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chargés. La rapidité de toutes ces opérations est étonnante; elle est due en grande partie à l’ingémiosité des installations et à la perfection des appareils. Mais la main-d'œuvre est habile. Des ateliers de réparation, de menuiserie, de fabrication de futailles, dépendent de l'établissement. Là aussi, tout est installé de la façon la plus moderne.
Le matériel de vinification vient d'Europe, les triturateurs, d'Italie, les pressoirs continus, les foudres de conservation, de France et d'Allemagne. Les plus soignés et les plus recherchés de ces foudres, les plus grands aussi, sortent de maisons françaises.
— La maison Fruhinsholz, de Nancy, fait ic1 des affaires d’or, me disait un des principaux viticulteurs de Mendoza. Son directeur vint chez nous il y a plusieurs années, se mit au courant de nos besoins et de nos mœurs commerciales. À partir de ce jour-là, il nous fournit la plupart des foudres que vous voyez alignés dans nos bodegas. L'an dernier, un autre de vos compatriotes vint nous faire ses offres de service. Il eût pu, lui aussi, gagner beaucoup dans le pays. Mais c'était un vrai Français. [1 voulut nous imposer ses façons, exiger d'avance le payement d'un tiers des commandes, ete. Il fut si mal reçu qu'il ne reviendra plus, je pense. Et c’est dommage pour lui et dommage pour le commerce français en général, car ces mœurs se retrouvent dans beaucoup de branches de votre industrie. Nos machines pourraient être toutes francaises, mais vous nous avez si longtemps négligés! Ainsi les fouloirs, les pressoirs à vis, les pompes, les pasteurisateurs nous sont fournis presque tous par vos concurrents allemands, qui ont fait des modèles plus puissants que les vôtres et mieux adap-
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tés à nos besoins. Quant aux barriques, elles nous viennent des États-Unis. Les douves de chêne arrivent par paquets, et le montage se fait dans nos ateliers. »
On compte 1,100 celliers à Mendoza. Tous. n'ont pas l'ampleur de ceux-ci, mais chaque année de très belles installations se créent, et depuis dix ans de grosses fortunes se sont faites dans cette industrie.
Je visitai, entre autres, la bodega de Giol et Gargantini, Italiens concurrents de Tomba. Eux aussi eurent d’humbles débuts. M. Giol arriva ici comme ouvrier et travailla pendant vingt ans dans les vignes d’un propriétaire mendocin. Aujourd'hui € il vaut » plusieurs millions, selon l'expression du pays, et vend de 200,000 à 250,000 hectolitres de vin par an. L'an dernier, il acheta 300,000 francs de foudres à Nancy.
Son associé me montre, en enfilade, 200 füts de 300 hectolitres, payés 5,000 francs l’un, soit un million de francs. Après chaque vendange, la bodega s'agrandit et se perfectionne. Les fils du bodeguero, qu’il fait élever dans les meilleurs collèges italiens, continueront son œuvre.
Cet homme modeste et affable me fit promener à travers ses celliers parfaitement ordonnés et pouvant conserver 490,000 hectolitres de vin’. Pendant
4, La bordelaise armée, c'est-à-dire finie et montée, coûte 8 piastres, soit 17 fr. 60. En France, elle coûte 12 francs.
9. En France, les caves d'élaboration sont de 20,000 à 25,000 hectolitres. Aux Salins du Midi, ily en a de 40,000 hectos. En Algérie
Bertagua a un cellier de 70,000 hectos.
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