NEANDERTHAL
FiG. 55. — Comparaison du crâne de Neanderthal et de celui d'Eguisbeini.
Les crânes qui offrent un caractère analogue et qui sont d'une authenticité paléontologique incontestable sont maintenant assez nombreux. {Trad.)
crâne d'un Européen d*une dolichocépbalie moyenne, diffère beaucoup moins du crâne d'un nègre, par exemple, que n'en diffère sa mâchoire. C'est pourquoi, en l'absence des mâchoires, les opinions avancées sur les rapports des crânes fossiles avec les races modernes, doivent n'être admises qu'avec certaines réserves.
Prenant donc les témoignages tels qu'ils sont réellement, je dois avouer d'abord en ce qui concerne le crâne d'Ëngis, que je ne vois dans ses débris aucun caractère qui, s'il était d'origine récente, pourrait me mettre sur la voie de la race à laquelle il appartient ; son contour et ses mesures s'accordent parfaitement bien avec ceux de quelques crânefs australiens que j'ai examinés. Il a parfaitement cette tendance à l'aplatissement de l'occiput si remarquable dans quelques crânes australiens dont j'ai parlé. Mais tous les crânes australiens ne présentent pas cet aplatissement et l'arcade sourcilière du crâne d'Engis est tout à fait différente de celle des types australiens.
D'un autre côté ses mesures concordent également bien avec celles de quelques crânes européens. Assurément d'ailleurs aucune partie de sa structure n'offre la moindre trace de dégradation. C'est là, en effet, un crâne humain d'une bonne moyenne qui peut avoir appartenu à un philosophe, ou peut tout aussi bien avoir contenu le cerveau inculte d'un sauvage (1).
(1) Yogt et Spring ont contesté cette conclusion: le premier après avoir cité cette dernière phrase d'Huxley, ajoute qu'il ne peut adopter sans réserves l'opinion qu'elle exprime. « La longueur excessive, letroitesse de ce crâne et sa faible hauteur impliquent ime capacité cérébrale relativement faible. Ce n'est que le rapprochement des protubérances frontales qui font paraître le front bombé. Depuis les protubérances frontales jusqu'au point le plus élevé et très-reculé du vertex, la courbure est assez aplatie et les lobes antérieurs du cerveau devaient nécessairement n'être que peu développés. Ces détails se rattachent du reste ei) grande partie au développement indivi-
Autre est le crâne de Neanderthai : sous quelque aspect que nous le considérions, que nous regardions sa dépression dans le sens vertical, l'énorme épaisseur de ses arcades sourcilières, son occiput incliné ou ses sutures écailleuses longues et droites, nous rencontrons partout les caractères simiens qui le marquent de leur empreinte comme étant la forme la plus pithécoïde qui ait été découverte parmi les crânes humains. Toutefois le professeur Schaafhausen dit que ce crâne, dans sa condition présente, contient 1055,24 centimètres cubes d'eau, ou environ 65 pouces cubes, et comme le crâne tout entier pourrait difficilement avoir contenu une quantité additionnelle d'eau supérieure à 12 pouces cubes, sa capacité peut être estimée à environ 75 pouces cubes (1250 c. cubes), ce qui est la capacité moyenne donnée par Morton pour les Polynésiens et les Hottentots. Cette quantité de substance cérébrale suffirait pour qu'on pût penser que les tendances pithécoïdes indiquées par ce crâne ne s'étendaient pas profondément dans l'organisation, et cette conclusion est appuyée par les
duel de la masse célébrale. Les caractères les plus importants pour Tappréciation de la race résident dans les rapports de la longueur à la largeur et sous ce point de vue le crâne d'Engis est un des plus défayorablement, des plus animalement conformés, un des crânes les plus simiens... S'il faut émettre une opinion qui ne peut, à la vérité, reposer sur de nombreuses observations, le crâne d'Engis paraît occuper le milieu entre Taustralien et l'esquimau. » {Leç, sur r homme, p. 389). Spring dit : « Nous considérons comme stériles tous les efforts qu'en tenterait afin d'appliquer à ces très-anciens restes une étiquette moderne. Vhomme (TEngis doit être considéré comme une race à part, race troglodyte, ayant pour caractère distinctif, outre le gisement géologique d'être dolichocéphale et orthognathe, etc., pour répéter des indications déjà données, de présenter une faible capacité frontale, des orbites larges, des arcades sourcilières séparées peu proéminentes et peu concaves, des dents incisives très-grandes et une stature moyenne ; race contemporaine des grands mammifères éteints et ne disposant pour armes et ustensiles que d'instruments de pierre aiguisés par simple cassure, sans avoir connu Tart de les polir. » hoc. cit., p. 44.) (Trad,)
dimensions des autres os du squelette données par le professeur Schaafhausen, qui montrent que la hauteur absolue et les proportions relatives des membres étaient tout à fait ceux d'un Européen de stature moyenne; à la vérité les os étaient plus volumineux, mais ce fait, ainsi que le grand développement des insertions musculaires noté par le docteur Schaafhausen, sont des caractères que Ton rencontre chez les sauvages. Les Patagons, exposés sans vêtements ni protection à l'action d'un climat qui ne diffère pas beaucoup de celui qu'offrait l'Europe au temps où vivait l'homme de Neanderthal , sont remarquables par le volume des os de leurs membres (1).
(1) Le cr&ne de Neanderthal a fourni le sujet de nombreux travaux et de discussions très-mement soutenues de part et d'autre sur la valeur de ses caractères qui sont de moins en moins exceptionnels. On connaît maintenant les remarques de Shaafhausen et de Huxley ; mentionnons les opinions émises depuis par quelques anthropologistes : Yogt est loin de repousser toute analogie entre le crâne d'Engis et celui de Neander ; il est disposé k croire, tout au contraire, qu'il pourraient provenir de la même souche et avoir appartenu, le premier à un liomme, le second k une femme. Rodolphe Wagner dans un de ses derniers écrits a émis Topinion que le crâne de Neander pourrait trèsbien être considéré comme celui d*un Hollandais moderne ; Pruner-bey a pensé qu'il s'agissait ici d'un crâne d'idiot ; mais ni l'une ni l'autre de ces opinions ne supporte l'examen. Le Dr. Bernard Davis a publié dans les Mé^ maires de la société d'Anthropologie de Londres (1865-4) un important travail, dans lequel s'appuyant sur les travaux de Virchow, de Luc» et de Welcker sur l'ossification des sutures, il a cherché à prouver que la première conclusion de Shaafhausen (citée p. 271) était indirectement inexacte et que (f la forme de la calotte de Neander est due â un développement anormal qui ne peut être considéré comme un caractère de race ancien qui se rencontre assez souvent dans toutes les races, à différents degrés, selon les combinaisons des sutures ossifiées, i Dans l'espèce f l'ossification prématurée des sutures de la région temporale, de quelques portions de la suture fronto-pariétale et des grandes ailes du sphénoïde a empêché le développement normal des lobes antérieurs du cerveau et a repoussé en arrière la substance cérébrale t. Tburnam dans son mémoire sur la synostose du crâne (Nat, hisL Betdew, gvril 1865) et Huxley lui-même (PrekUtoric Remains of Caithness, p. 151) ont réfuté les explications synostosiques de Davis. D'un autre côté Shaafhausen
C'est pourquoi, à aucun point de vue, les ossements trouvés à Neanderthal ne peuvent être considérés comme ceux d'un être humain intermédiaire à l'homme et aux singes ; tout au plus prouvent-ils l'existence d'un homme dont on peut dire qu'il retourne, en quelque chose, vers le type pilhécoïde, de même que les pigeons Messager,. Grosse-gorge ou Culbutant revêtent parfois le plumage de leur souche primitive, la columba livia. A vrai dire, le crâne de Neanderthal, quoique très-réellement le plus pithécoïde des crânes humains connus, n'est en aucune façon aussi complètement isolé qu'il semble l'être tout d'abord ; il forme en réalité le terme extrême et inférieur d'une série ascendante qui conduit graduellement au crâne humain le plus élevé et le mieux développé; d'un côté il se rapproche étroitement du crâne australien aplati dont j'ai parlé, tandis que les autres formes australiennes nous conduisent graduellement aux crânes qui ont à un très-haut degré le type de celui d'Engis ; d'un autre côté, il est encore plus étroitement voisin des crânes des hommes de la race qui iiabitait le Danemark pendant Vâge de pierre, et qui étaient probablement contemporains ou ancêtres des constructeurs de ce que l'on a appelé c< refuse heaps (1) » ou kjokkenmôddings de cette contrée.
dans une note adressée à la société d'Anthropologie de Paris (juin 1863), a ajouté à sa première description quelques indications utiles qui, malgré une apparence de contradiction, confirment sensiblement toutes les yues de M. Huxley, satif en ce qui touche les sinus latéraux, lesquels ne sont point parfaitement visibles, ainsi que Tadit Huxley d'après une photographie (fig. 48, p. 285); en réalité on n'apercevrait que le commencement du sinus latéral droit. Nous regrettons de ne pouvoir entrer dans de plus longs détails sur les mémoires Busk, de W. King, de Tumer et de G. Black relatife à ce crâne célèbre. {Trad,)
(1) Les kjokkenmôddings ou restes de cuisine danois donnent leurs noms à une période trop bien définie de l'histoire de Thorame, pour que nous ne profitions pas de cette occasion pour en rappeler ici les traits principaux.
La correspondance est très-frappante entre le contour longitudinal ou profil du crâne de Neanderthal et celui de
Sar plusieurs points de la côte danoise et tout près de la mer, on rencontre des accumulations de coquilles de mollusques et de crustacés, qui ont été longtemps considérées comme de simples amas naturels tels que Ton en trouve sur tous les riyages. L'illustre Steenstrup, le premier à ce que nous pensons, remarqua que ces coquilles appartenaient toutes k des individus adultes et à des espèces qui ne vivent point en commun, ni dans les mêmes eaux. En outre, il découvrit bientôt des ossements de vertébrés, des instruments grossiers en silex taillé, des poteries, des foyers, du charbon, etc. Un comité fut nommé, composé de trois célèbres professeurs, Sleenstrup le naturaliste, Forchhammer le géologue, et Worsae, archéologue ; il présenta une série de rapports très-complets à TAcadémie des sciences de Copenhague ; Lyell, Morlot, Lubbock et Vogt ont, dans différents ouvrages déjà cités, très-bien résumé ces rapports. La hauteur de ces amas de coquilles varie de 1 à 3 mètres ; leur largeur de 30 à 60 mètres et leur longueur va quelquefois jusqu'à 300 mètres. Souvent, ces amas de débris sont disposés circulairement autour d*un point qui peut avoir été une tente ou une hutte. Rarement la masse des débris est mêlée de sable et de gravier; les espèces les plus abondantes sont rhuitre (ostrea edulis), la bucarde {cardium edule), la moule (mysilus edulis) et la littorine (littorina littorea), qui sont toutes actuelles mais beaucoup plus grosses que celles qui vivent actuellement dans le voisinage. En outre des crabes, des poissons, des oiseaux, des cerfs, des sangliers, castors, phoques, bœufs prhnitifs, aurochs, etc. Aucun animal domestique ne s'y trouve, sauf le chien qui, ainsi que le remarque Lubbock peut fort bien avoir été sauvage. Les instruments de pierre sont d'un type particuher, très-grossier ; mais Vogt pense que leurs auteurs en possédaient de plus fins pour d'autres usages que pour la cuisine; toutefois, selon Lubbock, on n'a trouvé qu'un seul fragment de hache polie. On n'y rencontre aucune trace de céréales, aucun débris d'os humain, ni aucune trace de métal. Les crânes trouvés dans les tumuli de Moen et de Borreby (fig. 56) étaient associés à des instruments de pierre du même type que ceux des kjokkenniôddings. Steenstrup pense donc que ces documents sont contemporains et que les tumuli étaient les sépultures des chefs. Worsae est d'avis que les amas de coquilles sont d'une date antérieure aux tumuli ; Tindice céphalique de ces crânes, d'après une moyenne prise sur 20 d'entre eux par M. Busk, est de 78. Vogt en dit : t Ils sont remarquablement petits, très-ronds, à occiput très-court, à orbites extraordînairement petites, les arcades sus-orbitaires, par contre, très-saillantes, les os du nez proéminents ; entre ceux-ci et les arcades sus-orbitaires, il y a une dépression si profonde, qu'on peut y loger le doigt. Le front est ordinairement aplati, quelque peu fuyant quoique à un moindre degré que celui
SUR QtJELQCES OSSEMENTS HUMAINS FOSSILES. 515
quelques-uns des crânes du tumulus de Borreby, crânes dont des dessins très-exacts, que nous reproduisons ici,
(des:
- Crâne danois de l'âge de pierre, provenant du lumulus de Borreby . ù In cbambrc noire, nu Ikts de la grandeur naturelle, par H. Busk).
(liiNennder ■ (U)c.cit.fi.Ui). Sur Bge des amas de coquilles, nous n'avons que des doiinùc.s reUliies : parmi les débris qu'ils conliennenl, on a Iroiiïé le coq de bruyère dont la présence établit, ainsi que la rencontre de troncs travaillés par des silex et associés ï ces instruments, que l'homme des kjokkenraoddings était contemporain de l'époque où les forélï de pins couvraient le Danemark. Le pin a disparu; le chëntv l'a remplacé el a, pen-
3iG SUR QUELQUES OSSEMENTS HUMAINS FOSSILES.
ont été tracés par M. fiusk. L*occiput est tout aussi fuyant, les arcades sourcilières sont presque aussi proéminentes et le crâne est aussi bas. De plus, le crâne de Borreby ressemble plus qu'aucun crâne australien à celui de Neanderthal par l'inclinaison rétrograde du front, beaucoup plus rapide que dans ceux-là. D'autre part les crânes de Borreby sont tous un peu plus larges que le crâne de Neanderthal, par rapport à leur longueur; quelques-uns d'entre eux, en effet, atteignent le rapport de 80 : 100, qui constitue la brachycéphalie.
Je puis maintenant conclure et dire que les ossements fossiles découverts jusqu'à ce jour ne semblent pas nous rapprocher sensiblement de cette forme inférieure pithécoïde par les modifications de laquelle l'homme est probablement devenu ce qu'il est; et si nous considérons ce qui est connu des plus anciennes races humaines; sachant qu'elles fabriquent des haches et des couteaux de silex de la même forme que ceux que fabriquent les hommes les plus sauvages de l'époque actuelle (1) , et que nous avons
dant une longue période, couvert la contrée d'épaisses forêts ; k son tour le chêne a cédé la place au hêtre qui n'existait pas encore à Tépoque du hronze et qui aujourd'hui aboude dans les forêts du Danemark. Ces changements exigent un laps énorme de temps. Par Tensemble de leurs caractères les kjokkenmôddings doivent se placer chronologiquement entre Tâge du renne et celui des habitations lacustres. Ajoutons ici que des amas de coquillages^ analogues ont été trouvés à la Terre-de-Feu par Darwin, dans les comtés de Gornouaille et de Devonshire par Pengelly et Bâter, sur les côtes d'Ecosse par Gordon, à Saint-Valery-sur-Somme, par Lubbock, en Australie par Dampier, dans la péninsule Malaise par Earle, dans le Massachusetts et la Géorgie par Lyell .(Tra4) . (1) Il a souvent été question dans ce volume des analogies qu offraient les races sauvages modernes avec les habitants des cavernes et des terrains quaternaires, nous profitons donc de Tautorisation que nous donne M. Lartet pour reproduhre ici quelques types des instruments de Fâge de la pierre, comparés à ceux des Esquimaux, des Néo-Calédoniens, etc. (Voir fig. 57 à 67.) Ces figures sont empruntées au magnifique ouvrage de Lartet et Christy : Reliqui» Aquitanicœ, Paris, 1866, livraison 2.
SUR QUELQUES OSStMENTS HUMAINS FOSSILES. 317
toute raison de croire qu'ils sont restés à ce même état depuis le temps de Mammouth et du Rhinocéros tichorrhinus jusqu'à nos jours , je ne crois pas que Ton dût s'attendre à un autre résultat.
Où donc alors faut-il chercher l'homme primitif? Le plus ancien individu du genre homo sapiens date-t-il des terrains plîocènes ou des miocènes? Est-il encore plus ancien? Les ossements fossiles de quelque singe plus anthropomorphe ou de quelque homme plus simien qu'aucun de ceux qui sont connus attendent-ils dans des couches géologiques les plus vieilles les recherches d*un paléontologiste qui n'a point encore vu le jour?
L'avenir nous l'apprendra. En attendant, disons que si une théorie quelconque de développement progressif se vérilîe, nous devrons ajouter de longues périodes aux estimations les plus larges qui aient été données de l'antiquité de l'homme (1).
(1) Les découvertes de M. Fabbé Bourgeois, dont nous parlerons dans Tappendice, rendent éminemment probable la démonstration de l'existence de rhomme àTépoque miocène. Biais, puisque cette expression se rencontre , faisons remarquer qu\en définitive, fes termes éocène, miocène et pliocène ne désignent en aucune façon des périodes tranchées dans Thistoire de la terre ; on se rappelle que ces termes ont été appliqués par Lyell aux formations tertiaires, au point de vue exclusif de la paléo-conchyliologie. Les couches sont dites éocènes quand elles renferment une petite proportion de. mollusques dont les espèces sont encore vivantes; miocènes, quand la proportion atteint 17 pour 100; etpliocènes, quand elle monte de 55 à 95 pour 100. Jamais les vices d'une nomenclature tout arbitraire, ne se montrèrent plus fâcheusement ; k cette heure, elle n'offre plus aucun rapport étymologique exact, non plus que les termes post- pliocène, pUiostène, etc. Il serait grand temps de renoncer à ces dénominations toutes fictives. La période tertiaire offre plus qu'aucune autre peut-être, une assez grande uniformité ; ni la faune ni la flovc tertiaires ne contredisent la possibilité de Texistence de Tbomme à ses dalcs les plus anciennes et jusqu'au moment où une grande partie de notre hémisphère s'eçt recouverte de glaces ; les documents exhumés par M. Bourgeois et les remarques de M. Martins, sur les traces préglaciaires de
Viù.yi. TStcdc lance emmanchée en olniiliiinnc (Kouv.-Cal&lonie). — Tic. iS. TcU; de Inucc en sllei (bLIuvïoos de la nllËe de la Somme), — fio. 50, Vue de dix d'un gratloir enlydilomantt^iurun manche d'ivoire (Esquimaux]. — Fie. 00, Vue de prufil du même graltoir en Ijdile, nionlé sur un manclie d'ivoire (Esquimaui). ~ TiG. 61 , Grattoir en silei (vallée de la Somme). — Fie. 63. Gratloir en silei (vallée de la Somme). — P[g. 63. Hache polie en diorite (Inde^ angltiaes). — Fie. 64. Hache polie en diorite (Anglelerre). — Pic. 65. Hache polie en diortle (Amérique du Sud). — Fw. 66. ETache polie en basalte (France). — Fia. 67. Haebo polie en diorile, monlée sur bois (lies Solomon du Pacilique).
5i0 SUR QUELQUES OSSEMENTS HUMAINS FOSSILES.
rhomme n*ont dooc fait que coofirmer une uotion Traisemblable. Quant à la période glaciaire, son influence destructive n*a pas été absolue ; la vie n''a point été anéantie sur notre hémisphère ; bien des espèces ont sunrécu dans tous les genres qui ont de nouveau peuplé le sol après la retraite des glaciers, dont la fusion a été Tun des principaux agents de la configuration actuelle du sol. Toutes ces périodes ont été excessivement longues, tellement qu''il est impossible de les évaluer par les mesures ordinaires de 'temps. Quant à la période quaternaire, on a tenté diverses applications approximatives. Le D' Dowler a évalué Tâge des ossements humains découverts dans les tourbières de la Louisiane, où Ton a pu constater onze couches successives de forêts de cyprès et de chênes dont la durée totale, calculée d'après Tâge des troncs les plus vieux, doit être, au minimum, dé cent cinquante-huit mille ans. A cinq mètres de profondeur, sous les racines d'un cyprès appartenant à la quatrième couche inférieure, on a trouvé du charbon de bois, un squelette humain dont la date établie d'après le calcul indiqué plus haut est au minimum de cinquante-sept mille six cents ans ; Lyell a déterminé par le calcul du temps nécessaire an dépôt des alluvions, que d'après les plus basses estimations la formation du delta du Mississipi a demandé cent mille ans; or, à Natchez, Dickeson a trouvé un os pelvien humain associé au mastodonte, et au megalonyx, dans un lœss ancien que Lyell a démontré être de formation antérieure au delta du Mississipi, et postérieure aux alluvions de la vallée de la Somme (U ancienneté de Vhomme, etc. p. 210). Les calculs de M. Horlot, fondés sur l'accroissement du cône formé par les matériaux transportés par le torrent de la Tinière, donnent, pour la formation de cette cminence environ cent siècles ; or, les débris humains les plus anciens que nous offre le cône de la Tinière, paraissent appartenir à l'âge de pierre le plus récent et remonter à une antiquité de cinq à sept mille ans.
Mais un autre cône au-dessus de celui de la Tinière, et qui appartient aux alluvions quaternaires, a, par les mêmes calculs, au moins mille siècles. Par des calculs analogues, M. Gillieron attribue une antiquité de six à sept mille ans à l'époque des habitations lacustres de l'âge de la pierre polie. Hais, dans la vallée du Nil, Homer a. trouvé à la profondeur de 13 mètres un vase en poterie de terre ; ce qui, d'après des évaluations discutables sur l'épaisseur annuelle des sédiments, donnerait une antiquité de près de douze mille ans. Linant-bey a trouvé un fragment de brique rouge qui avait été enfoui à une époque ^\ée par des calculs semblables, à trente mille ans. On voit, par cette liste de tentatives que nous pourrions de beaucoup allonger, que la chronologie palcontologique est loin d'être uniforme. Si l'on passe aux formations tertiaires, les évaluations deviennent énormes. En sorte que les partisans de la transformation des espèces ne peuvent être gênés d'aucun côté par le temps, qui, dans cette question, < fait tout à l'affaire. » Quoiqu'il en soit, la chronologie préhistorique est un problème qui se présente avec tous les caractères que réclame la méthode positive. On peut donc en espérer la solution. (Trad.)