‹ De la place de l'homme dans la natureChapitre 40 sur 49 · DU CONGRÈS PALÉO-ANTHROPOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DU CONGRÈS PALÉO-ANTHROPOLOGIQUE

ses. C’est là toute la théorie de l’aryanisme, aujourd'hui bien conleslcc en dehors de la linguistique. D’ailleurs M. Pruner-Bey conteste l’antiquité des crânes d’Enghis, de Neanderthal et d’Eguisheim, comme n’étant pas suffisamment établie par les documents qui les accompagnaient ; en sorte qu’il croit que la çoexistence des deux types aux époques les plus reculées n’est point démontrée, et qu’au contraire la préexistence des brachycéphales mongoloïdes est, jusqu’à plus ample informé, seule bien étayée. Quant aux causes de l’émigration aryane, elles seraient climatériques et sans doute liées à une époque glaciaire qui aurait atteint le sud de l’Himalaya. Dans cette conception, la date de l’émigration des Aryas doitêlre extrêmement reculée; il faut remonter presque aussi loin qu’il est possible de remonter à l’aide des traces de la présence de l’homme, en sorte que cette émigration indo-européenne semblerait même ne plus être une époque appréciable dans l’histoire européenne.

C’est ce qu’a démontré M. Broca dans la dernièie séance du congrès. 11 a rappelé d’abord l’origine de la théorie de M. Pruner-Bey fondée sur l’opinion émise tout dabord par Retzius et encore soutenue par le savant Von Baer et par M. de Belloguet, et fondée sur la comparaison sommaire des monuments danois de l’âge de la pierre et de l’âge du bronze. Comme les crânes des premiers étaient brachycéphales, ceux des seconds dolichocéphales, et que l’introduction du bronze était attribuée aux Celtes, cellcs et dolicholéphales furent bientôt synonymes et aujourd’hui encore les disciples retardaires de l’illustre Suédois concluent de la dolichocéphalie au Celte, comme chose admise. Cependant le problème de l’introduction du bronze étant devenu assez obscur, il n’est resté qu’un fragment de l’opinion de Betzius, c’est-à-dire la préexistence des bra-

34fi ANAI.VSK DKS TIUVAUX ANTIinOPOLOGIOl'F-S

cliycéphales louraniens, abstraction faite de l’origine des dolichocéphales. En effet, M. Thurnam a démontré, il y a déjà plusieurs années, qu’en Angleterre au moins les hommes de l’àge de bronze sont brachycéphales et que les sépultures les plus anciennes sont occupées par les débris d’une race humaine petite. et dolichocéphale, opinion d’ailleurs soutenue par Ilatcman et ü. Wilson pour la grande île et par Wilde pour l’Irlande.

En outre si l’on remonte aux ossements humains de l’antiquité géologique la plus haute, à ceux des alluxions anciennes ou diluvium, lehm, læss, etc. , au sein desquelles gisaient les crânes de Néander, d’Enghis, d’Eguisheim et de Lahr, on ne peut qu’être frappédeleur caractère éminemment dolichocéphalique; il est donc extrêmement probable qu'aux temps les plus reculés, les deux formes de Retzius existaient sur notre continent, avec prédominance des dolichocéphales, et cela bien avant les émigrations asiatiques, encore envelofipccs d’un voile très-épais. Enfin dans la plupart dessépultures de l’àge do la pierre. Chaînant, Quiheron, Maintenon, Luzarches, on a trouvé en grande majorité des crânes dolichocéphaliqucs.

Il n’est pas nécessaire de développer ce résumé pour montrer l’importance que les anthropologistes ont attachée à cette question. On voit assez que l’existence d’un type unique et spécialement d’un type brachycéphale à une époque donnée do l’iiistoire de l’homme sur notre continent est jusqu’à ce jour contredite de toutes parts.

Dans la seconde partie de son discours, M. Broca s’est attaché à prouver que quelques-uns des documents ostéologiques les plus anciens que nous possédions comblaient ou tout au moins diminuaient la lacune qui sépare les ^hommes inférieurs des singes supérieurs. Pour éUiblir cette démonstration, M. Broca avait mis sous les veux du

nu CONGRÈS PALÉn-ANTlIROPOLOGIQUK. SA"

congrès une série de pièces dont le seul aspect persuadait. Les moules des crânes d’un chimpanzé {troglodytes A ubryi) de Neandcrthal, d’Eguisheim, rapprochés de celui d’un Australien et d’un Français moderne se graduaient admirablement. Mais c’est surtout en s’appuyant sur les caractères anatomiques fournis par les mâchoires inférieures que la démonstration a pris un incontestahle caractère d’évidence. On se rappelle que MM. de Yibraye et Dupont ont découvert, le premier dans la grotte d’Arcy, le second dans celle de la Naulette, deux mâchoires contemporaines du mammouth, c’est-à-dire de l’une des époques les plus anciennes dont nous pos.sédions des restes humains. Ces deux maxillaires inférieurs ont en commun bien des caractères, notamment leur épaisseur, qui varie, selon les points, de 14à 16 millimètres; leur courbe, qui est elliptique; leur faible hauteur verticale au menton, etc. La mâchoire de la Naulette ne peut donc être considérée comme un cas isolé, d’autant moins que d’autres mâchoires offrent avec elle, à plusieurs égards sinon à tous, de frappantes analogies; or, en superposant les mâchoires du chimpanzé, de la Naulette, d’un Australien ou d’un Européen moderne, M. Broca a obtenu une gradation obliquement' linéaire saisissante-, sur laquelle l'Australien et l’homme de la Naulette occupaient les points intermédiaires, l’Australien étant plus rapproché du blanc, l’homme de la Naulette plus voisin du chimpanzé. Passant ensuite aux caractères ostéologiques les plus minutieux, l’éminent professeur établit les séries suivantes : 1° chez le blanc, les molaires décroissent régulièrement en volume de la première à la troisième ; celles de l’Australien sont égales entre elles, tandis qu’elles croissent sensiblement chez l’homme de la Naulette et plus encore chez le chimpanzé; 2° la .saillie du menton, bien marquée chez le blanc, décroît chez l’Australien, plus encore chez

riiommede la grotle d’Arcy, tandis que l’homme de la Naulette n’a plus du tout de menton, qui se déplace en arrière presqu’autanl que chez le chimpanzé ; 5° la hauteur relative du maxillaire inférieur décroît de la même façon, tandis que son épaisseur relative croît au contraire du blanc au singe, en passant par les mêmes intermédiaires; 4“ chez le blanc, les apophyses geni sont fortement accusées, elles sont presque effacées sur la mâchoire de la grotte d’Arcy et sont remplacées sur celle de la Naulette par une fossette conique, laquelle est plus profonde encore chez le chimpanzé ; 5° la courbe de l’arcade dentaire est, chez le blanc, parabolique; chez l’Australien, les deux branches deviennent parallèles ; chez l’homme de la Naulette, la courbe devient elliptique à partir de la première molaire, de sorte que la troisième molaire est plus rapprochée que la deuxième de la ligne médiane ; chez le singe, l’ellipse se referme un peu plus. Il est difllcile de n’ètre pas frappé du caractère rigoureux de celte belle analyse et de se refuser plus longtemps à admettre que, jusque dans les détails les plus minutieux, la série se démontre rigoureusement alors même que la rareté des débris humains limite étroitement le champ de la comparaison. A ce litre, la convaincante communication deM. Broca vient prendre place â côté des plus décisives observations de M. Huxley.

En terminant, M. Broca a insisté une fois de plus sur l’indépendance de la doctrine sériaire des êtres vivants, par rapport à la théorie de leur transformation progressive. Alors même que celle-ci serait démontrée fausse, celle-là n’en recevrait pas la moindre atteinte; mais, d’autre part, la prolongation de la série biologique jusqu’à l’homme pose pour celui-ci le problème de la transformation, ni plus ni moins que pour le reste de la faune. Jusqu’à présent l’éminent professeur n’admet le darwinisme qu’à litre d’hypn-

IIU CONCRÈS l'\I,ÉO-A.\TllKOI>OLOGI(JL'l::. 34'J ihèsc destinée à rendre compte de la distribution sériaire des êtres, et il reconnaît qu’ainsi comprise elle jette effectivement une vive lumière sur la biologie ; mais il lui manque la démonstration expérimentale, et jusqu’au jour où elle sera donnée, M. Broca entend rester polygéniste, car il n’a pu saisir aucune preuve de la transformation d’une race humaine en une autre race et, à plus forte raison, d’une espèce animale en une autre espèce.

Le temps manquait malheureusement pour la discussion des faits très-nombreux éloquemment exposés par M. Broca ; les lectures de MM. Virchow etSchaaffausen, faites à une heure très-avancée, et toutes deux pleines d’intérêt, mais sans rapport direct avec les sujets qu’avaient abordés .M.M. Pruner-bey et Broca, nous laissèrent le même regret.

Le discours de M. Virchow a eu pour principal sujet l’examen des altérations produites sur les crânes anciens par l’action du sol, de l’humidité et par l’ossification prématurée des sutures. Il signale d’abord un épaississement dû au gonflement ou à l’imbibition par l’humidité du sol. Cet épaississement produit souvent une sorte de porosité du tissu osseux, qui après le dessèchement semble être plus léger. Il faut distinguer cet étal du véritable épaississement sclérotique des os, qui peut néammoins être associé à une espèce de raréfaction secondaire, due à la destruction ou à la perte des substances organiques ou calcaires. Il faut encore étudier la déformation des os produite par la pression des terrains ambiants et par l’action des racines végétales, élude déjà faite par MM. Broca et Bourgeois (I).

M. Virchow aborde ensuite les faits d’ossification prématurée des sutures, dont il a le premier fait connaître toute l’importance et dont nous avons parlé dans le cours de nos

(t) Sur l'étal des crmtescl des Miuelelles dans tes anciennes sépultures (bulletins de la Société d'anUirop., ISCi, p. 042).

5ôû A.NALYSK DES TdAVAlX AM'llIlOl’OLOüKJLES

noies (p. 51‘2). Chaque fois qu'une suture crânienne csl ossiGée trop tôt, il se produit une diminution de la croissance de l’os en surface, et le crâne ne peut pas accomplir dans la région ossiGée son évolution typique ; on sait que M. Virchow a formulé sur ce point une loi importante qui s’énonce : la croissance des os crâniens sondés entre eus par une ossification prématurée s'arrête dans une direction perpendiculaire d la suture ossiGée.

Appliquant cette loi aux crânes anciens, l’illustre professeur recherche les cas dans lesquels l’ossiGcation prématurée produit une dolichocéphalie ou une brachycéphalic individuelle, mais non typique, et il signale deux des crânes basques de la collection donnée par M. Broca à la Société d’anthropologie, qui ont été indiqués par M. Pruner-Bey, comme très-brachycéphaliques ; ces crânes se distinguent de tous lesautres par l’ossiûcalion des sutures sphéno-frontale, sphéno-pariélalc, fronto-pariélale et sphéno-lemporale. Les os frontaux et pariétaux étaient unis par synostose avec la grande aile du sphénoïde et en partie avec l’écaille temporale. Il y a donc là une brachycéphalic pathologique qui ne saurait altérer le type basque qui, d’après les rccherclies propres de M. Virchow portant sur sept crânes provenant d’une localité voisine de Bilbao, aussi bien que d’après celles dcM. Broca, est dolichocéplialique.

Mais l’ossiGcation prématurée, pour être pathologique, n’est pas nécessairement morbide et ne conduit pas à l’aliénation ni à l’idiotie. La crâne s’accroît d’ordinaire dans une direction contraire à l’axe du rétrécissement. C’est là ce que M. Virchow a nommé la loi de compensation. Elle explique pourquoi l’aliénation mentale est liée aux degrés inférieure des déformations crâniennes beaucoup plus fréquemment qu’aux plus hauts degrés, car ceux-ci indiquent la réijulation, ceux-là la lésion.

DU COMÜKÈS l’ALÉO-AÎS’TllKül'ÜLÜGlQÜE. Ô51

La fréquence de l'ossificalion de la suture sagittale produisant la forme dolichocéphalique, a conduit M. de Baëra admettre que ce caractère représente une forme typique; M. Virchow croit au contraire qu’il est individuel, mais il est loin de nier qu’il puisse être transmis par l’hérédité, et il en cite un cas observé à l’hopilal de laCharitéde Berlin ; néanmoins, il pense que par la transmission héréditaire de cette anomalie, la formation d’une famille, d’une tribu, d’une race, possible a priori, n’a jamais été constatée dans le genre humain.

Passant ensuite à la description des crânes trouvés dans le nord-est de l’Allemagne, dans les tumuli les plus anciens et dans les couches les plus profondes du sol, M. Virchow constate qu’ils sont éminemment dolichocéphaliques et qu’ils olîrenl les plus grandes analogies avec les crânes basques. En regard de ces ossements, il faut placer ceux que l’on attribue à la plus ancienne population slave et particulièrement aux Vendes, dont les débris portent aujourd’hui dans le Brandebourg le nom de Serbes. C’est jwr quelques considérations historiques sur les problèmes très-obscurs de la slavicité et du germanisme que le célèbre politique a terminé sa lecture. Faisons ici remarquer que de tous les hommes voués en Europe aux affaires publiques, M. Virchow seul assistait à un congrès qui intéresse cependant à un haut degré le problème à peine posé des nationalités, au sujet desquelles tant d’erreurs et de non-sens sont répandus dans la presse européenne.

11 était réservé au savant professeur d’anthropologie de Bonn,M. Shaafïliausen , de terminer la dernière séance du congrès par le discours le plus hardi, le plus compréhensif et le plus intéressant de tous ceux qui ont été lus pendant cette session. On en jugera par le début:

Si rhoinmc nu fait pa:> ciceptiuii U la grande lui naturelle <(ui nous ofti'e

ANALYSE UES TUAVAÜX ANTllKOPOLOGlQl'ES

non-seulement une variation accidentelle des espèces, efTecluée par l'adai»tation aux milieux, mais encore une évolution progressive, du mollusque au vertébré, du poisson à l'amphibie, de celui-ci à l'oiseau ou aux inammifèrcs, il est évident que la forme humaine s'est développée d'une ot^anisation plus basse, d'une organisation pareille ou semblable è celle du mammifère le plus élevé, è celle du singe anlbropo'ide. La question est de savoir si les débris les plus anciens de l’homme préhistorique nous présentent les caractères d’une telle organisation inférieure. Dans ce cas ce fait devrait être une base nouvelle et importante pour l’affirmation d’une origine naturelle de l'homme ; mais si ces caractères ne s’observent pas, cette origine naturelle n'est point par cela même réfutée : car nous pouvons soupçonner que les débris trouvés jusqu’ici ne touchent pas à l'époque éloignée où il existait une difTércncc considérable entre l’organisation de l'homme actuel et celui de cette date.

Il est néanmoins remarquable que malgré la rareté des ossements très-anciens, ceux que nous possédons offrent un caractère d’infériorité comparable à celui des hommes contemporains les plus sauvages, et descendant même au-dessous de ce point ; le crâne de Neander, le maxillaire de la Naulette, le prognatisme extrême de quelques mâchoires d’enfants de l’âgede la pierre sont dans ce cas. L’opinion que ces caractères sont exceptionnels et individuels n’est pas soutenable ; ils .se montrent au contraire comme règle et sont liés les uns aux autres comme tous les développements physiologiques. De plus, ils reparaissent çà cl \à dans certains arrêts de développement qui sont des phénomènes d’atavisme ; outre le crâne, les rapports des os, des membres, la forme du thorax et du jjelvis, la perforation de la cavité olécrânienne, la rotation imparfaite de l’humérus, la direction du col du fémur, l’aplatissement du tibia, la forme du cjdcaneum peuvent servir de traits distinctifs.

L’épaisseur et la densité des os du crâne, le développement excessif du diploé, la rareté et le volume des empreintes des circonvolutions cérébrales, le peu de capacité du crâne sont autant de caractères communs aux crânes

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DU CONGRÈS PALÉO-ANTHROPOLOGiyUE.

j)aléontolo|.nqucs et à ceux des sauvages modernes. Le relrécissemenl dolichocéplialiquc des crânes anciens de l’Europe boréale et occidentale est frappant. Nous voyons la dolichocéplialie décroître avec les progrès de la civilisation en France et en Allemagne, où les Germains de l'époque romaine étaient dolichocéphales, tandis qu’ils offrent de nos jours un caractère opposé, ainsi que l’a démontré Welcker. Ecker a obtenu le même résultat |)our les anciens et les modernes Souahes. .\ussi M. Shaaffliausen a-t-il la conviction que c’est le diamètre transveree qui indique le mieux le degré des facultés intellectuelles; c’est par ce diamètre que les cerveaux d’enfants s’accroissent le plus ; c’est aussi par là que diffèrent surtout les crânes des hommes qui sont aux degrés extrêmes du développement mental ; la forme dolichocéphaliquedoildonedisparaîtredans un tem|)sdonné.

Examinant ensuite les autres caractères d’infériorité, le savant professeur signale, outre les corrélations qu’entraîne la dolichocéphalie, la direction des sutures de la voûte du crâne qui chez le nouveau-né, l’enfant et la plupart des peuples sauvages ont une direction plus linéaire et plus droite, tandis que la complication non-pathologique des dentelures, indique une croissance plus lente et plus longue du cerveau, et correspond à un degré d’intelligence plus élevé. L’homme comparé aux animaux, a les sutures beaucoup plus compliquées, et leur ossification plus tardive; plus elles sont simples, d’ailleurs, plus elles s'ossifient de bonne heure. Ici M. Shaaffliausen reproduit quelques-uns des traits signalés par .M. Broca au début de la séance sur le caractère des dents et des mâchoires ; il attribue la forme elliptique de la mâchoire de la Naulette à l’étroitesse de la hase du crâne dont cette forme est le corollaire, trait qui se retrouve de nos jours chez les Australiens, chez les Malais, et qui se voit sur plusieurs maxillaires très-anciens; la faible hauteur de la branche horizontale, la petitesse du condyle, la grandeur de l’angle compris entre les deux branches, sont autant de caractères inférieurs qui se constatent chez les hommes des époques les plus anciennes et

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354 ANALYSE DES TRAVAUX ANTllROPOLOGIOUES.

chez les enfants. M. Shaafrhauscn cite un crâne de l’âge du bronze, trouve à Olmutz et sur lequel il a observé trois racines bien distinctes à la première des prémolaires, caractère, qui selon R. Owen, est exclusivement propre au singe. Enfin, les lois du développpemeut sont applicables aux crânes du monde entier.

« Il y a deux influences, dit en terminant M. Shaafniauscn , qui forment le caractère des races humaines ; le climat et la civilisation. Du climat dépendent la taille et la constitution générale des corps, la couleur de la peau, la chevelure; c’est la civilisation qui développe le cerveau et qui forme le crâne; elle agit aussi d’une manière indirecte sur tous les caractères d’une race, parce qu’elle peut amoindrir les pffets du climat ; d’autre part, c’est souvent le climat qui favorise ou qui retarde la civilisation. » On voit que M. Schaaffhausen n’hésite pas. Il est juste de dire que la grande majorité des opinions qu’il formule presque sans réserves, est appuyée sur des faits qui les rendent vraisemblables, quoique dans la pensée de l’orateur les faits ne soient pas indispensables à une doctrine logicpiemcnt nécessaire.

Nous ne sommes pas en mesure déjuger dès à présent des résultats positifs du congrès dont nous venons d'analyser ceux des travaux qui nous ont paru se rattacher le plus directement à -l’étude anatomique de l’homme. Sans nul doute ils seront considérables. Et comme désormais les réunions du congrès seront régulièrement annuelles, il faut beaucoup attendre des travaux d’hommes que la seule passion du vrai anime et dirige. La prochaine session aura lieu en Angleterre, sous la présidence de sir R. Murchison; on dit que la suivante s’ouvrira en Belgique sur les lieux explorés par M. Dupont. Espérons que la France y sera dignement représentée, et que les études anthroj)ologiqu«;s attireront tà elles un nombre de plus en plus grand d’esprits cultivés libres de préjugés.

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