indécis.

Celle-ci est aimante et dévote. Le calcul est complètement étranger à ses déterminations versatiles. Son tempérament indocile la pousse au plaisir ; la fatigue des sens la ramène à la dévotion.

Une moitié de sa vie est employée à racheter l'autre. Elle fait son possible pour arriver au pair, sans espoir d'être, un jour, en avance de bons points canoniques.

Elle est jeune et ne ménage pas les trésors de sa sensibilité. Les absolutions réitérées du prêtre ne suffisent pas à rétablir l'équilibre dans cette âme aventureuse et timorée. Elle escompterait volontiers, en punitions préventives, le droit de pécher plus tard en sûreté de conscience.

Elle se parc avec luxe, afin d'aller entendre le service divin à sa paroisse. Elle tire un double profit de sa toilette : en quittant la maison de Dieu, elle ira se glisser dans la chambrette d'un amant heureux, dont les désirs seront aussi bien remplis que les prescriptions du confesseur ont été sincèrement exécutées. C'est une lutte où le ciel aura le dernier mot, quand sonnera l'heure de renoncer aux joies de la terre.

Les étoifes chatoyantes, appelant le regard et réfléchissant la lumière, les rubans les plus longs et les plus frais, les robes les plus amples ont ses préférences. Elle eut inventé la crinoline, si l'on eut tardé de la produire au monde. Au temps de la mythologie grecque, elle eut supplié Jupiter de la transformer en l'un de ces astres passagers qui brillent un instant et sont suivis d'une traînée lumineuse.

Excellente femme au fond, poussant le dévouement à sdn extrême

limite. Peut-être hésiterait-elle à sacrifier un ajustement propre à lui attirer de nombreux hommages; mais elle est capable d'acheter l'occasion de rendre un service, avec la monnaie dont sainte Marie l'Égyptienne dut payer un batelier, dans un moment de gêne, sans préjudice des félicités du paradis dans l'éternité.

Signes graphiques :

Visage oblong inférieurement, — front relativement bas, — nez court et arrondi par le bout, — lèvres fortes, — yeux bleus et légèrement en saillie, — chairs soutenues, — peau blanche et fine, — menton un peu lourd, — cheveux châtains avec leur ton naturel : ils commencent à tomber.

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