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Yankees, de sang plus froid et d'imagination moins ardente, peuvent impunément reculer. À l’âge où nos fillettes ont à peine délaissé leurs poupées, l’Argentine a déjà pour éternel sujet de conversation, pour unique thème à ses rêveries” le « novio » ou fiancé. Rien dans son éducation n’est fait pour l’en distraire.
Le sport, précieux dérivatif, n’a que très peu d’adeptes. Lorsque, il y a quelques années, l’hygiène et les exercices physiques furent de bon ton, et que la mode du golf atteignit Buenos-Aires, l'attrait de la nouveauté et le snobisme secouèrent quelques énergies. Ce fut un engouement; on fit venir des équipements complets d'Angleterre. À trois mois de là, cette fausse ardeur s’évatouit; on ne vit plus sur les links que les Anglaises de la « colonie ». De tout temps les jeunes Argentines surent monter à cheval, et avec une extrême élégance; mais ce sport est réservé au séjour à l’estancia. Car, pour se promener à Palermo, il faut être accompagné des frères ou des pères, toujours occupés pendant la semaine. Le dimanche seulement, on aperçoit quelques gracieuses armazones dans les allées ordinairement désertes de Palermo.
D'autre part, le souci de leur instruction ne les absorbe pas au point de les distraire de l’idée fixe du « novio ». Les bons établissements du gouvernement où la bourgeoisie reçoit une solide instruction, ne sont pas fréquentés par les classes riches. Les jeunes filles de la société sont élevées chez elles, par des gouvernantes étrangères, ou au couvent, dans les collèges de la Sainte-Union ou du Sacré-Cœur, et l’essentiel de leur culture consiste dans l'étude des langues étrangères qu’elles parlent toutes avec ai-
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