‹ De la place de l'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 5 sur 31 · III PRÉFACE DE HAUTEUR · texte numérisé non relu

III PRÉFACE DE HAUTEUR

tili, là en chimpanzé, ces mêmes causes ont été suffisanles pour, de la même souche, faire évoluer (to évolue) l'homme.

Quant à la question de savoir si les causes naturelles peuvent ou non produire ces transformations, je ne m'en mêle pas, satisfait de la laisser aux mains puissantes de M. Darwin.

Ayant ainsi fait la part aux critiques de mes adversaires, un mot ou deux maintenant en réplique à celles qui me viennent de régions amies.

Mon excellent traducteur, par exemple, est Tun des nombreux écrivains qui ont blâmé (p. 252) l'usage des mots abîme et gouffre ^quanà je parlais des différences qui existent entre l'homme et les singes.

Mais ces mots rendent exactement ce que je dois en comprendre.

Il m'arriva un jour de séjourner durant de nombreuses heures, seul, et non sans anxiété, au sommet des Grands-Mulets. Quand je regardais à mes pieds le village de Ghamounix, il me semblait qu'il gisait au fond d'un prodigieux afe^m^ ou gouffre. Au point de vue pratique, le gouffre élait immense^ car je ne connaissais pas le chemin de la descente et si j'avais tenté de le retrouver seul, je me serais infailliblement perdu dans les crevasses du glacier des Bossons; néanmoins je savais parfaitement que le gouffre qui me séparait de Ghamounix, quoique dans la pratique infini, avait été traversé des centaines de fois par ceux

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qui connaissaient le chemin et possédaient des secours spéciaux.

Le sentiment que j'éprouvais alors mè revient quand je considère côte à côte un homme et un singe; qu'il y ait ou qu'il y ait eu une route de l'un à l'autre, j'en suis sûr. Mais maintenant, la distance entre les deux est tout à fait celle d'un abîme iplainly abysmal), et, pour mon compte, j'aime mieux reconnaître ce fait aussi bien que l'ignorance où je suis du sentier, plutôt que de me laisser choir dans une des crevasses creusées aux pieds de ces chercheurs impatients, qui ne veulent pas attendre la direction d'une science plus avancée que celle du temps présent.

J. Th. Huxley.

London, Geological Muséum, Jermyn street.

15 novembre 1867

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