VI PRÉFACE DE L'AUTEUR
quer d'un respect légitime envers un homme aussi éminent (1).
L'argument de mon Essai sur les relations de V homme et des animaux inférieurs, peut se résumer simplement de la façon suivante :
Les différences de structure entre l'homme et les primates qui s'en rapprochent le plus, ne sont pas plus grandesque celles qui existent entre ces derniers et les autres membres de l'ordre des primates. En sorte que si l'on a quelques raisons pour croire que tous les primates, l'homme excepté, proviennent d'une seule et même souche primitive, il n'y a rien dans la structure de l'homme qui appuie la conclusion qu'il, a eu une origine différente.
J'ai examiné avec l'attention la plus soutenue les nombreuses critiques que ces Essais ont provoqués pendant ces cinq dernières années, mais je n'ai pu en rencontrer qui, au plus petit degré, affaiblissent leurs arguments.
La polémique au sujet du cerveau (p. 250) est close; tous les anatomistes loyaux et compétents se sont
(1) Le lecteur voudra bien supprimer à la page indiquée les mots : quHl aurait faite, et les remplacer par : qu*on aurait faite (ligne 44). J'ai, en effet, attribué à Lamarck la promesse et la formule d'une doctrine a sur le progrès continu et régulier des formes organiques, the ordained cori'tinuous becoming of or garde forms, » tandis que cette formule et cette promesse sont dues à un célèbre naturaliste anglais que nous ne nommerons pas, puisque M. Huxley n'a pas jugé à propos de le nommer, et k qui deviennent de droit les critiques de M. Huxley. Pour comprendre que ces critiques s'adressaient à ce naturaliste, il fallait savoir que la formule obscure et à peu près intraduisible que nous citons était de lui. On nous excusera sans nul doute de Tavoir ignoré. (Trad,)
POUR UÉDITiON FRANÇAISE. vu
depuis longtemps déclarés en ma faveur. Il n'est pas jusqu'au léger doute que j'ai élevé au sujet de l'absence prétendue du corps calleux dans les mammifères inférieurs (p. 226) qui n'ait reçu sa justification complète des admirables recherches de M.Flower (!)• qui établissent Texistence du corps calleux chez tous les mammifères.
Quant à la main et au pied, les seules objections importantes aux vues que j'ai émises, sont venues du regrettable Gratiolet et du professeur LucaB. Ce dernier a été, à mon avis, complètement réfuté par M. Mivart, dans un laborieux mémoire sur les Appendices du squelette des primates (2), quant au premier, je dirai seulement que je ne puis bien saisir la portée de ses raisonnements.
En fait, le long fléchisseur du pouce, au sujet duquel on a tant écrit, existe chez le chimpanzé, (quoique peut-èlre il n'y existe pas constamment) et se montre, bien développé, chez Yhylobates.
En résumé, je tiens maintenant pour démontré que les différences anatomiques du ouistiti et du chimpanzé sont beaucoup plus grandes que celles du chimpanzé et de l'homme. De sorte que si des causes naturelles quelconques ont suffi pour faire évoluer {to évolué) un même type souche, ici en ouis-
(1) ïlower, Philoêophical Transactions, (9) MWart, PhilosophicaL Transactions. 18t)7.