‹ De la physiognomonie;Chapitre 66 sur 87 · MAJESTE · texte numérisé non relu

MAJESTE

La majesté tient en grande partie à l'immobilité des traits; ce qui ne se meut pas impose. Un cadavre a particulièrement ce caractère. Il s'annonce déjà sur le faciès de ceux dont la mort a pris possession, avant que la vie en soit complètement retirée.

L'on s'incline devant le front calme du vieillard. Le juge, impassible sur son siège, dans le recueillement de sa conscience, produit une impression profonde, par la dignité inhérente à l'abstention de gestes et à une attitude froide et réservée.

Le signe passionnel indique la fissure par où pénétrer au cœur. L'inactivité complète des muscles ne permet pas de soupçonner le point vulnérable ; de là le sentiment de respect qu'elle inspire, au contraire de la dissimulation.

Le diplomate habile ne se laisse pas entamer, il ne montre pas la moindre émotion ; cependant l'excessive prudence du négociateur avertit de l'importance de ses restrictions, en en cachant le pourquoi.

On a dit d'un grand trafiqueur de politique : « S'il recevait un coup de pied dans le dos, sa face n'en témoignerait rien. » Il avait l'art de se contenir; il manquait de majesté.

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